L’interview décalée : dans la peau des héroïnes d’Albi

Elles sont footballeuses dans un club historique de D1 et partagent leur temps entre les terrains et leur vie professionnelle. Mais, le samedi 19 mai 2018, elles ont été aussi les héroïnes d’un jour. Foot d’Elles a interviewé l’une des joueuses de l’ASPTT Albi qui ont sauvé la recette d’une boulangère pour voir à quoi ressemble le quotidien d’héroïnes ordinaires.

[SPOILERS ALERT] Ceci est une interview décalée, le second degré est de mise. 

Avec son équipe, Manon Cazes se prépare pour un match difficile et d’un enjeu crucial : aujourd’hui, elles jouent le maintien et se déplacent sur les terres pailladines. “On est prêtes. Nous nous sommes toutes réunies la veille pour passer du temps ensemble, parce que c’est important et que cela renforce notre esprit de groupe. Ca va être difficile, mais on va tout faire, on va tout donner, pour aller prendre au moins le nul, au mieux la victoire.” La flamme albigeoise reste intacte. Mais elles savent aussi qu’elles peuvent compter sur leur groupe de fans, qui vont faire le déplacement jusqu’à Montpellier pour les soutenir. “On joue pour le club et le maintien, mais aussi pour eux. Leur soutien nous est très précieux et on ne veut pas les décevoir, bien sûr. On sait aussi notre chance : le club fait tout pour nous mettre dans les meilleures conditions, même s’il n’a pas beaucoup de moyens.”

L’esprit de corps est crucial, dans cette dernière ligne droite. Il les lie sur les terrains, mais aussi en-dehors : “Tous les mois, on mange ensemble, on aime bien aussi passer du temps entre joueuses.” Et c’est exactement lors de ces moments amicaux et ordinaires que tout a basculé dans l’extraordinaire.

 

Pouvez-vous nous relater les faits ?

Nous étions dans notre balade d’avant-match, contre le PFC à Albi. C’est à ce moment-là qu’on remarque qu’une dame se fait agresser par un homme. On n’a même pas pris le temps de réfléchir qu’on s’est lancé à sa poursuite. La police n’était pas loin, les filles hurlaient pour que les passants réagissent et l’agresseur, surpris d’être pris en chasse, a glissé et la police l’a appréhendé. Ce qui était fort, c’est que personne ne s’est concerté et qu’on a naturellement formé deux groupes : l’un à la poursuite de l’agresseur, l’autre pour aider la victime, qui était bien sonnée et choquée. Les pompiers et la police ont pris la relève, mais clairement, le voleur n’a pas choisi le bon jour !

Comment votre entraînement de choc vous prépare à de telles interventions ?

(rires) Ce n’est pas vraiment l’entraînement à proprement parler, même si cela nous a un peu aidé physiquement. C’est surtout l’esprit de groupe. Ce qui s’est passé nous a montré, s’il le fallait encore, que nous étions un groupe solide, sur le terrain et en-dehors : pas besoin de se concerter, que de l’instinct.

On peut dire que vous êtes les héroïnes d’Albi ?

(rires) Oui, si vous voulez. En vrai, on ne pouvait pas rester passives face à cette injustice, l’intervention était toute naturelle. Nous avons accompli notre devoir civique.

Comment doit-on vous surnommer ?

(rires) On n’a pas vraiment pensé à ça ! Je dirais qu’on est un mélange entre la Justice League et les Avengers.

De quelles couleurs seraient vos uniformes ?

(sans hésitation) Rouge et jaune !

Et votre cri de ralliement ?

ROUGE ET JAUNE, ALBI !

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour le futur de la Justice Albi League ?

Le maintien en D1 !

 

Merci Manon et bonne route ! En tous cas on vous décerne le prix civique de Foot d’Elles. 

 

Crédits photo : Mica GBM, Nelson Fatagraf / Asptt Albi

1 commentaire

  • Bravo les filles !
    J’espère de tout coeur votre maintien cet après-midi .
    Vous le méritez car vous défendez ( avec Soyaux et Rodez) les valeurs du foot des « petites » , amateures et sans gros budget !
    Je souhaite une bonne fête des mères à toutes les joueuses de France qui sont aussi maman , quelque soit leur équipe .
    Pierre

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