Philippe Bergeroo : « J’aurais préféré disputer le Tournoi de l’Algarve »

A la veille d’affronter la Suède en match amical à Amiens, Philippe Bergeroo, le sélectionneur de l’Équipe de France, revient pour Foot d’Elles sur ce duel au sommet. L’ancien entraîneur du Paris Saint-Germain nous parle également du calendrier qui attend les Bleues en 2014, de ses gardiennes, ainsi que du Mondial 2015 qui constituera probablement le dernier grand rendez-vous pour certaines de ses joueuses.

 

Considérez-vous ce France – Suède comme étant votre premier véritable test depuis votre nomination en tant que sélectionneur de l’Équipe de France en juillet dernier ?

Non, je ne pense pas. Le test le plus important pour moi était ma prise de fonction en septembre dernier contre la République tchèque (2-0), alors que nous n’avions que trois jours d’entraînement. C’était essentiel pour nous de gagner ce match-là, même si notre adversaire n’était pas d’un très haut niveau. Quoi qu’il en soit, c’était très important pour moi de débuter par une victoire.

 

La Suède comptera de nombreuses absentes telles que Lotta Schelin ou encore Josefine Öqvist. Peut-on dire que finalement, ce duel que l’on annonçait si serré ne le sera pas tant que ça ?

J’ai ouï-dire que Lotta Schelin s’était entraînée hier et ce matin, donc je ne pense pas qu’elle loupera le match de samedi ; ce qui est une très bonne chose au passage. Malgré ces absences, les Suédoises ne lâcheront pas le morceau puisqu’il y a une place à gagner au niveau du classement FIFA. Nous sommes actuellement 5e, juste devant la Suède (6e). Si nous gagnons à Amiens, nous les distancerons encore un peu plus ; si nous perdons en revanche, elles nous reprendront cette 5e place. De fait, il y aura tout de même de l’enjeu autour de cette rencontre.

Pourra-t-on s’attendre à des surprises concernant le onze de départ de l’Équipe de France ?

Si je dois tester des nouvelles choses, ça ne sera pas contre un adversaire comme la Suède. Je partirai pratiquement avec la même configuration que lors des matches précédents. Je ne vais pas faire débuter des jeunes contre une équipe qui a terminé 3e du dernier championnat d’Europe. Elles rentreront peut-être en cours de match, mais je ne les alignerai pas d’entrée.

Quel type de rencontre est le plus bénéfique pour l’Équipe de France selon vous : Un match amical contre une nation dominante telle que la Suède ou bien un match à enjeu contre une formation plus faible comme la Bulgarie ?

Il n’y a pas de comparaison possible. Pour nous, l’essentiel est d’être confronté à des équipes de haut niveau. Nous devions disputer un match contre la Norvège qui a malheureusement déclaré forfait, du coup ça n’avait pas pu se faire. J’avais dit à la Fédération que si nous ne pouvions pas jouer contre une nation classée dans les sept premières mondiales, ce n’était pas la peine d’organiser une rencontre et qu’il serait plus judicieux de faire un stage à Clairefontaine.

 

La Suède samedi, les Etats-Unis par deux fois en juin. Y a-t-il d’autres rencontres de prestige comme celles-ci qui pourraient s’ajouter au calendrier des Bleues ?

Pour l’instant ce n’est pas prévu, nous allons bientôt préparer le calendrier de la saison prochaine. L’idéal serait que l’on puisse s’inscrire au Tournoi de l’Algarve. Nous avions envoyé notre candidature, malheureusement les places étaient déjà prises. J’espère que nous pourrons y participer l’année prochaine.

Ce n’était donc pas une volonté de votre part de participer à la Coupe de Chypre plutôt qu’au Tournoi de l’Algarve ?

Non, pas du tout, j’aurais vraiment préféré disputer le Tournoi de l’Algarve. Si nous n’avons pas pu y prendre part cette année, c’est simplement parce que lors des trois précédentes éditions, nous avons refusé d’y participer ! Par conséquent, c’est normal que nous ne soyons plus invités. Il faudra peut-être attendre un an ou deux avant de pouvoir y retourner. Nous ferons la demande pour l’année prochaine en tout cas, c’est certain. Malgré tout, nous serons quand même opposés à de belles nations lors de la Coupe de Chypre au mois de mars prochain.

 

Vous avez été gardien de but au cours de votre carrière, puis entraîneur des gardiens de l’Équipe de France masculine en 1998. Pouvez-vous nous parler des trois portières Tricolores ?

On connaît bien Sarah (Bouhaddi), la gardienne titulaire qui fait partie des meilleures portières européennes et mondiales. C’est une fille qui est capable de faire des arrêts déterminants dans des conditions très difficiles et dans des moments cruciaux pour une équipe. Il y a aussi Céline (Deville), gardienne de Juvisy, qui est très expérimentée. Puis Karima (Benameur), évoluant au Paris Saint-Germain, qui réalise une très bonne saison avec son club. Nous avons l’embarras du choix pour ce poste, mais nous allons commencer à lancer quelques jeunes pour préparer l’avenir.

Vous avez déjà quelques noms en tête ?

Je pense notamment à Méline Gérard du côté de Saint-Etienne ou encore à Laëtitia Philippe qui évolue à Montpellier. Ce sont des gardiennes qui ont déjà joué en Équipe de France B, donc un jour ou l’autre il faudra les tester avec l’équipe première. Il faut les préparer à avoir un niveau international et ce n’est pas quelque chose d’évident.

 

Le football féminin français possède une véritable génération dorée. Est-ce que selon vous, ça serait du gâchis si elle n’arrivait pas à remporter un titre majeur dans les années à venir ?

Je ne sais pas vraiment si nous pouvons parler de « gâchis ». Une chose est sûre, l’objectif est de gagner un titre. Nous travaillons tous pour atteindre quelque chose d’exceptionnel avec cette équipe, puisque pour certaines joueuses qui commencent à prendre de l’âge, le mondial 2015 pourrait être leur dernier challenge.

 

 

Crédits photo: FFF / Giovani Pablo