Lindsey Horan, une Américaine à Paris

Cela fait maintenant un an et demi que la jeune attaquante a posé ses valises dans la capitale et use ses crampons sur les terrains de D1 tous les weekends. Précoce, elle a toujours su qu’elle voulait devenir joueuse professionnelle et ce, le plus rapidement possible. Pour cela, elle n’a pas suivi le système classique des universités américaines, mais a préféré tenter sa chance en Europe directement après le lycée. Pari risqué mais gagné, car à seulement 19 ans, elle est titulaire au PSG. Alors, pas trop dur de tout quitter pour une destination lointaine et dans un club ambitieux ? Elle a accepté de revenir pour nous sur son expérience parisienne.

 

 

Lindsey Horan a fini 2013 en beauté et commencé 2014 sous les mêmes auspices. Trophée de la meilleure jeune joueuse américaine en novembre 2013, puis en janvier 2014 contribution à la qualification des Etats-Unis à la Coupe du monde U-20 qui aura lieu cet été, et retour express en France pour participer à la victoire historique du PSG à Lyon. Alors, heureuse? « Oui très heureuse ! C’est génial que tout cela m’arrive en même temps. » Elle admet que recevoir le trophée de la meilleure jeune joueuse américaine l’a un peu surprise. « Je concourais contre 4 des meilleures jeunes joueuses de mon pays, je les connais bien, certaines sont mes amies, et elles sont toutes très douées. Alors je suis très contente de l’avoir décroché !« . Pour elle, la victoire contre l’OL donne du crédit au travail du PSG de ces dernières saisons : « Cela fait maintenant un an et demi que je suis à Paris et j’ai l’impression que nous nous sommes grandement améliorées. Battre Lyon montre que nous avançons de plus en plus fortes en équipe. J’étais très contente de revenir (du tour qualificatif pour la coupe du monde U-20) et jouer ce match« .

 

 

Ses inspirations footballistiques ? Barcelone, l’équipe féminine des USA, Lionel Messi et Tobin Heath

 

A côté du PSG, Lindsey est une fan absolue de l’équipe du Barça et donc, sans surprise, son joueur préféré n’est autre que Lionel Messi. Mais son intérêt pour l’Argentin est né il y a bien longtemps : « Quand j’étais jeune, mon coach m’avait dit de regarder attentivement ce joueur. Il n’était pas encore une star. Et c’est là que j’ai commencé à l’apprécier. J’étais une des premières ! On ne peut pas se tromper en regardant Messi, c’est une bonne source d’inspiration« . A Paris, c’est sa compatriote et coéquipière Tobin Heath qui la guide en dehors et sur le terrain: « Elle m’aide beaucoup, ses conseils sont toujours très précieux. Elle est très honnête et si elle pense que je pourrais mieux jouer, elle me le dit. Et c’est une joueuse fantastique, j’apprends beaucoup d’elle ». Chez les femmes, elle n’a pas de club préféré, mais ne loupe pas un seul match de son équipe nationale : « Maintenant, je joue parfois avec elles, donc c’est un peu bizarre, mais je suis toujours à fond derrière cette équipe ! ».

 

 

 

 

 

Sa vie en France ? Entre cours de français, nourriture étrangère, sorties, et touche de culture américaine

 

Elle admet que quitter son pays pour rejoindre un environnement complètement nouveau a été un peu difficile les premiers mois. Mais ses coéquipières parisiennes l’ont bien accueillie : « Cela m’a beaucoup aidée et quand on a de nouvelles joueuses comme cette année (Delie, Georges, Gama…), elles s’intègrent parfaitement. Et puis toutes les étrangères suivent des cours de français. Certaines apprennent plus vite que d’autres ! » (rires).

 

Elle partage un appartement à Saint-Germain avec Tobin Heath, ce qui l’aide à rester en contact avec certains aspects de la culture américaine : « Cette année on a organisé avec Tobin un diner de Thanksgiving pour nos coéquipières. On a préparé de la dinde et tout ce qu’on a pu. On est de piètres cuisinières, mais c’était un très bon moment ! ». Elle suit depuis la France le soccer aux Etats-Unis, mais également le football américain puisqu’elle a programmé une soirée Super Bowl avec certaines coéquipières :  » En plus, cette année mon équipe Denver Broncos est en finale, alors bien sûr, je ne peux pas louper ça ! ». Elle occupe son temps libre par diverses sorties : restaurants, tourisme, et même concert de Christophe Mae ! Mais ne comptez pas sur elle pour vous conseiller en gastronomie française : « J’aime la nourriture ici, mais je ne mange jamais français ! En fait, je ne sais même pas ce qu’est la cuisine française, car quand je sors je mange italien, mexicain… Mon restaurant préféré ici est Va piano ».

 

 

Maturité et intelligence tactique

 

S’adapter à une nouvelle culture, apprendre une nouvelle langue, vivre dans un nouveau pays, cela fait forcément grandir et progresser. « Je n’ai pas progressé en français ! Je plaisante… Mais c’est sûr que j’ai beaucoup gagné en maturité depuis que je suis ici. Sans doute plus vite que si j’étais allée à l’Université. Et ce, en dehors comme sur le terrain« . Au niveau de son jeu, le PSG lui a appris à mieux gérer ses déplacements avec et sans ballon : « Farid (Benstiti) m’a aidée à être plus intelligente dans mes courses. Aux USA, je jouais comme un enfant. Je courais partout pour avoir la balle, parce que je veux toujours la balle ! Ici, il faut que je réfléchisse plus pour essayer de me mettre dans la meilleure position pour recevoir le ballon, pour marquer… C’est une sacrée amélioration pour moi qui n’avais pas l’habitude de raisonner comme cela« .

 

 

 

 

 

USA et Europe, quelles différences sur le terrain ?

 

On oppose souvent le style physique du soccer à celui du football européen, réputé plus tactique et technique. Lindsey est assez d’accord avec cela mais voit une évolution des deux côtés de l’Atlantique : « Aux USA, tout le monde était physique, le foot c’était ça. Mais on a étudié le jeu européen, on sait bien que c’est plus technique. C’est parce qu’ici en Europe on insiste énormément sur le travail tactique et technique. Mais les Américains sont en train d’essayer de rattraper cela. Et je vois aussi qu’en Europe, spécialement au PSG, on se concentre de plus en plus sur le travail physique, le fitness. Cela change des deux côtés et c’est tant mieux ».

 

 

L’Equipe Nationale Américaine en ligne de mire

 

Au niveau international, Lindsey Horan a représenté son pays dans les diverses équipes de jeunes. Mais le coach de l’équipe senior l’a appelée plusieurs fois pour disputer des matchs en A. Même si la concurrence pour une place en attaque sera rude, forcément, l’idée de disputer la Coupe du Monde qui aura lieu au Canada en 2015 lui trotte dans la tête : « Je ne pensais pas que c’était réaliste, mais j’ai été convoquée deux fois alors… Je joue bien ici à Paris, je suis heureuse et confiante, donc j’ai de l’espoir ! Je ferai tout ce que je peux pour faire partie de l’effectif « .

 

Pour le moment, ses prochains objectifs sont de bien finir la saison avec Paris et d’aider les U-20 cet été pour la Coupe du Monde U-20 à laquelle elle compte bien participer. Bonne continuation Lindsey !

 

 

 

 Propos recueillis par Claire Patry

 

Crédits photos : PSG