Francfort – Wolfsburg, et les ombres portées par Potsdam

Dans moins d’une heure, match au sommet à Francfort où le FFC, actuel leader, reçoit les championnes en titre du VfL Wolfsburg. Si le football se joue à deux équipes, la présence d’une troisième planera pourtant sur la pelouse de la première à la dernière minute…

 

 

 

La fête et le pique-assiette

 

Lorsque la cathédrale Saint-Barthélémy de Francfort sonnera les 12 coups de midi ce samedi, onze flèches vêtues (sans doute) de noir, soutenues par un public qu’on devine par avance nombreux, se jetteront à l’assaut d’une forteresse verte et blanche, laquelle s’appuiera sur un art consommé de la défense en bloc et sa science du contre. Le FFC Francfort, leader de Bundesliga (26 pts), reçoit les louves du VfL Wolfsburg, 2e à deux petits points (24) pour la reprise du championnat, après une trêve interminable et… pour la dernière journée des matches aller. Un choc de costaudes, et peut-être déjà une sérieuse option sur le titre en jeu. Le club détenteur du record de victoires en Ligue des Championnes (2002, 2006, 2008), accueille le seul du pays à avoir réussi un triplé historique (Bundesliga, Coupe d’Allemagne, LdC, 2013). On se souvient du duel extrêmement serré le 16 novembre dernier en 8e de finale de la coupe, où les coéquipières de Dzsenifer Marozsán avaient sorti celles de Nadine Keßler (1-0, Garefrekes 54’)…

 

Mais en y regardant de plus près, l’ombre bleue azur du Turbine Potsdam, guidé par le souffle inspiré du sorcier Bernt Schröder, 3e avec 23 pts, risque bien de s’inviter aux agapes programmées et de dévorer une bonne part du gâteau en pique-assiette redouté. Un succès dans l’après-midi des Turbinen à Munich, sur le terrain du Bayern qui a perdu trois de ses cinq Américaines, couplée à un nul entre le FFC et le WOB, replacerait idéalement le club de l’ex-RDA en position de redoutable candidat au titre.

 

 

Un onze fantôme hantera la pelouse

 

Cette présence menaçante servira à n’en pas douter de motivation supplémentaire pour les joueuses s’affrontant au stade de Brentanobad de Francfort. Les filles savent ce qui les attend et ne trembleront pas devant l’enjeu. Elles débordent d’expérience ! Pas moins de 17 joueuses potentiellement présentes peuvent se targuer d’être internationales « A » : 12 Allemandes, 2 Japonaises championnes du monde, et encore une Mexicaine, une Suisse et une Danoise… Et on ne vous parle pas des internationales « jeunes »… Mais cette expertise n’a pas été acquise seulement en sélection… Un club a joué son rôle, ô combien, dans l’apprentissage au plus haut niveau de ces guerrières…

 

11 joueuses, soit une équipe complète, de la gardienne aux attaquantes, se positionnera en formation fantôme dès le coup d’envoi, mais équitablement réparti dans les deux camps, six à Francfort, cinq à Wolfsburg. Cette équipe ? Celle des anciennes du Turbine Potsdam… Potsdam, encore ? Oui, Potsdam toujours… Quand on vous dit que son ombre recouvrira le stade… Qu’on en juge… Entre parenthèses, le nombre d’années passées par chaque joueuse dans ce club :

 

 

Désirée Schumann (F, 5)

  Bianca Schmidt (F, 6), Josephine Henning (W, 2), Peggy Kuznik (F, 5), Babett Peter (F, 6)

   Lira Alushi (ex-Bajramaj, F, 2), Viola Odebrecht (W, 7), Nadine Kessler (W, 2)

        Lynn Meyer (W, 1), Conny Pohlers (W, 13), Jessica Witch (F, 4)

 

 

On appréciera d’autant mieux l’exploit, une fois noté que pas une seule joueuse de Francfort n’est passée par Wolfsburg, mais aussi — plus étonnant — que seulement deux des Championnes en titre ont évolué dans le club aujourd’hui entraîné par Colin Bell : Yvonne Hartmann (2000-01), et surtout l’inoxydable Conny Pohlers (35 ans, 2007-11).

 

Conclusion : si les joueuses de Francfort et Wolfsburg pensaient faire leur petite affaire en douce, elles se trompaient… En Frauen Bundesliga, il y a toujours quelque chose ou quelqu’une pour vous ramener au Turbine Potsdam…  

 

 

 

 

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Crédit photo: sportschau.de, turbine-potsdam.de / Jan Kuppert