Camillo Vaz : « Certaines choses sont spécifiques au foot féminin »

Entraîneur du Paris Saint-Germain féminin de 2009 à 2012, Camillo Vaz a notamment rapporté une Coupe de France et une qualification pour la Ligue des champions au club de la capitale. Un peu plus d’un an après son départ, il sort un livre, destiné aux entraîneurs ou futurs entraîneurs d’équipes féminines. L’occasion de rencontrer un personnage important du foot féminin français de ces dernières années.

 

« Je n’ai pas l’impression de créer quelque chose en sortant ce livre. Par contre, je propose un vrai défi, une vraie expérience humaine positive. Il y a des choses que tout le monde dit, mais que personne n’a écrit. Maintenant, c’est fait. » Camillo Vaz sait de quoi il parle du haut de ses trois années en tant qu’entraîneur du PSG féminin. Fort de son expérience, il rédige un livre, sorti il y a quelques semaines, « Football féminin, principes généraux et séances d’entraînement pour les seniors ».

 

On ne s’attend évidemment pas à un roman de la part du technicien. « L’idée était de faire un document facilement accessible pour les coachs essentiellement » confirme-t-il. « Ce livre est venu après de nombreux échanges, pour matérialiser mon expérience, mais aussi pour continuer à rester dans une dynamique de travail », explique-t-il.

 

 

Un besoin de parler

 

Dans cet ouvrage, l’ancien coach parisien insiste en outre sur la dimension psychologique qui domine le football féminin. A travers ses expériences, il a réalisé que les filles avaient une manière différente d’appréhender le travail. Il explique ainsi que les joueuses ont plus besoin de parler de leur performance. « La différence, c’est que les filles sont demandeuses. Elles savent bien ce qu’il en est, mais ont en plus besoin de l’entendre dire. C’est un besoin qui concerne les filles à tout niveau, y compris au meilleur niveau international », raconte Camillo Vaz.

 

Quant à ceux qui pensent qu’hommes et femmes doivent être traités de la même façon, Camillo Vaz répond : « je me souviens d’avoir dit la même chose, haut et fort. Oui il faut faire pareil, on fait du football de haut niveau. Par contre, certains aspects sont vraiment spécifiques au foot féminin. La gestion de l’hétérogénéité (gros écart de niveau, d’âge, etc. NDLR), l’aspect psychologique et. Si on ne prend pas les mesures, on va au-devant de certains problèmes. Et quand cela arrive dans le foot féminin, c’est souvent très important… »

 

 

Un vestiaire sans coach ?

 

Pour étayer son analyse, ce professeur d’EPS raconte : « avec ma petite expérience, lorsque j’ai évolué dans le foot garçon, j’avais des retours directs, assez masculins, avec pas mal de maladresse. Des choses qui ont été très vite mises sur le carreau, puis entérinées. Chez les filles, effectivement, il y a moins de confrontations verbales ou physiques, mais il peut rester des choses en latence. Je n’ai pas lu 50 bouquins sur le sujet, mais on constate souvent qu’il y a chez les femmes un peu plus de susceptibilité, elles sont très intelligentes et font plus attention au langage corporel et aux attitudes. C’était parfois compliqué à gérer, mais très intéressant. Pour moi, c’est là la grande différence. »

 

Une autre spécificité a attiré l’attention de Camillo Vaz et doit concerner les 11 entraîneurs hommes de la D1 féminin. Différence de sexe oblige, l’entraîneur homme ne peut partager l’intimité du vestiaire féminin. Un fait anodin en apparence, mais qui peut vite prendre de l’importance, tant ce qu’il s’y passe est fondateur dans la vie d’un groupe. Ainsi, les faits qui s’y déroulent échappent au contrôle du coach qui peut passer à côté d’un coup de gueule par exemple, ou ne pas se rendre compte de l’importance prise par telle ou telle joueuse dans l’équipe.

 

 

Une expérience unique

 

« Je ne situe pas mon expérience au PSG comme une fin en soi. Pour moi, c’était nouveau d’avoir cette exigence-là pour les filles, c’est ce que j’attendais », nous a expliqué Camilo Vaz. Professeur d’EPS depuis douze ans, il a également été responsable d’une équipe féminine à Science po.

 

Auteur d’un parcours honorable avec Paris, entre une victoire en Coupe de France, une 2e place du championnat et un 8e de finale de Ligue des champions perdu face au futur finaliste Francfort. « Le club poursuit aujourd’hui sur la lancée sur laquelle on l’avait laissé. On n’a pas eu la plus grosse part du gâteau quelque part. Mais le club a toujours été très droit, on était bien loti. Je me suis toujours senti privilégié au PSG. » L’homme qui avait fait venir Camille Abily, Sonia Bompastor, Katia, Allie Long ou Ella Masar dans la capitale n’en a pas forcément fini avec le foot féminin.

 

Son livre :

 

Football féminin

Principes généraux et séances d’entraînement pour les seniors

Editions Amphora

 

Voir aussi :

 

Crédit photo : PSG.FR