1/2F de Ligue des Championnes : allers simples ou pas ?

Ce samedi 19 avril auront lieu les demi-finales aller de la Ligue des Championnes. Deux chocs à première vue très différents. Tandis que les tenantes du titre de Wolfsburg iront affronter le Turbine Potsdam pour une bataille 100 % allemande, les Suédoises de Tyresö se déplaceront chez les Anglaises de Birmingham, l’équipe que l’on n’attendait pas.

 

 

Elles approchent. Elles y sont presque. Les participantes au dernier carré de la Ligue des Championnes 2014, les yeux rivés sur le 22 mai et Lisbonne, aiguisent leurs crampons, révisent leurs contrôles de balle, leurs frappes, leurs tacles glissés et les schémas tactiques mis en place par leurs entraîneurs. Les pouls s’accélèrent, les cœurs palpitent… Diable, les choses deviennent sérieuses à seulement deux matches d’une finale européenne…

 

Un super goût de Bundesliga

 
Une finale avant la lettre qui devrait valoir son pesant de bretzels. Les louves du VfL Wolfsburg, championnes d’Europe en titre, défient les Turbinen de Potsdam sur leur pelouse, avec l’idée de préserver leurs chances pour le retour. Mais dans leur antre du Karl Liebknecht Stadium, nul doute que les joueuses du « sorcier » Bernd Schröder, actuellement en tête de la Bundesliga, bâtissent un tout autre plan : limer les crocs des louves, et prendre un avantage substantiel avant la deuxième manche…

 
Les deux équipes se connaissent sur le bout des doigts. À la lutte pour le titre en championnat la saison passée (Wolfsburg terminant 4 pts devant Potsdam, quadruple tenant) et en Pokal Cup (les louves l’emportant 3-2 à l’issue d’une finale fantastique), elles sont très proches l’une de l’autre cette année encore, le Turbine menant le bal avec… 4 pts d’avance sur le VfL qui aura l’apanage de le recevoir le 16 mai…

 

 

Un Turbine Potsdam international et jeune

 

Jouant indifféremment en 3-4-3 (même à l’extérieur) ou en 4-3-3, le Turbine est la plus internationale des formations de Bundesliga. On n’y compte pas moins de 12 étrangères (10 nationalités différentes) pour 13 Allemandes. Cette première originalité s’accompagne d’une seconde : la juvénilité de l’ensemble. Sur les 16 joueuses principales de l’effectif, seules deux ont plus de 25 ans, huit moins de 23, la benjamine s’avérant la pépite de l’équipe (la Norvégienne Ada Hegerberg, 18 ans) !

 
Mais derrière cette jeunesse, se cache un « vieux » coach. Bernd Schröder, 71 ans, légende vivante, viscéralement attaché depuis quatre décennies à Potsdam avec qui il a tout remporté, d’abord en RDA (6 titres), puis en Allemagne réunifiée (6 Bundesliga, 3 Pokal et 2 LdC, plus 2 autres finales perdues). Un grand monsieur, affable, toujours respectueux, simple, à l’image d’un club à l’esprit « familial ». Et très, très efficace… Un sorcier !

 

Wolsburg, la copie inversée

 

Le VfL se situe à l’opposé du Turbine. En tout. Appui sur un club pro masculin, palmarès vierge jusqu’à la saison passée et son triplé historique (championnat, coupe, LdC), joueuses pour la plupart très expérimentées. Et un jeune coach, Ralf Kellermann, 45 ans. Dominer tactiquement Patrice Lair et… Bernd Schröder a forcé le respect et l’a propulsé dans la cour des grands… Sous ses ordres, une pléiade d’internationales (14), et seulement quatre étrangères. Si l’on trouve là aussi quelques jeunes éléments, telle la talentueuse Lina Magull (19 ans), la moyenne d’âge est plus élevée que chez l’adversaire avec neuf joueuses au-delà de 25 ans. Parfois bien davantage, comme ses deux canonnières, « la Martina » (Müller, 34 ans) et Conny Pohlers (35 ans) qui vient d’annoncer sa retraite pour la fin de saison en rêvant à une 4e LdC personnelle…

 
Sur le plan tactique, le VfL s’adapte à l’adversaire, favorisant à l’extérieur un système en 4-4-2, voire souvent en 4-5-1, avec un milieu bétonné par les inépuisables Lena Goeßling et Nadine Keßler, avec Viola Odebrecht devant la défense et la Hongroise Zsanett Jakabfi en meneuse de jeu.

 

 

 

Birmingham-Tyresö ou le bal des débutantes

 

L’autre demi-finale, moins « glamour » a priori (mais méfions-nous des apparences) aura un goût de nouveauté absolue. En effet, ni les Suédoises de Tyresö, ni les Anglaises de Birmingham n’avaient jamais atteint ce stade de la compétition. Les joueuses des Midlands avaient été sorties l’an passé dès les 16e par les Italiennes de Bardolino. Quant à Tyresö, cette participation à la LdC est tout simplement sa première !

 

La grande inconnue Tyresö

 
On l’a dit et répété, y compris sur Foot d’Elles, l’équipe suédoise est en très sévère crise. Alors que certains dirigeants de clubs appelaient à sa relégation administrative immédiate, et que son effectif va exploser dès la LdC terminée (Press, Klingenberg, Boquete, Marta, Seger, ces deux dernières étant supposées courtisées par le PSG), personne ne peut prédire dans quelles dispositions psychologiques les tombeuses de Paris vont se présenter dans cette demi-finale. On imagine cependant que l’attrait de gagner un titre si prestigieux motivera les joueuses avant leur départ vers de nouvelles aventures. Seule, Marta a déjà l’expérience d’une finale européenne, d’ailleurs remportée avec Umeå (2004).

 
L’équipe entraînée par Tony Gustavsson (40 ans) s’avère imprévisible, capable de se montrer irrésistible un jour ou quelconque un autre. Le week-end dernier, Tyresö a débuté la saison de Damallsvenskan par une défaite peu reluisante à Kristianstadt, formation mineure du championnat (0-2). Mais l’équipe jouait sans Marta, Boquete, Seger et deux de ses trois Américaines ne sont apparues que dans l’ultime demi-heure de jeu (Press et Engen). On restera donc très prudent devant l’énigme que représentent aujourd’hui les Sang et Or de la banlieue de Stockholm…

 

 

Birmingham pour l’exploit

 
À Londres, on aime bien se moquer des « Brummies » et de leur accent. Mais en 2014, c’est le club des West-Midlands qui se retrouve aux portes d’une finale européenne après avoir sorti… Arsenal en quart. Présence inattendue, avec pas mal de chance au tirage (Vantaa et Krasnogorsk avant les Gunners), mais voilà, le BCL est là et bien là. Les joueuses ne partiront pas favorites face aux stars de Tyresö. Elles aussi ont entamé leur championnat par un résultat décevant (0-0 à la maison face à Everton). Mais David Parker avait fait tourner en prévision du choc européen. Face à Marta et Press, Birmingham s’appuiera comme d’habitude sur son excellente défense, et comptera sur le talent de Karen Carney pour provoquer des failles dans l’arrière-garde pas toujours assurée de l’équipe suédoise.

Et après tout, la ville est jumelée avec Lyon et Francfort (8 finales à eux deux)… De quoi donner des idées…

 

Turbine Potsdam-VfL Wolfsburg (14h)

Birmingham CL – Tyresö FF (15h)

 

 

 

Crédits photos : Ville Vuorinen, tyresoff.se, ffd-turbine.de