Victor Lerat amateur du beau jeu

Son nom ne vous dit peut-être rien. Et pourtant…Victor Lerat est à l’origine de plusieurs projets de promotion du football pratiqué par les femmes. Ce passionné de football et expert en SEO a décidé de mettre ses compétences web au service d’une grande cause : mettre en avant les footballeuses Françaises et le championnat de D1 féminine. Et cela a commencé il y a déjà plusieurs années alors que les médias traditionnels ne s’intéressaient pas vraiment au potentiel des footballeuses françaises.

Nous avons décidé de mettre aujourd’hui en lumière le travail de Victor.  A 1 an de la Coupe du Monde féminine 2019, le football pratiqué par les femmes aura besoin de passionnés et experts pour rayonner. Et Victor Lerat en fait partie. Sa place dans les 11 Foot d’Elles était donc une évidence pour nous. Entretien.

Un entrepreneur expert du web qui agit sur le terrain

Victor est un influenceur de l’ombre dans l’univers du football. Et pourtant il anime depuis des années plusieurs comptes reconnus.

« Cela fait 5-6 ans que je travaille dans le milieu du web et j’ai repris différents comptes dans l’univers du football féminin, D1 féminine sur Twitter, Facebook et Instagram ou les comptes sur la Coupe du Monde féminine sur Twitter et Facebook. Depuis 2017, j’ai monté ma propre agence de webmarketing digital qui s’appelle KHOSI et qui est installée à Nantes. »

Sa passion pour le football pratiqué par les femmes ? Une passion du football avant tout. Et du beau jeu : « J’ai pratiqué le football pendant 15 ans. J’ai toujours aimé voir le beau jeu mais pas le foot business. Et ce que l’on retrouve dans le football féminin. Il y a moins de business, il y a plus de jeu. C’est un jeu un peu plus tactique – technique et un peu moins physique. »

L’Euro 2013 féminin les racines du projet !

Cette aventure sportive et humaine a commencé en 2013 alors que les articles liés au football féminin sur le web se comptaient sur les doigts d’une main : « Cela date de 2013. C’est un collègue, Maxime Coutant  (@maximecoutant) , qui a monté ce compte Twitter pour l’Euro 2013 en Suède. Il a décidé de promouvoir le football féminin en lien avec un autre site qui s’appelait « Au Premier Poteau » créé par (@Germain_Butrot). On faisait des interviews de joueuses de l’équipe de France et on essayait de relayer l’actualité et le parcours des Bleues pendant l’Euro 2013 et suite à cela on a continué et on a renommé le compte pour promouvoir la Coupe du Monde 2015. On s’est rendu sur place au Canada. En parallèle, on a développé un réseau de comptes sociaux autour de la D1 féminine et de l’équipe de France. »


Et ce n’est pas seulement sur les réseaux sociaux et le web que Victor a montré son soutien à l’Equipe de France féminine. En 2015 il a fait le déplacement au Canada pour aller supporter les Bleues. Un supporter. Un vrai !

« Pour l’Euro 2013, on avait envoyé une personne sur place. Pour le Canada, en 2015, on a pu aller voir 3 matchs qu’on avait payé nous-mêmes. On avait également une autre personne, pour suivre les matchs D1 féminine»

Le digital au service de la promotion du championnat de D1 féminine

L’une des spécialités de Victor c’est le référencement web : utiliser des techniques pour faire remonter les pages d’un site web sur des expressions clés. En 2018 ce passionné de football et expert de la D1 féminine a donc décidé de mener une étude sur le référencement des sites web des clubs de D1 féminine. Il en a ressorti un audit avec des bonnes et mauvaises pratiques. « On a fait une étude pour mettre en avant les différences en terme de communication des clubs de D1 féminine. Il y a une grande disparité de budgets et moyens financiers dans chaque club. »

Voir l’étude SEO sur la D1 féminine

L’objectif était de faire prendre conscience aux clubs de la nécessité d’investir dans le web pour promouvoir leurs actions mais aussi leurs résultats sportifs. Et qu’on se le dise, mieux un club sera référencé sur le web et visible, plus il attirera des sponsors et partenaires. Et oui, le digital est directement au service du développement du football « L’idée était de montrer que suivant les clubs, les stratégies ne sont pas les mêmes sur Internet. Certains clubs ont une meilleure visibilité web par rapport à d’autres et en essayant d’améliorer certaines choses, on pourrait améliorer la visibilité du football féminin assez rapidement grâce à Internet tout simplement ».

« On pourrait améliorer la visibilité du football pratiqué par les femmes assez rapidement grâce à Internet » 

Et cette étude a eu pour effet d’agiter un peu la planète football sur le plan digital et sans doute de faire murir certains projets : « Cette étude était téléchargeable et donc on a remarqué que quelques présidents de petits clubs l’avaient téléchargée. Les petits clubs avaient un fort intérêt lié au contenu de l’étude et surtout concernant les correctifs à apporter en termes de visibilité. Les gros clubs sont soutenus par des grosses agences et s’appuient sur les sections masculines qui ont déjà créé des cellules de communication leur permettant de faire ce travail par eux-mêmes. »

Son œil d’expert du web sur le développement et l’évolution de la médiatisation des footballeuses françaises

A 1 an de la Coupe du Monde féminine qui aura lieu en France, Victor nous réserve quelques surprises mais il ne compte pas tout vous dévoiler maintenant « On aimerait pouvoir travailler avec des marques pour pouvoir faire un travail plus professionnel et surtout qu’il y ait un véritable impact de notre action sur le public français. »

Lors de cette interview, l’expert SEO nous a confirmé que la promotion du football pratiqué par les femmes passait aussi par des communications croisées car au final, il n y a qu’un seul football même si les cibles sont un peu différentes : « Je pense que la FFF devrait communiquer davantage sur le football féminin à travers ses divers réseaux sociaux ou son site. Il y a une différence de communication entre les 2 sections qui est cruelle. La FIFA devrait profiter de la Coupe du Monde de cette année pour communiquer sur la prochaine Coupe du Monde féminine.  

« Il faut communiquer sur le football et pas sur le football pour les hommes »

Il y a des ponts qui devraient se faire naturellement que ce soit côté français ou côté FIFA. Le football n’est ni masculin ni féminin, donc il faut communiquer sur le football et pas sur le football pour les hommes. C’est un sujet d’actualité pas seulement dans le football mais aussi dans la société. Des communications croisées, plus fortes et plus osées auraient un fort impact sur le football pratiqué par les femmes »

Victor insiste, au-delà de la communication il faut pouvoir s’appuyer sur des titres internationaux : « Avant de vouloir communiquer sur tout un tas de choses, il faut qu’il y ait des résultats sportifs. On en a au niveau des équipes nationales avec Lyon, notamment en Women’s Champions League et aussi en D1 féminine. Il faut des résultats à l’international pour que la communication soit plus facile auprès d’un public qui n’est pas passionné par le football féminin. »

« Il faut des résultats à l’international pour que la communication soit plus facile »

Le développement du football pratiqué par les femmes passera par l’arrivée des sponsors sur le terrain du sport féminin mais attention à ne pas tomber dans le football business « On a beaucoup plus de communication sur le football féminin. La visibilité devient beaucoup plus forte. Quasiment tous les clubs de D1 ont des comptes Twitter, Instagram. Les joueuses sont beaucoup plus présentes sur les réseaux sociaux. Des marques commencent à se greffer au football féminin et c’est important car cela va permettre le développement de ce sport. La TV commence à acheter les droits. Ce sont des choses qui vont dans le bon sens. Même si pour les fans de football féminin ce n’est pas suffisant. Mais il faut laisser le temps aux choses et ne pas non plus tomber dans le foot business. »

Si l’OL et Montpellier ont grandement contribué au développement du football féminin, les autres clubs commencent à investir et cela devrait améliorer l’homogénéité du jeu : « C’est très bien qu’on ait un club en France qui porte le football féminin au plus haut niveau, comme l’OL. On a des clubs comme Montpellier, le PSG qui sont de bons concurrents. On a des clubs qui commencent à se structurer comme Lille, Bordeaux, Soyaux, Paris FC. Dans les années à venir on aura un championnat qui devrait se resserrer. »

Pour conclure, on lui a demandé une petite réaction quant à sa présence dans les 11 Foot d’Elles : « C’est notre petite victoire à nous, parce que cela fait 4-5 ans qu’on traite du foot féminin. On n’est pas nombreux même s’il y a toute une communauté de gens passionnés qui mériteraient largement d’être dans ce 11. »

Bravo à Victor pour son travail et on espère un titre pour la France en 2019, surement la meilleure clé pour faire exploser la médiatisation et la visibilité des footballeuses françaises. La meilleure réponse c’est le terrain !

 


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