Valérie Fourneyron, ministre des Sports au féminin

A l’occasion de la Journée de la femme, la ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education Populaire et de la Vie associative, Valérie Fourneyron a accepté d’évoquer la situation du sport féminin en France. Si les progrès sont particulièrement palpables du côté de la FFF, la route est encore longue.

« Nous sommes encore très loin de la place que devraient avoir le sport et le football féminins. » Le constat de Valérie Fourneyron est évidemment implacable. Parmi les principales préoccupations, les difficultés d’accès aux équipements pour les sections féminines. « Notre priorité est d’apporter le soutien des pouvoirs publics aux clubs et aux équipements des territoires, avec comme objectif la réduction des inégalités d’accès aux pratiques sportives » a annoncé la Ministre. « Les moyens publics doivent être orientés sur ces priorités là. […] Nous devons tous ensemble participer au développement du sport féminin. Cela passe par la mise en avant des exemples de réussites et la valorisation de ce que le sport féminin apporte à la collectivité. Ce que cela apporte aussi dans la relation avec l’école et avec les clubs sportifs. »



Valérie Fourneyron et Najat Vallaud-Belkacem, en visite dans une association sportive féminine (ASFC) à Choisy-le-Roy le 6 février

Afin de permettre le développement des petits clubs, la FFF accompagne le gouvernement sur le dispositif des « emplois d’avenir ». Sur les 4900 déjà prévus dans les métiers du sport et de la jeunesse, 1000 devraient être signés prochainement par la 3F. « La priorité est le développement des pratiques » a précisé Valérie Fourneyron. « Ces emplois n’iront pas aux clubs déjà bien structurés. Cela doit permettre au contraire, dans un certain nombre de quartiers, de secteurs ruraux, d’accompagner des jeunes vers une qualification, un vrai boulot. Et en même temps travailler sur les pratiques féminines, les secteurs où souvent les petits clubs n’ont pas de salariés.« 

Les efforts encourageants de la FFF

Néanmoins, la situation du sport féminin en France s’améliore sensiblement depuis quelques temps. Au premier rang, avec les bons élèves, se situe la Fédération française de football. La Ministre des Sports salue « les réels progrès » réalisés par la FFF. La présence d’une femme au comité exécutif (Brigitte Henriques) et la nomination de Florence Hardouin comme directrice générale déléguée, les initiatives comme « le Football des Princesses », ou « Mesdames, franchissez la barrière » font de l’institution dirigeante du football hexagonal l’un des moteurs dans la féminisation du sport français.



La ministre a rencontré Noël Le Graët le 12 février au siège de la FFF

Car malgré l’incitation de la ministre via les conventions d’objectifs signées entre le ministère et les fédérations sportives, seules quatre (basket-ball, football, handball, cyclisme) ont lancé un plan de féminisation. Ces programmes doivent permettre au sport féminin d’augmenter sa base en faisant croitre le nombre de licenciées, mais aussi en incitant les femmes à prendre des responsabilités au sein des clubs locaux. Une telle réorganisation des institutions devrait naturellement guider de plus en plus de Françaises à s’intéresser à ces sports.

Valérie Fourneyron : « Un challenge pour le CSA »

En parallèle, le ministère des Sports lutte pour une hausse de l’exposition médiatique des sports féminins, « évidemment essentiel pour faire progresser leur visibilité » confirme Valérie Fourneyron. « Le football féminin commence à se faire une petite place mais il a quand même fallu attendre une performance au Mondial, une qualification aux JO, et le succès européen des Lyonnaises pour qu’il y ait une place dans les médias. Il y a un challenge évident, que nous relevons en concertation avec le CSA, pour qu’il y ait une plus grande diversité des expositions médiatiques sportives en général et de la place du sport et du football féminins à la télévision. »



La ministre et Olivier Schrameck, nouveau président du CSA, le 27 février

Dans cette optique, le décret TSF (Télévision sans frontières) est en pleine refonte. Ce dernier fixe les obligations de diversité qui s’imposent aux chaînes du service public sur la retransmission des événements sportifs dits « d’importance majeure ». Actuellement, seul le Tournoi féminin de Roland Garros en fait partie. « Le but est d’avoir une approche non sexuée des manifestations sportives« , a expliqué la Ministre. « Pourquoi préciser finale de la Coupe d’Europe masculine ou féminine ? Finale de la Coupe d’Europe de football doit suffire. » L’équilibre mis en place par le nouveau décret devrait intervenir une fois qu’il aura été validé par Bruxelles.

Selon le dernier rapport du CSA, 148 heures de sports féminins ont été diffusées à la télévision en septembre et octobre, soit seulement 7% du total. Dans ces heures, il n’y avait que 7 heures gratuites, la moitié pour le football et l’autre pour le tennis. Une lacune qui pourrait rapidement être comblée par les mesures en cours.

Valérie Fourneyron : « Valoriser la performance »

« Pour moi la performance sportive doit être valorisée de même manière pour un homme ou une femme. »  L’égalité de reconnaissance de l’effort est l’un des points importants pour la Ministre des Sports. « La femme utilise d’autres armes, avec moins de puissance musculaire, mais la valorisation doit être au même niveau » clame-t-elle.



Sandrine Soubeyrand a reçu l’insi­gne de Chevalier de l’Ordre National du Mérite par Valérie Fourneyron

Signe que les choses évoluent dans le bon sens, le titre de « Sportif de l’année 2012 » décerné par Radio France à Céline Dumerc, capitaine de l’équipe nationale de basket. « Une femme a gagné pour la première fois en cinq éditions, entre Teddy Riner, Sébastien Loeb ou les Experts de handball » s’est félicité la Ministre.  « On sent qu’à force de porter notre engagement, les uns et les autres, la qualité de ces performances commence à être reconnue. » Un petit pas pour la femme, un pas de géant pour l’humanité ?

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