L’US Soccer Federation introduit les data pour la constitution des équipes nationales

A l’issue de son congrès annuel réunissant tous les coaches dépendant de la fédération, l’US Soccer Federation a dévoilé son programme d’innovation en matière de recrutement, mettant la part belle aux data. Explications !

La fin des recrutements subjectifs ?

On le sait, en France comme ailleurs, il y a autant de sélectionneurs que d’habitants dans un pays. Surtout quand il s’agit d’un sport aussi suivi et adulé que le football. Et combien de fois, par préférences personnelles, nous nous sommes insurgés, en privé comme en public, des choix du sélectionneur attitré ? 

Il y a toujours un élément de préférence, subjectif, dans la sélection des joueuses. En Janvier, l’US Soccer Federation a présenté, avec ses data analystes Tyler Heaps et Joris Bekkers, comment les données et les sciences statistiques entrent en compte pour la sélection des joueurs, que cela soit en USMNT comme en USWNT. Sous l’impulsion des autorités de la fédération et des coaches, en particulier du nouveau coach de l’équipe masculine Gregg Berhalter et du général manager Earnie Stewart. Les deux analystes sont épaulés par Opta, l’entreprise spécialisée dans la data science mandatée par l’US Soccer Federation. 

Mais concrètement, comment ça marche ?

Les données ne servent pas uniquement à établir le profil des joueurs et des joueuses : les analystes ont également accès aux matches internationaux pour croiser les données. Pendant une année de coupe du Monde, ce sont des informations cruciales. Heaps confirme, chez nos confrères de philly.com : « Nous avons fait des profils pour chaque équipe qui participera à la coupe du Monde. Alors qu’elles vont jouer de plus en plus jusqu’au début de la compétition, nous pourrons dessiner des profils spécifiques pour chacune des joueuses des équipes qui seront en phase de groupe avec nous. Ainsi, nous pourrons mieux appréhender leur façon de nous attaquer ou nous défendre. »

Chacune des métriques sont assorties de critères assez précis qui sont révélateurs. Ainsi, pour une passe, on ne va pas se contenter du taux de réussite de la passe, mais on va y ajouter le taux de possession de balle de l’équipe après 10 secondes ou après 3 passes. On peut alors mesurer à quel point la joueuse est réellement utile et aide à construire le jeu. L’accent est mis sur le collectif et non sur une somme d’individualités, ce qui avait parfois fait défaut à l’USWNT dans le passé. 

Alors est-ce la fin de l’humanité dans le recrutement ? Est-ce qu’on se dirige vers un recrutement uniquement basé sur les données ? Dans ces questionnements dignes des grands classiques de la science fiction, il ne faut pas perdre des yeux tout ce que le comportement apporte, ainsi que les propres standards des coaches. On le sait, par nature, les chiffres sont objectifs. C’est aux analystes de les faire parler, de les mettre dans un ordre qui fait sens et permet de définir les forces de chacun, non pour sanctionner, mais pour harmoniser et créer une base saine et des options adaptées à chacune des situations. Il y a encore, de toute façon, beaucoup de travail avant d’obtenir un résultat probant pour les femmes. 

« En tout cas, il y a quelque chose que l’on remarque, c’est que l’US Soccer Federation semble bien plus ouverte aujourd’hui à l’utilisation des données comme soutien que d’autres clubs européens par exemple », conclut Heaps. 


Photos : Flora Dubois et Lisa Durel-W. pour Women’s Soccer France

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