Trophée des Championnes OL – PSG : opération fidélisation de supporters

Le Trophée des Championnes entre l’Olympique Lyonnais et le Paris Saint-Germain offre un premier affrontement entre les championnes de France en titre et les vice-championnes. Occasion pour la FFF de mesurer l’aura du football féminin hexagonal en ces lendemains de Coupe du monde.

L’idée remonte à juin 2018. La date officielle a été arrêtée en juillet 2019. Le lieu est un hommage au président Noël le Graët. L’affiche, ce que le football tricolore produit de meilleur : l’Olympique Lyonnais face au Paris Saint-Germain. Goliath face à Goliath en éternel devenir. Cette première édition du Trophée des Championnes se déroule samedi 21 septembre à 15h30, au stade Roudourou à Guingamp. Drôle d’idée d’organiser cet affrontement de championnes un jour d’équinoxe. Seul instant de l’année où les forces du jour et celle de la nuit font jeu égal. S’annihilent. Il y aura forcément une vaincue à l’issue de cette rencontre.

Les Parisiennes, Goliath en éternel devenir

Le principe du Trophée des Championnes est calqué sur ce qui se pratique côté masculin depuis 1995. Un match de prestige entre le vainqueur du championnat de France et celui de la Coupe de France. En cas de doublé coupe – championnat, c’est le dauphin du championnat qui joue les sparing partner de luxe. L’Olympique Lyonnais la saison dernière, a tout emporté sur son passage. Treizième titre consécutif de championnes de France, quatrième Coupe de France et sixième Ligue des Championnes. Aux autres, en France et ailleurs, rien. Il ne faut pas croire que les filles de Jean-Michel Aulas n’ont pas bataillé pour ces performances. Le titre de championnes de France s’est joué à la toute fin de saison, avec un écart de 5 points (62 pour Lyon, 57 pour Paris), la campagne européenne a donné des sueurs froides en quarts et surtout en demi finale face à Chelsea. 

Reste que le PSG demeure encore et toujours cet éternel second, scotché dans l’antichambre du succès, voué à regarder les Fenottes monter sur la plus haute marche. Sauf une fois, nuit de tempête et d’orage, finale de Coupe de France 2018, match épique commencé le 31 mai 2018, achevé le 1er juin après minuit, sous une pluie battante. Partie interrompue et reprise, score 1-0 pour le PSG, comme une lueur dans cette interminable attente à se savoir enfin à la mesure lyonnaise. 

Un match pour rien ?

Pour Paris, toute occasion est bonne à prendre. Ce premier Trophée des Championnes en est une. Le remporter, c’est être à jamais la première. Cela n’ouvre sur rien, ne qualifie à rien. Un titre pour la gloire, uniquement. Montrer que le football féminin compte, qu’il mérite une symétrie parfaite ou presque avec la pratique masculine. Pour porter cette idée, du beau monde en tribunes: le président de la FFF Noël Le Graët, Brigitte Henriques (vice-présidente déléguée), Laura Georges (secrétaire générale), ainsi que Jean-Michel Aulas (membre du Comex de la FFF et président de l’OL). Un beau trophée, symbole de l’essor du football féminin, décrit ainsi par la FFF : 

Un Trophée en laiton a été spécialement réalisé pour cette nouvelle compétition. Haut de 50 cm, large de 35 cm, il pèse environ 5 kg. Aérien, dynamique, l’objet qui sera brandi par les Lyonnaises ou Parisiennes est constitué de plusieurs lames dessinant une couronne, celle des Championnes. Ces lames s’ouvrent vers le ciel symbolisant l’essor d’une pratique en plein « boom » quelques mois après la Coupe du monde organisée en France qui a réuni plus de 1 million de spectateurs dans les neuf stades du tournoi. L’équipe sacrée samedi repartira avec l’original du trophée.

De belles récompenses aussi. Meilleure buteuse pour Marie-Antoinette Katoto et ses 22 réalisations la saison dernière. Et trophée de la meilleure joueuse de cette finale désignée après le vote des journalistes présents en tribune de presse. Bon pour le CV. Bref, donner de l’allure à un match à première vue qui ne compte pour rien.

Une bonne pression offerte aux supporters

C’est que les enjeux véritables se situent ailleurs. 

Sur la motivation des deux protagonistes, peu de doutes. Les Lyonnaises entraînées depuis cette saison par Jean-Luc Vasseur auront à cœur de montrer aux filles d’Olivier Echouafni qu’elles seraient bien inspirées de rester à leur place. Les Parisiennes et leurs belles recrues de l’été (Däbritz, Huitema) enverront de leur côté un signal fort, promettant aux Lyonnaises et aux autres une saison en enfer. Fenottes et Parisiennes viendront à Guingamp avec l’artillerie lourde. Pas d’absente. Sur la pelouse au coup d’envoi, que des titulaires.

Cet affrontement, c’est le premier acte d’une tragédie en trois, cinq ou six actes, selon le nombre de fois où les deux équipes se feront face cette saison, entre championnat, coupe de France, coupe d’Europe. Cette dispute au Roudourou, un premier pion avancé. Une montée en pression, qui donnera à la neuvième journée de championnat (16 novembre), et ce OL PSG, déjà un air de revanche. Le public sera-t-il réceptif à cette tension dramatique ? A lire les communications de l’Olympique Lyonnais, du Paris Saint-Germain, de l’En Avant Guingamp, de la FFF, des places sont encore à acheter, à un tarif accessible (5€). 

L’affluence de ce Trophée des Championnes permet d’avoir les idées claires sur les avancées permises par la Coupe du Monde. Epiphénomène ou tendance de fond ? Quel territoire les footballeuses ont-elles conquis ? La Bretagne est terre d’accueil du football féminin. La Coupe du Monde féminine U19 s’y était déroulée à l’été 2018. Le Roudourou, point de départ de nouvelles aventures ? À voir combien des 18 462 places trouveront preneurs. Il faut toujours des pionniers pour montrer l’exemple.

Photo : FFF

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