Soccer Grannies VS Mamies Foot : quand la passion n’a pas d’âge

Elles ont entre 50 et 84 ans, elles sont sud Africaines ou Françaises et… elles jouent au foot ! Ces deux équipes nationales seniors et féminines s’affrontent ce soir à l’occasion d’un match à Saint-Etienne. Foot d’Elles les a rencontrées pour vous. Attention, leur énergie et leur joie de vivre sont contagieuses…

«On peut être à la fois une femme, âgée et sportive»

L’histoire a commencé avec Oldyssey, une association qui va à la rencontre des personnes âgées autour du monde. En Afrique du Sud, ses membres ont trouvé des mamies qui jouaient au foot : les Vakhegula vakhegula, alias les Soccer Grannies. Là-bas, le football féminin senior est très développé. On trouve plus de 100 équipes dans tout le pays, qui s’affrontent dans le cadre d’un vrai championnat et d’une fédération pour personnes âgées. Le rêve de cette équipe, c’était de s’envoler pour la France pour la Coupe du monde 2019 et en profiter pour jouer un match contre une équipe senior de Françaises. Oldyssey en a fait part à Sénioriales, un concept de résidences pour les personnes âgées autonomes, qui s’est tout de suite lancé dans le défi. Sénioriales a recruté des joueuses dans ses résidences de toute la France, et a monté une équipe, les Mamies Foot :

« On a 80% de femmes dans nos résidences. C’est donc important pour nous qu’elles existent, qu’elles aient un rôle. On a recruté 17 femmes. C’est un super message et une aventure extraordinaire pour elles comme pour nous. Cela montre que l’on peut être à la fois une femme, âgée et sportive. »

explique Frédéric Drouard, représentant de Sénioriales.

Les Mamies Foot. Photo : Oldyssey.

Un moment de vie entre copines

Les 20 joueuses sud africaines séjournent à Paris pendant 15 jours, directement dans des résidences Sénioriales. Au programme, entraînements, visites de Paris, matchs de la Coupe du monde au Parc des Princes, mais aussi le tant attendu match entre les Soccer Grannies et les Mamies Foot, ce mercredi 19 juin à Saint-Etienne. Mais bien plus que des adversaires, ces femmes sont surtout devenues des copines qui comptent bien s’éclater ensemble, dépassant la frontière de la langue et n’ayant pas besoin de mots pour créer des liens. Une aventure à laquelle toutes ne croyaient pas, en témoigne Simone, 78 ans et dans l’équipe française :

«J’ai jamais fait de sport, mais quand on m’a expliqué le projet je me suis dit pourquoi pas ! Moi qui ne me suis jamais intéressée au foot, maintenant je regarde les matchs ! C’est un peu une surprise pour moi, mais une agréable surprise ! Je pense qu’après cette aventure je continuerai le foot, on a l’impression de plus être seniors, de faire partie de la jeunesse !»

Simone à l’entraînement. Photo : Oldyssey

Mais attention, cette septuagénaire n’est pas venue que pour rigoler non plus :

«Là on est copines, mais on ne le sera plus sur le terrain, ce seront nos adversaires et on va les écraser !» plaisante-t-elle.

Quand on lui demande comment a réagi son entourage à l’annonce de la nouvelle, elle répond en rigolant «oh ils se sont marrés, mais ils ont fini par me dire vas-y !»

Ce projet a également conquis Philippe Delpech, ancien coach de Levallois et coach des seniors françaises, dans le monde du foot depuis longtemps :

«J’aime les projets qui font bouger les lignes, et ça en était un. On fait des entraînements où elles apprennent à marcher en conduite de balle, elles font aussi un peu de gymnastique pour travailler la souplesse. Le premier objectif c’était déjà qu’elles fassent connaissance. Et surtout le plus important, si elles rentrent à 12 sur le terrain, elles doivent ressortir à 12, pas de blessées !»

« Taper dans la balle, courir et rigoler »

Les trois mots d’ordre des Sud Africaines. Fondée par Rebecca Ntsanwisi, 50 ans et autrement appelée « la mama », cette équipe est plus expérimentée que les Françaises car elle existe depuis plus longtemps et bénéficie d’un vrai championnat toute l’année. D’ailleurs, leur énergie, leur endurance et leur souplesse étonnent quand on les regarde s’entraîner ! Rebecca a construit l’équipe après avoir été malade et subi une chimiothérapie, et qu’on lui conseille donc de faire du sport. Mais pourquoi le foot ?

«Déja, le geste de taper dans la balle est très bon car il fait travailler tous vos muscles jusqu’à la hanche, c’est meilleur que d’aller marcher ! Ensuite, courir c’est très bon aussi. Et enfin, quand on joue on rigole, et rigoler détend le ventre et le cœur.»

Les Vakhegula vakhegula devant l’Arc de Triomphe. Photo : Léane Burtier

Quand on lui demande si c’est bien vu pour une femme de jouer au foot en Afrique du Sud, elle semble étonnée :

«Bien sûr c’est très développé, et les hommes ne disent plus rien ! Il reste encore des inégalités de salaires entre les joueurs et les joueuses, mais les femmes peuvent jouer sans souci.»

Photo : Oldyssey

Son prochain rêve serait de faire venir les Mamies Foot en Afrique du Sud, et de créer une Coupe du monde de seniors féminines. Prête pour le match, elle précise quand même qu’elles sont là surtout pour passer des moments inoubliables :

«L’essentiel c’est qu’on danse et chante ensemble, c’est tout ce qui compte !»

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