Sarah Vincent, freestyleuse – voir le football autrement

Chez Foot d’Elles, vous faire découvrir d’autres visions du football fait aussi partie de nos petits plaisirs et de notre mission. Cette fois-ci, rencontre avec Sarah Vincent, 20 ans, freestyleuse, qui a fait du terrain urbain son stade personnel.

D’abord footballeuse, puis Freestyleuse

Sarah est d’abord footballeuse, mordue depuis son enfance. Elle débute en club en 2015 mais ses études l’empêchent de poursuivre dans son club. Elle reprend en 2017, mais coup dur ou coup du destin – ou un peu des deux – un souci de santé important met un terme prématuré à sa carrière. Sa passion ne s’essouffle pas : elle troque alors les crampons et la pelouse pour des baskets et le béton. « Pas facile d’arrêter le football, c’est de là où est née ma passion pour le freestyle football. Je l’ai découvert avec des vidéos de Wass Frestyle, Mélody Donchet, mais aussi la team Foostyle. Je m’y suis pas intéressée davantage à ce moment-là. Mais avec l’arrêt de ma saison et mon avenir professionnel qui commence à se dessiner, je dois partir de la région. Le football était la discipline la plus importante à mes yeux, l’idée d’arrêter était terrible. Un ballon traînait toujours dans ma chambre et c’est là où j’ai commencé à m’entraîner. Je suis devenue accroc ! »

Le freestyle football, kézaco ? « C’est l’art d’effectuer des gestes techniques avec le ballon, un autre moyen d’exprimer sa créativité et sa technique. A l’heure actuelle, c’est considéré comme un sport mais aussi comme une pratique artistique. Toutes les parties du corps sont autorisées pour accomplir les gestes techniques avec le ballon. Il existe plusieurs catégories d’ailleurs. Lower, upper, sit dow, sit lower, ground. » Même si, avec l’explosion des réseaux sociaux, on a l’impression que c’est une discipline récente qui monte très vite, mais en réalité le freestyle s’inspire de l’univers du cirque en 1896 avec Enrico Rastelli, un des meilleurs jongleurs de tous les temps. Les grandes marques se sont emparées du freestyle football.

Du beau spectacle…

Parmi les vidéos les plus populaires, qui font le « buzz », nombreuses sont celles où l’on voit un freestyleur se mesurer aux meilleurs joueurs voire aux meilleures équipes. Et les résultats sont souvent surprenants et spectaculaires pour le profane. Si vous avez déjà été époustouflé par la façon dont un corps se tend, se plie et ploie dans l’effort, lors d’une frappe ou d’un goal kick, le freestyle saura vous séduire. Mais pour autant, est-ce vraiment pertinent de comparer le football classique avec le freestyle football ? Sarah nuance : « Ce sont deux sports qui sont très différents. Dans la structure, évidemment, par exemple il y a de plus en plus de professionnels qui vont travailler avec des marques, participer à des compétitions ou à des shows. Et aussi dans la pratique. » Certes, le football classique mise sur un savant équilibre entre l’endurance, le physique, le tactique et la technique. Le freestyle mise sur l’habileté, et une technique bien différente, puisque le but est différent. « Beaucoup de personnes estiment que le freestyle n’a rien à faire sur un terrain. C’est compréhensible sur les figures, mais le freestyle montre aussi qu’on peut faire différentes choses avec deux mêmes outils : le corps et le ballon. Pour moi, cette mise en relation est intéressante d’un point de vue médiatique et pour montrer aux footballeurs qu’on peut faire autre chose avec un ballon. »

… Mais aussi de la mixité !

Le football freestyle est en progression. Mais comme tous les sports, il est difficile de percer : « Même si c’est difficile d’en vivre et de devenir professionnel, il faut savoir créer les occasions et trouver son style. » Mais plus important, le freestyle est une discipline qui est déjà dans une optique de mixité. Un Wass Freestyle côtoiera sans problème une Indie Cowie – dont la technique a dépassé les frontières américaines – : l’important est l’élégance, la technique, la fluidité du geste… La performance pure, telle qu’on l’entend dans le football, est mise de côté et permet justement une plus grande féminisation et une meilleure médiatisation des freestyleuses. « Il y a pour l’instant plus d’hommes que de femmes qui sont professionnels, mais il y a aussi beaucoup de filles amatrices comme moi qui s’y mettent. La discipline va évoluer, grâce aux réseaux sociaux notamment et à l’engouement d’une pratique plus urbaine. » Parfois un peu plus solo que le football classique, mais il existe aussi des collectifs. « Et le soutien des freestyleurs entre les professionnels et les débutants est précieux. Il faut de la persévérance et de la motivation, commencer avec des figures basiques pour complexifier de plus en plus ses compétences. Et la discipline évoluera dans le bon sens. »

Merci à Sarah Vincent pour sa disponibilité ! Retrouvez-la sur Instagram : @sarah.freestyle__

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