Sarah M’Barek, la force de l’éducation

A la tête des féminines de Guingamp depuis cette saison, Sarah M’Barek est actuellement la seule femme à entraîner une équipe en D1 féminine… Bien plus qu’une coach, elle est une personnalité forte du football féminin français. Sur le terrain jusqu’en 2005 et sur les bancs de touche depuis 2007. Formatrice dans l’âme, avec une politique sportive axée sur la chance à donner aux plus jeunes, Sarah M’Barek est une femme qui aime donner et partager pour son sport.

« Je l’ai connue en 1985-1986. Je donnais des cours à l’école primaire de Joué-lès-Tours. Elle avait 7-8 ans. Elle était douée à l’époque. Elle m’avait scotché par son comportement. Déjà à l’époque, elle ne lâchait rien. En termes de pédagogie et d’engagement, c’était une période exceptionnelle. J’ai un regard admiratif sur le chemin qu’elle a fait ». C’est ainsi que Michel Rousseau, son premier éducateur parle de Sarah M’Barek. Au milieu des garçons, la jeune Sarah découvre alors le football en Touraine.

 

D’Orléans à La Roche en passant par Juvisy pour la terminer à Montpellier en 2005, Sarah M’Barek a une carrière sportive bien remplie, auréolée de deux titres de championne de France en 2004 et 2005 avec le club de Louis Nicollin. Entre 1997 et 2002, elle a porté le maillot de l’équipe de France à 21 reprises.

 

Du terrain au banc de touche, Sarah devient entraîneur de Montpellier en 2007, découvre la Ligue des Champions avec ses joueuses, se bat pour le haut du classement. Plusieurs fois finaliste de la Coupe de France, elle l’a remporte avec Montpellier en 2009, finissant 2e de D1 féminine la même année. Depuis cette saison, elle a rejoint l’Ouest de la France, la Bretagne, les Côtes d’Armor, Guingamp. Une équipe dirigée il y a encore trois saisons par Adolphe Ogouyon, l’un de ses formateurs.

 

Au milieu d’un univers masculin où il n’est pas aisé de faire sa place. Où les critiques ne laissent pas la place aux compétences. Dans un milieu où il faut toujours prouver. Justifier. Sarah est la seule femme entraîneur en D1 féminine cette saison. Seule aux côtés de ses homologues masculins. Elle ajoute : « Sincèrement c’est une fierté. En effet, c’est à la fois un honneur et une grande responsabilité que de représenter les femmes dans un tel métier ». Une femme d’engagement qui ne lâche jamais, qui continue toujours d’avancer, d’apprendre. « Il a fallu s’imposer et se faire respecter, faire comprendre aux gens que derrière ce petit sourire il y avait beaucoup de rage et l’envie de réussir dansce métier », poursuit-elle.

 

Derrière ce caractère de compétitrice, il y a aussi un grand cœur et ce talent naturel pour former les plus jeunes. Avoir Sarah M’Barek à la tête d’une équipe signifie donner leurs chances aux jeunes joueuses. Elle n’hésite pas à donner ou à s’engager pour les femmes et pour son sport. Elle est ainsi la marraine d’honneur de Floriane Piraud (ex-D1 Montpellier et ex-D2 St-Herblain).

 

Il y a aussi ces interventions dans les écoles pour la promotion de son sport, ce rôle d’éducatrice de football etde marraine des stages vacances VIVA Foot à Yssingeaux (43) en 2000.

 

« Ce sont mes première expériences, raconte Sarah M’Barek. Cela m’a permis de rester en contact avec les jeunes. Je pense avoir cette âme de formatrice. J’avais besoin de cela, je crois. J’en retire beaucoup de plaisir et de fierté. Voir des joueuses comme Lalia Dali ou Charlène Farrugia jouer en première division, des filles que je connais depuis longtemps. On m’a beaucoup aidée à mon époque. Plusieurs personnes, dont ma famille, ont été là pour moi. Je ne me suis pasforcée. J’ai toujours été une leader, j’ai souvent eu le brassard. J’ai beaucoup observé quand j’ai passé mes diplômes ».

 

Elle est de ces femmes qui peuvent faire changer le cours d’une vie ou d’une carrière. Par un conseil, une rencontre. Elle fait bouger son sport à sa façon. Un modèle de pugnacité et de générosité pour chacun et chacune.

 

 

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