Sabrina Viguier (ASSE) : « Pourquoi arrêter ? »

A bientôt 34 ans, Sabrina Viguier s’est lancée un challenge inédit en choisissant de rejoindre l’AS Saint-Etienne. Habituée aux premières parties de tableau, la défenseuse aux 92 sélections en Bleue tentera d’apporter son expérience et sa maturité à un groupe stéphanois luttant pour le maintien. Un ultime défi pour l’ancienne lyonnaise ? Pas si sûr…

 

 

Vous avez rejoint le club de Göteborg en mars dernier. Quels souvenirs garderez-vous de votre première saison en Suède et à l’étranger ?

Je ne vais en garder que des supers souvenirs, que ce soit sur le plan humain ou sportif. Ça m’a permis de découvrir un autre football, mais aussi de nouvelles mentalités. C’était vraiment très enrichissant. Si j’avais été plus jeune, j’aurais certainement tenté d’autres expériences similaires dans différents endroits (Rires).

Pour quelle raison avez-vous choisi de quitter la Suède ?

La saison ne reprend qu’en avril, mais je devais retourner en Suède dès le mois de décembre pour m’entraîner. J’avais proposé de revenir un peu plus tard, mais ce n’était pas évident pour le club. Au final, je ne voulais pas retourner en Suède en décembre pour ne jouer que quatre mois plus tard en avril.

C’est finalement à Saint-Etienne que vous avez décidé de poursuive votre carrière. Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Mon contrat avec Göteborg s’est terminé fin novembre. J’ai eu plusieurs propositions, mais c’est celle de Saint-Etienne qui m’a le plus attirée. Le club a de vraies ambitions et compte bien se maintenir en D1. Ce sera un nouveau challenge pour moi, puisque je n’ai jamais joué le maintien. (En 15 saisons de D1 avec Toulouse, Montpellier et Lyon, Sabrina Viguier n’a jamais terminé une saison en dessous de la 5e place – NDLR). C’est une bonne source de motivation. J’arrive dans un groupe jeune, à qui je vais pouvoir apporter mon expérience. Je ne suis pas le Messie non plus, mais je vais faire de mon mieux comme dans chaque club où je suis passée.

 

Si l’on réduit l’arrivée de Sabrina Viguier à Saint-Etienne à un simple apport d’expérience, fait-on fausse route selon-vous ?

C’est quand même une grosse partie (Rires). Plus sérieusement, l’expérience englobe beaucoup de choses. C’est le vécu, la gestion de certaines situations sur le terrain, la gestion des efforts physiques, etc. Je vais aussi essayer d’apporter ma maturité pour faire grandir un groupe relativement jeune. En tant que footballeuse, je souhaite avant tout apporter mes qualités défensives à l’équipe.

 

Lorsque vous avez quitté Lyon en mars dernier, saviez-vous que vous reviendriez jouer en France ?

Absolument pas ! A vrai dire, je ne sais jamais réellement ce que je vais faire (Rires) ! Je vais y aller étape par étape, surtout à mon âge.

« Lorsque l’on a été à Lyon, on prend rarement la destination de Saint-Etienne »… Patrice Lair, votre ancien entraîneur à Lyon, s’est dit surpris pas votre choix de rejoindre l’ASSE, comme en témoigne cette phrase prononcée sur le plateau de « Femmes 2 Foot » lundi dernier. Qu’avez-vous à répondre à ça ?

Je ne fais pas mes choix en fonction des personnes qui vont commenter par la suite. Je les fais en fonction de moi et des personnes qui me sont proches. Il faut arrêter avec la rivalité Lyon – Saint-Etienne. De nombreuses joueuses et supporters lyonnais m’ont confortée dans mon choix de rejoindre l’ASSE, et ils n’ont aucune rancœur par rapport à ça. J’aime le football avant tout, et jouer reste ma priorité. D’autant plus que je ne suis pas née à Lyon, donc je ne me suis pas posée la question d’une éventuelle « trahison ».

 

 

Vous n’êtes pas née à Lyon mais à Rodez, club dans lequel vous n’avez jamais évolué. Pensez-vous porter les couleurs du RAF un jour ?

Je n’y ai jamais pensé jusqu’à présent, donc autant dire que ce n’est pas prévu. On ne sait jamais ce qui peut se passer, mais pour l’heure, ce n’est pas envisageable.

Difficile pour vous donc d’affirmer aujourd’hui que Saint-Etienne sera votre dernier club ?

Effectivement ! Je voulais déjà arrêter en 2010 après mon passage à Montpellier, c’est pour dire (Rires) ! Finalement je suis partie à Lyon et ca a été une formidable expérience, puis rebelote à Göteborg la saison dernière ! La retraite, j’y pense, mais tant que je peux évoluer à un bon niveau tout en prenant du plaisir, pourquoi arrêter ? C’est très français de penser qu’à 30 ans, les athlètes sont bons pour la retraite. En Suède, j’ai vu de très bonnes joueuses de plus de 35 ans. L’essentiel, c’est d’aimer ce qu’on fait et de se donner à fond.

 

 

Crédits photos: ASSE / Lud’Outdoor Photography