Reims réécrit son histoire

Club pionnier du championnat féminin, le Stade de Reims a assuré dimanche sa montée en Division 1. Avec un groupe très jeune, les Rouges et Blanches peuvent croire en un bel avenir.

« Une saison D1ngue ». Dimanche, les joueuses du Stade de Reims ont enfin pu sortir les tee-shirts préparés depuis un moment pour l’attendue montée en D1. Malgré une défaite face à Orléans (1-3), la première de leur saison, les voilà assurées d’évoluer l’an prochain parmi l’élite nationale. A trois journées du terme, avec 10 points d’avance sur leurs dauphines de l’US Saint-Malo tenues en échec dimanche par La Roche-sur-Yon (0-0), les Champenoises ne peuvent en effet plus être rejointes. Logique récompense pour l’équipe dirigée par Amandine Miquel quasi intouchable tout au long de la saison avec aujourd’hui un bilan de 16 victoires, 3 nuls, 1 défaite, 63 buts marqués et seulement 13 encaissés.

Ancienne joueuse de Chelsea, arrivée à la tête des Rouge et Blanches en janvier 2017 alors que les Marnaises pointaient à une anonyme 9e place en D2, Amandine Miquel savoure. « Malgré la défaite de ce dimanche, nous avons fêté cette montée comme il le fallait, confie-t-elle. La montée était notre souhait pour cette saison de Coupe du monde. Nous avions terminé deuxième l’an dernier et avec l’effectif de cette saison, c’était l’objectif défini par le club qui souhaitait replacer les féminines au haut niveau. Maintenant, c’est bien de monter en D1, mais il faudra y rester. L’effectif est jeune mais beaucoup de joueuses sont déjà internationales dans des sélections jeunes ou à l’étranger (Melissa Gomes avec le Portugal, Mélissa Herrera avec le Costa Rica, Phallon Tullis-Joyce avec les États-Unis, Giorgia Spinelli avec l’Italie, Tanya Romanenko avec l’Ukraine). Sur le groupe de 22, je ne dois en avoir que 3 qui ne sont pas internationales. Cette jeunesse est un peu à double tranchant. Elle va nous permettre d’avoir notre noyau dur pour la saison en D1. Mais en revanche, il y a encore un manque de maturité comme on l’a vu ce dimanche où les filles sont un peu sorties de leur match avec les médias et le public plus nombreux que d’ordinaire. »

Contrairement à certains clubs professionnels où la section féminine vit loin du groupe pro masculin, le Stade de Reims féminin est parfaitement intégré. « David Guion (entraîneur de l’équipe masculine de Ligue 1 actuellement en course pour une place européenne) était là hier pour le match, il est revenu ce matin me féliciter pour la montée, raconte la coach. Les pros, les féminines, le centre de formation sont réunis dans un même lieu. Nous sommes un club où tout le monde est très proche. »

Cinq fois championnes de France

Un club historique aussi tant chez les garçons (notamment deux finales de Coupe d’Europe en 1956 et 1959 et 6 titres de Champion de France entre 1949 et 1962) que chez les filles. « Les grands clubs ne meurent jamais » entend-on souvent dans le monde du foot dès qu’un club à la riche histoire revient sur le devant de la scène. Si cet adage n’a pas toujours lieu d’être, la liste des grands clubs du passé aujourd’hui relégués dans les tréfonds d’obscures championnats régionaux étant particulièrement longues, il colle pourtant parfaitement au Stade de Reims féminin.

Le stade de Reims et le foot au féminin sont en effet intimement liés. C’est dans la sous-préfecture de la Marne, qu’au début des années 70, la pratique féminine a revu le jour. A l’initiative de Pierre Geoffroy, journaliste du quotidien régional L’Union, une équipe est alors née. Avec quelques autres clubs français, notamment en Alsace, elle a inspiré de nombreuses femmes. Ainsi fut créé en 1974 le premier Championnat de France composé de 16 équipes (VGA Saint-Maur, Stade de Reims, FC Rouen, US Fourmies, FC Metz, FC Vendenheim, AS Valentigney, ESF Vitry, AS Romagnat, Caluire, Cannes-Bocca Olympique, AFR Cavaillon, AS Orléans, Bergerac, Limoges et Challans). Quelques mois plus tard, les Rémoises devenaient les premières championnes de France de « l’ère moderne » à l’issue d’une finale remportée 5-0 face à l’AS Orléans. Les Marnaises, dont la plupart des joueuses composaient également l’équipe de France, remporteront quatre autres titres en 1976, 1977, 1980 et 1982. Elles se contenteront du statut de finalistes en 1978, 1979 et 1980, battues dans chacune de ces trois finales par les Nordistes de l’AS Etroeungt. Viendra ensuite une période plus anonyme jusqu’à une première relégation en 1986. La liquidation judiciaire du club en 1992 marquera la fin de la section féminine du Stade Reims. Il faudra attendre 2014 pour retrouver une équipe féminine sous le maillot floqué du Stade de Reims. Une première montée en Division 2 en 2016, puis, l’apothéose cette saison avec ce retour en Division 1.  

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