Petite finale : ENG – SWE (1-2) : subir n’est pas perdre

Sous un soleil de plomb, à Nice, les malheureuses des demi-finales se sont affrontées pour la troisième place, ce baroud d’honneur amer et pourtant si important. Pour celles qui ne reviendront plus, pour les petites nouvelles et pour celles qui ont tout à prouver. 

Robert Cianflone/Getty Images

La première période est intense et tourne à la faveur des Suédoises : oubliées les déconvenues des demi-finales, oubliés les gants jetés au sol rageusement par Lindahl, l’amertume de la défaite contre les Américaines, mises de côté les jambes gourdes d’avoir tout donné pendant 120 minutes pour certaines. Cette Petite Finale, il faudra aller la chercher. Et les Suédoises profitent des erreurs défensives Anglaises pour ouvrir le score dès la 11e minute, avec l’opportunisme d’Asllani, évacuée au dernier match, complètement KO. Belle revanche pour l’ancienne Parisienne ! Sur une belle action collective, c’est la Montpelliéraine Jakobsson qui parvient à tromper Telford et enfonce le clou. 

Tout s’enchaîne très vite et le vent tourne : après tout, marquer deux buts à l’entame ne garantit pas une domination sur l’entièreté du match et les Anglaises ont le temps de se rassembler. C’est d’ailleurs ce qu’elles font : inspirée, Scott vient dribbler deux joueuses scandinaves et vient servir Fran Kirby, qui marque d’un magnifique poteau entrant, à la 31e. Ellen White, l’héroïne des Lionesses, leur redonne espoir avant la pause, mais la VAR n’aura décidément pas dit son dernier mot de la compétition et leur coupe l’herbe sous le pied : la main de White est suffisante pour lui retirer son but héroïque. Tout est à refaire et le moral Anglais en prend un coup. La pause leur sera cependant bénéfique : la Suède perd son mojo, Lindahl vient égayer le match avec des sorties maladroites qui donneront des sueurs froides aux fans Suédois et les Anglaises reprennent le dessus. 

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : avec 62% de possession et 81% de précision de passes, l’Angleterre est bien au-dessus des Suédoises, qui sont bien à la peine. Tout se joue sur le fil du rasoir : défense fébrile, relances aléatoires et interventions mitigées de Lindahl, on ne peut pas dire que les Suédoises « méritent » de gagner. Mais s’il y a bien quelque chose que le football nous apprend, c’est que le mérite n’a rien à voir avec la victoire. Au bout de 94 minutes, ni les efforts de White, ni ceux de Karen Carney, qui tire sa révérence du football international après ce match, et qui pourtant a le jus qu’il faut pour enfin libérer la nation de Sa Majesté, n’y feront quelque chose : après une formidable campagne mondiale, les Anglaises se rendent face à un jeu scandinave défensif somme toute classique : les corps sont éprouvés, le moral n’y est plus, la chance et la finition  Plus d’amertume que de regret pour les Anglaises qui repartent donc bredouille. 

Les mots de la sagesse viendront de la jeune retraitée Carney : « il y a quelque chose en moi qui est content qu’on n’ait pas gagné : si on doit jouer aux JO et à l’Euro, il faut que l’on ait cette flamme, cette dalle. Je suis déçue, j’aurais aimé que l’équipe gagne, et c’est contradictoire, je sais. C’est juste dur, je ne suis pas certaine de ce que je ressens, encore. » 

Les Suédoises de leur côté remportent leur pari : depuis 1991, elles ont joué 3 finales et petites finales et elles ont toujours remporté une médaille. 2019 ne fera pas exception. Rendez-vous demain pour la grande finale, qui s’annonce palpitante, entre les USA et les Pays-Bas.

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