Nicolas Bach, le globe-trotter

A seulement 32 ans, Nicolas Bach a déjà un vécu dans le monde du football. Un univers qu’il découvre tardivement à l’adolescence, lors du championnat d’Europe des nations 1996. Natif de l’archipel du Vanuatu situé en pleine Mer de Corail, le futur entraîneur de Rodez, alors âgé de 18 ans, quitte subitement l’Océanie. Sa future destination ? La France, où il compte bien vivre de sa passion pour le ballon rond.

 

 

 

Le football n’est pas toujours une histoire de famille. Sa passion pour le ballon rond, Nicolas Bach ne la tient de personne. Né en août 1982 au Vanuatu, petite île située à proximité de la Nouvelle-Calédonie où il grandira par la suite, Nicolas se passionne tardivement pour le football, sport populaire mais très peu développé là où il grandit. C’est le championnat d’Europe des nations 1996 en Angleterre qui fait office de déclic. Le jeune garçon de 13 ans tombe immédiatement amoureux de la discipline, et commence à écourter ses nuits pour elle. « Avec le décalage horaire par rapport à l’Europe, je me levais à 5 ou 6 heures du matin pour pouvoir regarder les matches de championnat ou de Ligue des Champions à la télé », se souvient Nicolas Bach. Un vrai coup de foudre.

Le management dans le sang

« Hormis ma mère, les autres membres de ma famille ne suivaient pas trop le foot », se remémore Nicolas Bach. « Mais, malgré la distance qui nous séparait, ils m’ont toujours soutenu et accompagné dans mon projet. Sans eux, je n’en serais pas là ». A 18 ans, son baccalauréat scientifique en poche, le futur entraîneur quitte la Nouvelle-Calédonie en 2000, direction la France et la ville de Gap dans les Hautes-Alpes. Là, le temps d’un semestre, il prend en charge l’équipe de l’université où il commence ses études supérieures, avec l’optique de devenir coach. Manager et encadrer des jeunes, Nicolas Bach a toujours eu ça dans le sang. « C’est quelque chose qui m’a toujours plu », confesse l’actuel entraîneur de Rodez. « Je n’avais pas le niveau pour devenir joueur, mais comme le foot était ma passion, je voulais à tout prix travailler dans ce milieu. Si j’avais pu embrasser une carrière de footballeur, j’aurais certainement souhaité devenir coach par la suite ».

La parenthèse gapençaise ne dure que deux années. L’aventure se poursuit à Grenoble où le jeune homme fait ses gammes. Il obtient sa licence, puis son master STAPS en 2005, le tout couronné d’un DU de préparateur physique (Diplôme Universitaire – NDLR). Notre coach en herbe s’occupe dans un premier temps des jeunes pousses âgées de 13 à 17 ans, issues de Grenoble et de sa banlieue.
Nous voici en 2007, l’apprenti technicien obtient son BEES 1er degré (Brevet d’Etat d’Educateur Sportif – NDLR) et opte pour un retour aux sources. Huit ans après son arrivée à Gap, il quitte Grenoble en 2008 pour retrouver ses terres calédoniennes. Il y entraîne les sélections jeunes (14 et 17 ans), et occupe le poste d’entraîneur-adjoint et de préparateur physique de l’équipe A et des 20 ans. « Durant cette période j’ai beaucoup appris auprès de Didier Chambaron, et j’ai eu la chance d’agir un peu sur le développement du football chez moi ». Malheureusement, l’aventure ne dure que deux ans. Nicolas Bach quitte la Nouvelle-Calédonie pour des raisons extra-professionnelles et pose à nouveau ses bagages en France.

Avril 2010 : Technicien prometteur cherche un job dans le milieu du foot !

Un juste retour des choses

En dépit de ses diplômes, Nicolas peine à trouver un nouveau club ; c’est finalement dans l’Isère, au Claix Football, qu’il atterrit. Une aventure de trois ans, une première avec une équipe féminine. « Je ne regrette pas du tout mon choix », souligne l’intéressé. J’ai toujours dit que j’étais passionné par le football, peu importe qu’il soit pratiqué par des filles ou des garçons ». Il découvre alors un milieu avec moins de préjugés et plus propice à son développement personnel. Nicolas Bach apprend, progresse et se fait un nom, si bien qu’après trois saisons passées dans l’Isère, il découvre le club de Rodez à l’aube de la saison 2013-2014 de D1 féminine. « Je dois beaucoup au club de Claix. Là-bas, les gens m’ont soutenu et m’ont fait confiance. Ensemble, je pense que nous avons réussi à faire avancer le football féminin en Isère ».

« Il y a une équipe masculine de haut niveau à Rodez, ce qu’il n’y avait pas à Claix. C’est un avantage selon moi », précise l’actuel technicien ruthénois. « J’ai encore progressé au RAF, que ce soit au niveau de la gestion d’un groupe ou de la préparation à l’approche d’une compétition ». Ambitieux, Nicolas Bach rêverait d’intégrer le staff d’une équipe professionnelle. Entraîneur, préparateur physique, directeur sportif… Le néo-ruthénois ne ferme aucune porte. Son DEF (Diplôme d’Entraîneur de Football – NDLR), obtenu en 2012, pourrait en revanche lui en ouvrir quelques unes. « Féminin ou masculin, peu m’importe. Je souhaite juste pouvoir obtenir plus de moyens et développer un projet solide autour d‘une équipe, d’un club ». S’il ne sait pas encore de quoi sera fait son avenir, notre globe-trotter de 32 ans n’exclut pas un retour en Nouvelle-Calédonie pour développer le football. Un sport qui lui a tant apporté, auquel il souhaite rendre la pareille.

 

 

 

 

 

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