Mélina Boetti (Eurosport) « PSG /OL et après ?»

Vous l’avez découverte aux commentaires lors de la Coupe du Monde féminine U20 l’été dernier sur Eurosport. Depuis septembre, Mélina Boetti est l’une des chroniqueuses de Femmes 2 Foot. Mais qui se cache derrière cette belle plume ? Foot d’Elles vous invite à découvrir l’un des nouveaux visages du football féminin français.

 

 

« Je suis Mélina Boetti, je suis journaliste pour Eurosport où j’interviens sur Femmes 2 Foot. Après avoir commenté quelques matchs lors de la Coupe du Monde U20, on m’a proposé de rejoindre l’équipe autour de Romain Balland et j’ai accepté.
Avant ça, j’ai travaillé au service des sports chez France Télévision via un contrat de professionnalisation en partenariat avec l’ESJ. Eurosport est une chaîne où j’ai envie de m’investir. Il y a une très bonne dynamique, le sport féminin y a une place d’honneur et plus particulièrement, le football féminin. Ça tombe plutôt bien, c’est ma spécialité, étant moi-même une footballeuse depuis ma plus tendre enfance. »

 

« J’ai commencé à jouer en équipe mixte, comme beaucoup de filles de ma génération, et ce, jusqu’à l’âge limite. Comme je suis originaire d’un petit village où il n’y avait pas d’équipe féminine, j’ai dû arrêter quelques années. Je m’y suis remise lorsque j’ai commencé mes études à Marseille, avec le Celtic Marseille où j’ai joué une année en National 1 A (ancienne D1 féminine). À l’époque, j’occupais le poste de milieu offensif, Je préférais jouer milieu offensif voire 9 1/2 et distiller les bons ballons plutôt que 9. J’avais trop le bati-bati devant le but pour être une pure attaquante ! ».

 

 

De la radio à la télé 

« À la base, je ne me destinais pas au journalisme, mais à une carrière dans l’enseignement sportif. Après avoir tenté ma chance en tant que professeur des écoles, j’ai vu éclore toute cette génération de femmes journalistes sportives, Nathalie Iannetta, Isabelle Ithurburu… Je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? ». Dans l’idée, j’avais plus envisagé d’être consultante puisque j’avais les connaissances, le vécu, le terrain. J’ai commencé à la radio, sur le 10 Radio, où j’intervenais avec Daniel Bravo lors du show Talons Vissés. Lorsque j’en ai eu l’opportunité, j’ai repris mes études durant deux ans en alternance, pour valider mon expérience ».

 

« Lorsque j’ai commenté la Coupe du Monde U20 pour Eurosport, ça a été une bonne expérience, mais surtout une grande nouveauté. Fort heureusement, j’ai été très bien entourée. Rapidement, je me suis rendu compte que les téléspectateurs n’étaient pas habitués à entendre une commentatrice. Par exemple, pour décrire la même action, les termes employés ne sont pas les mêmes lorsqu’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Corinne Diacre nous l’a confirmé lors de sa venue sur le plateau de Femmes 2 Foot ; ce n’est pas forcement le discours que l’on entend régulièrement lors des matchs de Ligue 1 par exemple. Cela dit, je pense que les supporters vont s’y habituer et donner une chance aux commentatrices « .

 

« Mon rôle sur Femmes 2 Foot, c’est déjà de porter la chronique de la lettre à l’attention de l’invitée sur le plateau. C’est un exercice d’écriture difficile, qui demande de l’idée dans le montage, mais j’aime beaucoup le côté un peu « Édito ». Cela m’a permis, par exemple, de participer à l’hommage aux victimes de Charlie Hebdo. Nous discutons beaucoup avec Romain Balland et Erwan Geloen avant l’émission, pour que cette rubrique ait son importance. Le débat est un peu plus compliqué à mettre en place, mais ça me permet de grandir, de préparer la suite de mon aventure. Le duplex avec le reste de l’équipe dans mon dos, ce n’était pas évident… Le faire en plateau lui donne une autre résonance. Pour le moment, il n’y a pas de reportage prévu au cœur du foot féminin, mais c’est quelque chose qui me plairait beaucoup ! En plus, avoir plus d’images terrain, ce serait bien ».

 

En route pour le Canada

« Pour le moment, Eurosport n’a pas dévoilé son dispositif pour habiller cette Coupe du Monde au Canada. Il y aura énormément de matches commentés, mais pas seulement… Une chose est sûre, je ferai partie de l’aventure ! D’après ce que j’ai compris, je risque d’être pas mal prise durant le mois de juin ».

 

 

« Depuis la Coupe du Monde 2011, on peut imaginer qu’il y a un lien de cause à effet entre les performances de l’équipe de France et celles des équipes de D1. C’est grâce à certaines joueuses qui font parler d’elles dans les médias et qui, sur la pelouse, montrent un beau football, et qu’il y a de plus en plus de Français qui s’y intéressent. Les bons résultats attirent l’intérêt médiatique, cela permet à l’ensemble des acteurs et actrices d’en profiter pour évoluer vers le mieux. En réalisant un exploit au Canada, les Bleues pourraient aider tout le football féminin à trouver son public ».

 

 

« Il y a moins d’attentes et moins de pression sur la tête des Bleues. Le changement de sélectionneur y est pour beaucoup. C’est un homme beaucoup plus discret et protecteur avec ses joueuses. Certaines joueuses ont déjà vécu cette compétition (CDM) et l’aborderont avec plus de professionnalisme. Les jeunes joueuses sont un peu plus insouciantes, elles pourraient apporter le zeste de folie qui nous a parfois manqué. C’est une équipe qui a toutes ses chances ! Après, ça reste une Coupe du Monde, il y a de sacrées concurrentes ; le tournoi de l’Algarve nous donnera un meilleur aperçu ».

 

Une idée pour la D1

« Je dirai que je suis pour un système de play-off pour dynamiser le championnat, comme ça se fait au rugby, et qui permet de redistribuer les cartes. Il faudrait un peu plus de suspense quant à l’issue finale du championnat. Le 21/02, il y aura PSG/OL, et après ? Il restera la Coupe de France, mais on connaît déjà plus ou moins le carré final sauf surprise. Les reports en semaine mettent les plus petits clubs dans des situations sportives difficiles… Je me mets à la place d’une des joueuses, au bout d’un moment, c’est le moral qui est entamé et ça tue la compétitivité. Pour en revenir au rugby, la mise en place de bonus offensif ou défensif pourrait aider. On décrit beaucoup les coachs  qui mettent en place des défenses à 10, mais ça reste une stratégie tactique comme les autres… Ce n’est pas remettre en cause les principes du football, cela motiverait et éviterait peut être à des équipes promues, comme Metz cette saison, de prendre 15 buts contre l’OL pour 90′ d’enfer ! »

 

« En dehors du mécénat des clubs masculins pour accompagner leurs sections féminines, qu’est-ce qui est envisageable pour les aider ? Un meilleur accompagnement des promus, qui souvent découvre la D1 au fur et à l’usure. La FFF mène une action pour faire évoluer les choses, on voit les premiers résultats, ça ne peut qu’aller de mieux en mieux. Même si on a l’impression que ça ne va pas assez vite, c’est beaucoup de travail ! L’augmentation du nombre de licenciées le confirme, aujourd’hui ambitionner une carrière dans le football, c’est possible pour les garçons et les filles. »