Maryse Ewanjé-Epée, la voix de la performance

Ancienne athlète de haut niveau, Maryse Ewanjé-Epée est particulièrement bien placée pour parler du sport féminin. Intervenante spécialisée, commentatrice sportive, elle est présente sur les ondes de RMC depuis une dizaine d’années. Autant de temps à faire valoir l’intérêt des performances dans les sports pratiqués par les femmes.

 

 

« Je n’ai pas l’impression de favoriser quoique ce soit, ni d’être particulièrement engagée. Ce que je fais me parait juste naturel. Parler du sport féminin est naturel». Le parcours de Maryse Ewanjé-Epée semble construit autour de cette déclaration. Passionnée de Sport avec un grand S, elle rejette les cases et les clichés. Pour elle, il n’y a que des sportifs. Masculin, féminin, individuel, collectif, handicapé, valide. Maryse Ewanjé-Epée dépasse tout cela.

 

« On range souvent le sport féminin dans une case, celle de l’ « inintéressant ». C’est une vision du siècle dernier. On croit que les filles font du sport avant tout pour s’occuper, pour passer le temps et on ne les considère pas comme des sportives de haut niveau ».

 

Une vision façonnée depuis son adolescence. Notamment par « La fabuleuse histoire de l’athlétisme », un livre de Robert Parienté et Alain Billloin, offert par son entraîneur lorsqu’elle était âgée de 16 ans. « Je ne me suis jamais posé la question de savoir ce qui était le plus intéressant entre les hommes et les femmes », affirme la multiple championne de France du saut en hauteur. « L’histoire d’Ulrike Meyfarth me fascinait autant que celle de Jesse Owens. Quand j’ai choisi de faire ce métier, je me suis dit que j’essaierai toujours de raconter des histoires ».

 

C’est aussi ce qui explique sa vocation naturelle pour le journalisme, qu’elle a commencé à pratiquer bien avant sa retraite sportive. Depuis dix ans, elle s’acharne à défendre sa vision du sport sur les ondes de RMC. C’est particulièrement vrai depuis 2007 et l’apparition du Moscato Show. Dans cette émission populaire présentée par l’ex-rugbyman Vincent Moscato, elle tient bon face aux assauts de ses collègues mâles lorsqu’il s’agit d’évoquer certains sports féminins : « il s’y est fait une espèce de jeu où je défends systématiquement le sport féminin et eux me rentrent dedans, plus par jeu qu’autre chose. J’essaie d’en parler en permanence. Je suis parfois contrée, mais au moins, je suis entendue ».

 

Voix féminine majeure dans l’Hexagone pour son investissement à l’antenne, mais aussi pour son activité importante sur les réseaux sociaux, elle a naturellement été contactée pour assurer la présentation des États généraux du sport féminin en équipe à Bourges en mai dernier. « Ce que je fais est totalement naturel. M’enthousiasmer, écrire, ou tweeter sur le sport féminin, je le fais parce que ça m’éclate. C’est la même chose pour le handicap. Je le fais quand je trouve qu’une performance est extraordinaire. Je suis avant tout intéressée par le côté sportif. Quand j’ai mis en avant les footballeuses durant leur aventure en 2011, c’est surtout parce que j’ai pris du plaisir à regarder leurs matches ».

 

Pour Maryse, la performance et l’effort demeurent d’ailleurs la meilleure manière d’aborder le sport féminin : « j’estime que quand les footballeuses ou les handballeuses sont qualifiées pour une phase finale de Coupe du monde, on doit en parler, les médiatiser, les mettre à l’antenne […] ».

 

 

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