Marion Torrent : « L’Equipe de France, j’y crois encore »

A seulement 22 ans, Marion Torrent est l’une des cadres de l’équipe de Montpellier. Formée au MHSC, la latérale droite, au club depuis 11 ans, nous fait part de ses impressions concernant le début de saison de sa formation. L’internationale tricolore espoir s’est aussi confiée sur le choc à venir face au PSG en championnat, avant d’évoquer l’Equipe de France A, présente dans un coin de sa tête…

 

 

Comment juges-tu le début de saison du Montpellier Hérault Sport Club ?

Nous avons plutôt bien débuté avec une victoire à Issy (1-3) suivie d’une autre à domicile contre Albi (3-0). En ce qui concerne le match contre Lyon, nous avons voulu simplement produire du beau jeu. Le résultat final nous prouve qu’il faut continuer de travailler ensemble. Le club a vu arriver et partir beaucoup de joueuses, donc il faut le temps que la machine se mette en route.

Qu’ont apporté les nouvelles joueuses arrivées au MHSC cette saison ?

Beaucoup d’expérience et de professionnalisme. Ce sont en majorité des joueuses internationales qui ont rejoint le club, ce qui est un vrai plus. Nous sommes une équipe relativement jeune, leur apport est donc vraiment précieux. On sent qu’elles aiment le football, ce sont des filles qui tirent un groupe vers le haut. Pour couronner le tout, elles sont vraiment très sympas, donc c’est parfait ! Je pense que c’est le meilleur mercato du club depuis bien longtemps.

Tu évolues en défense au même titre que Linda Sembrant, arrivée cet été à Montpellier. Que peux-tu nous dire sur cette joueuse ?

C’est une patronne en défense. Pour le moment, nous avons encore un peu de mal à nous comprendre du fait de la barrière de la langue, mais elle est très précieuse ne serait-ce que tactiquement. Sur les coups de pied arrêtés, c’est elle qui nous guide en nous disant qui prendre au marquage. Ces conseils sur les phases défensives sont très justes et ils nous permettent de progresser. Avant, personne ne prenait vraiment la parole, mais désormais, c’est Linda qui joue ce rôle de patronne en défense.

 

Montpellier a fait un gros recrutement mais les résultats ne sont pas forcément des plus convaincants pour le moment. Vois-tu cela comme quelque chose d’inquiétant ?

Nous avons tout de même bien démarré en battant Issy et Albi. Certes, ces deux équipes étaient des promus, mais le niveau du championnat se resserre tellement qu’on ne peut plus se permettre de faire tourner son effectif contre un promu. Juvisy s’est imposé 3-1 contre Issy, comme nous, cela prouve bien qu’il n’y a plus vraiment de petites équipes. Le niveau de la D1 va se resserrer de plus en plus . Il y aura toujours la « machine de guerre » lyonnaise avec le PSG qui essaiera de s’en rapprocher, mais derrière, le niveau devrait s’équilibrer.

Quels sont les objectifs de Montpellier cette saison ?

Nous souhaitons terminer dans les trois premières et réaliser un bon parcours en Coupe de France, une compétition qui nous tient vraiment à cœur.

Comment a été vécue la lourde défaite contre Lyon la semaine dernière (4-0) ?

Nous avons visionné le match après la défaite pour voir ce qui n’avait pas été et ainsi corriger nos erreurs. Il est vrai que nous ne sommes pas partis à Lyon en nous disant qu’il fallait absolument l’emporter. C’est une équipe rodée, tout ce que les Lyonnaises font sur le terrain semble si naturel… Il y a énormément d’internationales à l’OL, c’était un peu l’Equipe de France contre Montpellier au final (Rires). De notre côté, nous devons encore travailler tactiquement, nos mouvements, la communication, etc. Il ne faut pas se voiler la face, nous avons encore du boulot et du chemin à parcourir pour être au niveau des toutes meilleures équipes.

Montpellier reçoit Paris samedi en ouverture de la 4e journée de D1. Comment aborderez-vous cette rencontre ?

Nous souhaitons vraiment faire un résultat. J’espère que nous aurons appris de nos erreurs contre Lyon. Nous ne baisserons pas les bras, c’est certain. Le match de samedi sera un bon indicateur pour voir où nous en sommes par rapport au PSG. Quoi qu’il arrive, nous ne serons pas démobilisées en cas de défaite. Le championnat ne fait que commencer.

 

Comment expliques-tu que Montpellier n’ait plus gagné contre Lyon, Paris ou Juvisy depuis plus de deux saisons ? (La dernière victoire remonte au 2 juin 2012 face au PSG NDLR)

Au fil des saisons, j’ai l’impression que notre équipe est devenue de plus en plus jeune. Nous avons toujours appréhendé ces chocs de D1. Nous avions peur de jouer, de toucher le ballon… Chaque année, de nouvelles joueuses arrivent. Il y a un côté positif comme nous l’avons évoqué précédemment, mais du coup, nous ne nous connaissons pas vraiment. Sur le terrain, nous n’avons pas forcément les automatismes que nous pouvons retrouver à l’OL par exemple. Il y a pas mal d’internationales à Montpellier, qui n’étaient pas là lors de la préparation estivale. Par conséquent, ce n’est pas évident pour apprendre à se connaître. Bien que cette saison, je trouve que le groupe montpelliérain vit vraiment bien ensemble. Nous avons les moyens de faire quelque chose cette année.

A titre personnel, tu as connu toutes les sélections jeunes de l’Equipe de France, ainsi que l’équipe B plus récemment. Que te manque-t-il pour atteindre l’équipe première, d’après toi ?

Il faut que je fasse des progrès au niveau de la relance. Je dois m’appliquer à relancer proprement pour éviter les pertes de balle. Je pense que j’ai aussi des progrès à faire au niveau de l’apport offensif. Je dois me fixer des objectifs personnels à chaque match, comme par exemple éviter de perdre plus de trois ballons par rencontre. Atteindre le plus haut niveau demande d’être exigeant envers soi-même, et je le suis. L’Equipe de France A, j’y crois encore. C’est l’un de mes objectifs.

 

 

Crédit photo: Giovani Pablo