Lutte contre l’homophobie en Premier League : oui, mais non…

Le 21 septembre 2013, une journée de Premier League comme les autres ? Pas tout à fait. C’est ce jour-là qu’avait lieu une opération spéciale de lutte contre l’homophobie. Que presque tous les joueurs et clubs anglais ont snobée… pour des motifs en partie légitimes.

Seul le club d’Everton a officiellement demandé à ses joueurs de chausser des lacets aux couleurs arc-en-ciel de la lutte contre l’homophobie et la transphobie (discrimination à l’encontre des personnes lesbiennes, gay et transsexuelles).

Et seules quelques vedettes du ballon rond auront fait l’effort d’arborer ces lacets multicolores. À commencer par l’ancien avant-centre Gary Lineker dans les gradins, ou encore par l’entraîneur de Newcastle Alan Pardew et par quelques joueurs ici où là, comme Leroy Fer et Russell Martin, tous deux sociétaires de Norwich. Leur club ne soutenait pourtant pas l’initiative et certains de leurs homologues, notamment Chelsea se sont fendus d’un communiqué dénonçant l’opération.



Le Français Olivier Giroud a soutenu l’initiative

Un bookmaker perd son pari contre l’homophobie

Même les instances de Premier League ont botté en touche : « Nous n’avons pas été consultés sur cette campagne-là. » Pourtant, tous se disent engagés dans la lutte contre l’homophobie. Alors pourquoi pas dans l’opération lacets arc-en-ciel ? À cause d’un malaise que le club de Chelsea résume en une phrase : « Nous soutenons entièrement les principes derrière [cette cause] mais elle nous pose un certain nombre de problèmes dans sa forme actuelle, entre autres le manque de concertation et l’aspect commercial. »



Large campagne de communication soutenue par Joey Barton notamment

Commercial, le mot est lâché. Les lacets étaient certes livrés sans nom de marque, mais l’opération, organisée en partenariat avec une association de lutte contre l’homophobie (Stonewall), était parrainée par la société de paris sportifs Paddy Power. Si les joueurs et leurs clubs y ont vu une opération commerciale, c’est aussi et surtout parce qu’ils ont profité de cette opération pour vider un contentieux avec Paddy Power. La dernière campagne d’affichage du bookmaker (également partenaire officiel d’Everton) montrait en en effet des footballeurs sous un jour passablement ridicule. L’opération de lutte contre l’homophobie dans les stades de football aura finalement capoté parce que son sponsor a commis un crime de lèse-nombril.

Rien n’a donc changé sous le soleil la pluie britannique. En Premier League comme dans les autres championnats nationaux, aucun footballeur professionnel de premier plan n’a publiquement révélé son homosexualité en cours de carrière. À une seule exception près : Justin Fashanu, formé par le club de Norwich, qui s’est suicidé en 1998 après une campagne de harcèlement.



David Ginola les a portées un peu partout, dans sa poche, au poignet, et sur ses chaussures

Crédit photo : Twitter / AP / PA