L’UNFP, la reconnaissance des pros

Avant tout symbole du football masculin, l’UNFP est le syndicat des joueurs pros. L’instance a pourtant été un précurseur dans la croissance médiatique du football féminin, grâce à la remise de Trophées UNFP à des femmes depuis 2001. Récompense ultime dans l’Hexagone, diffusée sur Canal +, la cérémonie des Trophées UNFP du football, ex-oscars du football, a donné un gros coup de projecteur sur les filles bien avant les autres.

Quel est le rapport entre l’UNFP et le football féminin ? A priori aucun. En creusant un peu, on se rend compte que le syndicat des footballeurs professionnels a été le premier vecteur de l’essor du football féminin dans les médias au début des années 2000.

 

C’était il y a déjà 12 ans, Nantes remportait le championnat de France, qui s’appelait encore la D1. Eric Carrière était sacré meilleur joueur de la saison, et on ne savait pas encore que l’Olympique Lyonnais de Juninho et de Grégory Coupet allait remporter 7 titres de rang. La cérémonie des trophées UNFP du football, qui s’appelait encore les Oscars du foot, était déjà un rendez-vous incontournable du football français. Cette année-là, l’UNFP décerne le premier trophée de Meilleure joueuse de D1 féminine à Anne Zenoni.

 

« On n’a pas eu l’impression qu’on faisait un exploit particulier en récompensant les filles », nous a confié le co-président de l’instance, Philippe Piat. « On sait que c’est un des vecteurs de développement les plus importants pour le football français, européen et mondial ».

 

Dès lors, l’élection de la meilleure joueuse s’est installée dans les mœurs, attendue chaque année par les supporters. « La première fille qui a été élue avait reçu ça comme un honneur », raconte Philippe Piat. « Elle a pris le trophée comme une récompense exceptionnelle. Ce n’était pas dans les mœurs, elle en était d’autant plus fière. Mais plus on avance et plus cela devient évident. »

 

Depuis, d’autres femmes ont été mises en avant lors de cette cérémonie. Les arbitres Nelly Viennot et Karine Vives Solana notamment. Le plus bel exemple reste néanmoins celui de l’année 2005 où Marcel Desailly a remis un trophée spécial à Corinne Diacre… Cette dernière venait de battre le record de sélections en équipe de France, détenu par ce même Desailly justement. La preuve ultime de la reconnaissance par les hommes.

 

 

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