LOSC – Un club qui ne perd pas le nord

Championnes de D2 en 2017, sixièmes du championnat de D1 en 2018, les joueuses du LOSC arrivent à un tournant dans leur récente histoire avec l’élite. Souvent décrite comme la plus compliquée à aborder, cette deuxième saison sera-t-elle celle de la concrétisation du projet voulu par les dirigeants et entraîneurs nordistes : pérenniser Lille en première division ? Éléments de réponse avec le coach Dominique Carlier.  

 

Transformer l’essai

Il y a encore un an et demi, les filles du Nord bataillaient au sein de l’antichambre de l’élite. Un titre  et une montée plus tard, jouer parmi les 12 meilleurs clubs de France est davantage un objectif réussi qu’une finalité. Et la sixième place obtenue lors de l’exercice 2017-2018, pour sa première saison en D1, est un bon exemple de l’état d’esprit qui imprègne le LOSC. Avec un maintien décroché dans les dernières minutes du championnat. Arrivé cet été à la tête de l’équipe première, Dominque Carlier prend les suites de Jérémie Descamps. Des décennies d’expérience dans l’univers du ballon rond, en tant que joueur puis entraîneur, cette année, il découvre le coaching sur le banc d’une section féminine.

« Venant du football chez les garçons, la sensibilité féminine dans le football me parle beaucoup et c’était quelque chose que je souhaitais découvrir. Tout en essayant d’apporter mes compétences et mon expérience du haut niveau surtout», raconte le désormais coach lillois. Un baptême du feu qui le dirige directement dans l’élite. Néanmoins, il n’oublie pas ce qui a été fait et mis en place avant sa venue : « la sixième place du LOSC est une belle performance de l’équipe et du staff de l’année dernière. Et j’en parle d’autant plus facilement que j’y étais pas.»  La première partie de cette saison lui a également fait prendre conscience des réalités de la D1 où le terme « constance » est, selon lui, une condition sine qua none pour accomplir une bonne année. Avec, plus que jamais, le maintien en ligne de mire.

La régularité lilloise en questions

Le cap du deuxième exercice est souvent le plus compliqué à aborder lorsque l’on a acquis le maintien dans l’élite. Et le début de ce championnat 2018-2019 en est le parfait exemple pour les pensionnaires du domaine de Luchin. Après la lourde défaite inaugurale face à l’Olympique Lyonnais (0-8), les lilloises se sont imposées immédiatement face à Rodez (3-2) lors de la journée suivante. Mais le chemin de l’équipe des Hauts de France est bien vite devenu cabossé. Pouvant tenir en échec plusieurs cadors décrétés comme le Paris FC, le PSG et Montpellier, ce sont face à leurs adversaires directes pour le maintien que les filles de Dominique Carlier peinent à concrétiser.

« Notre parcours est un peu chaotique. La demi-saison nous montre des résultats un peu vallonnés. Dans certains matchs on a su élever notre jeu à un niveau très intéressant, notamment en début de saison avec des matchs nuls face au Paris FC et au Paris Saint-Germain. Mais à côté de cela, on a du mal à enchaîner dans des rencontres nous opposant à des clubs du même calibre que nous», concède le technicien lillois. Avant d’ajouter : « je mets en avant aussi bien l’inconstance que la belle qualité des performances qu’elles ont été toutefois capables d’accomplir» durant cette première moitié de saison.

Lors de la phase aller, force est de constater que l’équipe lilloise ne fut pas épargnée par les pépins physiques. Les blessures de l’internationale belge Jana Coryn, convalescente d’une opération au genou et depuis quelques semaines l’absence de la buteuse des Bleues Ouleymata Sarr ont notamment modifié quelque peu les plans du groupe.

« Une cohésion extraordinaire »

Cette aventure en première division ne peut se faire sans un collectif sain. C’est ce qui semble être le cas du côté de Lille : « la cohésion est extraordinaire. Les filles ont un état d’esprit très positif. Dans la difficulté, les joueuses ont toujours répondu présent. C’est un groupe qui vit bien.» Mais s’il note ce comportement exemplaire dans les vestiaires, il sait aussi qu’au niveau sportif, son groupe doit élever sa « cohésion sportive opérationnelle » au fur et à mesure des rencontres.

Dans l’effectif du LOSC, se trouve de l’expérience avec de nombreuses joueuses ayant signé leur contrat alors que le club évoluait en D2 mais qui, pour la plupart, n’ont découvert la D1 que l’an passé. D’autres, les plus jeunes sont le plus souvent issues de la pépinière locale. Ou encore, comme la milieu de terrain de l’équipe de France U20, Carla Polito, de provenance d’Arras, qui est venue fournir les rangs lillois, cet été. La jeunesse, credo du club au Dogue ? On pourrait le croire au vu des récentes rencontres. « Dernièrement, contre le Paris FC, on a aligné un milieu de terrain de 17 ans de moyenne d’âge. Avec quatre joueuses de U19 », précise Dominique Carlier.

Un amalgame de parcours individuels différents dont le coach reste aujourd’hui le garant. Et à l’entame de la phase retour, ce dernier sait que tous ces paramètres ainsi que l’environnement conditionneront le jeu de ses protégées pour la suite de la saison. Après une victoire courageuse face au Paris FC (2-1), l’unique club représentant du nord pointe actuellement à la 10e de la D1.  Alors que se profilent, sans attendre, des rencontres déterminantes (Rodez, Fleury, PSG entre autres) dans la perspective de jouer une troisième saison consécutive au sommet du foot hexagonal.


Crédits photos : LOSC Féminines

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