Les clubs féminins ont enfin voix au chapitre dans le rapport annuel de l’UEFA

La nouvelle étude annuelle de l’UEFA sur le paysage européen du football en club consacre désormais – c’est une première – un chapitre au football pratiqué par l’élite féminine en club. Ce bref chapitre montre à la fois que les clubs féminins ont franchi un cap et qu’il faudra encore un peu de temps pour que les clubs évoluent dans des paysages similaires, sinon identiques, tant chez les femmes que chez les hommes.

L’UEFA impose, à compter de la saison 2019-2020, plusieurs exigences minimales en matière de licences aux 485 clubs féminins qui évoluent dans l’équivalent d’une première division à travers un championnat (52 nations) ou une coupe (37 nations). D’où la nouveauté d’une analyse spécifique du football pratiqué par l’élite féminine en club.

Des différences structurelles majeures

Deux différences structurelles majeures émergent de ce rapport. Alors qu’il existe 28 ligues de football indépendantes des 55 fédérations nationales chez les hommes, on ne dénombre chez les femmes qu’une seule ligue de football (en Irlande du Nord) pour 52 fédés nationales. L’autre différence majeure tient au nombre de clubs évoluant dans le championnat de première division, avec une moyenne de 12,3 équipes chez les hommes et de 9,3 équipes chez les femmes.

De fait, les championnats féminins se jouent le plus souvent à 8 clubs (dans 16 pays dont le Danemark et les Pays-Bas) ou à 12 clubs (dans 14 pays dont la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie et la Suède). Les deux extrêmes sont Gibraltar, où le premier championnat au féminin s’est disputé la saison dernière avec 3 clubs, et l’Espagne, où 16 clubs sont engagés dans le championnat national.

Unité dans la diversité

Cette diversité de contextes a pour corollaire une diversité de structuration sportive et administrative des compétitions. La saison dernière, seuls 36 % des clubs masculins de l’élite disposaient aussi d’une section féminine. Et, comme on l’a indiqué ci-dessus, une coupe nationale n’est organisée que dans 37 pays. Hors tours préliminaires ou régionaux, les coupes nationales féminines impliquent de 6 équipes (îles Féroé) à 71 équipes (Angleterre) et se disputent en 2 à 8 tours, mais le plus souvent en 6 tours.

Si la France et 27 championnats de l’élite proposent des confrontations aller-retour avec l’ensemble des autres clubs de même division, 10 championnats se jouent sur trois tours et 6 championnats nécessitent quatre tours. Le championnat se joue sur deux saisons séparées dans 10 pays, dont 6 pays où l’on pratique un championnat avec successivement deux tours réguliers puis deux phases de poules.

Les règles en matière de nationalité des joueuses présentent elles aussi une grande disparité et quelques originalités. Pas moins de 30 pays imposent des restrictions concernant la nationalité des footballeuses dans les clubs. C’est au Portugal que le quota de joueuses formées à l’étranger est le plus faible, puisque la feuille de match doit inclure 10 joueuses formées dans le pays. À l’inverse, la Lettonie accepte que les clubs fassent jouer simultanément 8 étrangères. L’Angleterre coupe la poire en deux, avec l’obligation d’aligner une moitié de joueuses formées dans le pays.

Nul doute que les prochains rapports annuels de l’UEFA fourniront des analyses et des chiffres plus complets sur l’élite des clubs et de leurs footballeuses. On aimerait voir, en particulier, des éléments précis sur les centres de formation et leur géographie, la professionnalisation, le montant et l’impact des transferts, ainsi que le salaire moyen des joueuses.

Rappel méthodologique

Le rapport de l’UEFA se limite au football pratiqué en club, donc hors compétitions par nations. Alors que les données des clubs masculins concernent l’année financière 2018, la compilation de tendances et de chiffres relatifs aux clubs féminins – ou sections féminines – est plus récente, puisqu’elle porte sur la saison 2019 (pour les championnats d’été dans les pays à hiver rigoureux) ou 2019-2020.

L’analyse s’intéresse exclusivement à la catégorie senior d’élite, donc pas aux catégories de jeunes (U20, U17, etc.) ni aux championnats ou phases de coupes en divisions locales ou inférieures.

Les équipes féminines de deux pays disputent les compétitions dans un championnat étranger, en l’occurrence le Liechtenstein en Suisse et Saint-Marin en Italie. Il n’y a pas de championnat féminin en Andorre.

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