Bleues – Elles travaillent déjà pour demain

L’année 2019 commence de la meilleure des façons pour les Bleues. Après leur victoire maîtrisée face aux Américaines, ce samedi au stade Océane (3-1) du Havre, il est toutefois difficile d’établir un bilan global de l’état de forme au vu des circonstances de préparation des deux groupes en présence. Si certaines des filles alignées par Corinne Diacre ont tiré leur épingle du jeu, d’autres furent timides pendant l’opposition. Mais toutes ne boudent pas ce bon résultat, excellent pour la confiance dans l’optique du Mondial arrivant à pas de géant. 

Les lumières s’éteignent au fur et à mesure au stade Océane, les derniers occupants quittent progressivement l’enceinte et les plus fervents supporters sont bien là à attendre l’ensemble de l’équipe de France qui doit rejoindre son car et rejoindre ses bases. Sans doute avec le sentiment du devoir accompli. « On avait à cœur de terminer la semaine (de préparation) par un bon résultat : une victoire.  On a bien commencé l’année, pourvu que ça continue », lâche Amandine Henry, souriante devant les journalistes, au moment de se concentrer à nouveau aux joutes domestiques et de reprendre le chemin des entraînements en ce début de semaine.

Une attaque en transe, Le Sommer timide

Si Kadidiatou Diani, double buteuse ce samedi, présente sur quasiment toutes les actions dangereuses durant tout son temps de jeu c’est surtout grâce à son rôle de pivot bien maîtrisé. Arrosée de ballons, par Delphine Cascarino qui a elle aussi brillé sur son flanc droit et à moindre mesure par son côté gauche et l’entrejeu, l’attaquante du PSG a logiquement trouvé le chemin du filet. Eugénie Le Sommer, qui retrouvait la tunique bleue après sa blessure contractée avant le dernier match de l’année 2018 face au Brésil, a quant à elle vécu dans l’ombre de sa copine de l’avant. Un retour compliqué. Hormis, deux actions devant les buts d’Alyssa Naeher en deuxième période, la Lyonnaise a malheureusement peu eu la possibilité de porter réellement le danger sur les cages américaines.

Le milieu : avantage France

Hargneuses et combatives, le milieu de terrain français n’a pas chômé pour remporter la bataille de l’entrejeu. Elise Bussaglia, qui a entre autres rejoint Camille Abily au nombre de capes chez les Bleues (183 sélections), a complété avec brio l’entreprise de relais de Gaëtane Thiney et du travail de sape d’Amandine Henry. Des milieux de terrain qui ont même vu s’incruster par séquence Amel Majri, montant d’un cran en véritable piston lors du premier acte du match, qui par sa technique a ébloui et laissé sans voix certains journalistes américains présents au stade. « Majri est incroyable ! », s’en est même ému un observateur outre-Atlantique.

En défense : un « péché mignon » à oublier

La défense française courbait l’échine mais n’abdiquait pas. Du moins durant les quatre-vingt-dix minutes du temps réglementaire. Une seule action a fait faire un tour au sang de Corinne Diacre. L’attaquante Mallory Pugh, a su se déjouer de Wendie Renard et de Marion Torrent tentant tant bien que mal à combler le poste laissé absent par Aïssatou Tounkara montée au milieu de terrain. Un tir croisé pour maculer le tableau de marque des Etats-Unis et battre singulièrement  Sarah Bouhaddi.  Un but pas anecdotique pour la sélectionneure tricolore : « j’espère que nous ne prendrons pas la mauvaise habitude de concéder un but en toute fin de match, ce fut déjà le cas contre le Brésil ». Un moindre mal en match amical mais un scénario que la coach souhaite dorénavant éviter, prônant la « rigueur » même si elle concède l’état de fatigue et la pression américaine sans relâche en toute fin de match.

Katoto attendue au tournant

Durant les vingt dernières minutes de la rencontre, tous les regards sont ainsi braqués sur la prestation de la remplaçante de Delphine Cascarino. Les Bleues mènent alors 2-0, et Marie-Antoinette foule la pelouse havraise sous la clameur du public du stade Océane. Celle qui fut recadrée pour son comportement durant la semaine par son entraîneure, est appliquée dès les premières secondes. A peine dix minutes suivant son entrée, là voilà bien lancée en profondeur par Elise Bussaglia pour inscrire son tout premier but chez les A. Toujours vers l’avant, la meilleure buteuse de D1, essaie d’appuyer sur la défense américaine mais butte sur le dernier rempart nommé Naeher. « Marie-Antoinette a marqué son premier but en sélection, j’espère que cela va la délivrer un peu », espère Corinne Diacre.

Une victoire de prestige, et après ?

Pour son vingt-cinquième duel de l’histoire face aux Etats-Unis, la France obtient en terres normandes, une cinquième victoire aboutie. Néanmoins, les Bleues sont lucides : « Nous n’avons rien gagné encore », répétait à l’envi Wendie Renard en zone mixte. Le contexte est cependant particulier pour cette rencontre programmée en début d’année avec un retour très progressif des joueuses locales sur les pelouses nationales. Mais aussi durant une période où la plupart des Américaines ont complètement perdu le rythme de la saison régulière. Le turn-over des Stars and Stripes a également pesé dans cette opposition. Toutefois, il est hors de question de faire la fine bouche après cette marque honorable. Bien au contraire, la jauge de confiance ne peut se remplir qu’en enregistrant de bonnes performances. Cette même jauge aura l’occasion de rester dans le vert dès le 28 février prochain à Laval avec un nouveau test de taille face aux Allemandes.

 


Crédits photos : FFF

1 commentaire

  • Un des matchs le plus agréable à regarder depuis un certain temps. Les Françaises ont pris le début de matchs à grande vitesse, alors qu’elles en étaient incapable auparavant et pendant presque qu’une heure ont soutenu le rythme. Bussaglia fait une bonne passe en profondeur à Katoto, sinon perd trop de ballon. Majri toujours aussi virulente, traumatise les adversaires par sa vitesse et ses dribbles. Sa place est plus appropriée en milieu de terrain , comme à Lyon. Mon seul regret est la non titularisation de Bacha , Laurent et Hamraoui, capable de mettre des buts à 30 mètres.
    En ce qui concerne Diani, elle m’a agréablement surpris dans ce match, car jusqu’à maintenant je trouvais qu’elle n’avait pas sa place en EDF. Peut-être qu’elle n’était pas à la bonne place, et il y a peut-être une meilleure complicité avec Cascarino. Elle ne peut que progresser et prouver qu’elle a sa place.
    On peut féliciter toute l’équipe de France, elles ont toutes fait le maximum. Bravo à toutes et continuez…………

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