Les 11 Foot d’Elles : Arnaud Simon, l’accélérateur médiatique

Directeur général adjoint d’Eurosport France durant près de trois ans, devenu directeur général depuis moins d’un an, Arnaud Simon est un formidable accélérateur de la médiatisation du football féminin en France. Diffuseur numéro 1 de la discipline depuis deux saisons, sous l’impulsion de son DG, Eurosport a pris le pari de s’engager aux côtés du football féminin avec une volonté rare dans le milieu médiatico-sportif.

Derrière la volonté d’Eurosport sur le football féminin, il y a Arnaud Simon. Il est celui qui pousse la discipline dans les coulisses de la chaîne. Formé en école de commerce, ce passionné de sport et de musique s’imagine travailler dans les médias, sur une chaîne thématique. C’est finalement le sport qui lui ouvre les bras le premier. Un domaine important pour Arnaud Simon. « Une partie de ma vie » comme il nous l’a décrit.

 

Arnaud Simon est un « pur produit » d’Eurosport, si l’on peut dire. C’est là qu’il a débuté avant de gravir les échelons jusqu’au sommet. Aujourd’hui, il voit son entreprise comme un petit club de foot. « On n’a pas forcément les moyens d’avoir la Ligue des champions en direct et en exclusivité, comme un club n’aurait pas les moyens d’acheter Ibrahimovic. Cela nous oblige à être intelligent, en avance de phase et à développer notre centre de formation des disciplines qui ont un potentiel pour demain. »

 

L’avantage d’Eurosport, c’est aussi son ADN, sa vision globale sur les autres pays qui lui permet de savoir que le football féminin connait un bel écho en Allemagne ou en Scandinavie. Une façon de voir les choses qui s’est parfaitement intégrée en Arnaud Simon. Dès la saison 2011/2012, Eurosport diffuse la D1 féminine. En 2012/2013, on passe la vitesse supérieure avec près de 20 matches de championnat diffusés. A cela s’ajoutent la Ligue des champions, la Coupe de France et ce « coup de main » aux supporters en diffusant un France – Canada promis à l’anonymat.

 

Cette action est aussi développée en Europe. Depuis septembre, Eurosport diffuse pour la première fois sur sa version allemande un match par semaine de la Bundesliga féminine, du jamais vu dans ce pays pourtant à la forte tradition sur cette discipline.

 

« Il faut avoir une conviction, une intuition », nous a confié Arnaud Simon. « Pour être en avance, il faut avoir des gens qui y croient et qui poussent. J’y crois beaucoup. C’était mon rôle de convaincre tout le monde que c’était la bonne direction. Le foot féminin est aussi une façon de créer de la valeur pour la chaîne, de se donner un potentiel d’audience et d’abonnés pour demain ».

 

Si le football féminin apparaît aujourd’hui comme un bon produit télévisuel, c’est en partie grâce à la conviction du Directeur Général de la chaîne. Il est d’ailleurs venu la défendre à Bourges en mai 2013, lors des Etats généraux du sport féminin en équipe, rappelant aux détracteurs des sports féminins qu’un « musicien débutait par des petites salles avant d’embrasser une grosse carrière et de remplir le Stade de France ».

 

Arnaud Simon aime aussi l’audace. Ainsi, Eurosport diffusera la Coupe du monde de rugby féminin qui aura lieu en 2014. Un choix loin d’être évident sur un plan commercial. « Eurosport doit aider les sports à un moment où ils ont le potentiel d’être séduisants. On n’en est pas encore là pour le rugby féminin. Mais on se doit de valoriser l’équipe de France et la Coupe du monde. En plus, cela se passe en France. On a l’occasion de mettre un coup de projecteur sur le rugby féminin. On ne pouvait pas laisser passer cette occasion-là ».

 

La politique d’égalité, ou au moins de féminisation, est aussi en marche en interne. Le symbole en est Carine Galli, rare journaliste femme à diriger un plateau, le lundi soir sur la Ligue 2. « Il y a de plus en plus de journalistes femmes qui bossent sur les émissions, les conçoivent. C’est un équilibre des sensibilités. Il y a aussi beaucoup plus de consultantes qu’avant. […] En étant pragmatique, le potentiel de développement pour une chaîne de sport est porté par les femmes, si l’on considère qu’on a fait le plein chez les hommes. Ce n’est pas être militant, mais simplement vivre avec son époque ».

 

Une époque qui se souviendra certainement de l’engagement d’Arnaud Simon dans quelques années. Si le football féminin parvient à ses fins, il n’y sera évidemment pas pour rien.

 

 

Les 11 Foot d’Elles 2013