Le réveil ou la débâcle pour Montpellier ?

Alors que la 4e journée de D1 se jouera ce week-end, le championnat a déjà réservé quelques surprises sur ce début de saison. Habitué à jouer les premières places, Montpellier est actuellement 8e du classement après avoir été défait deux fois sur trois. Le MHSC qui recevra le PSG ce dimanche à 15h00, parviendra-t-il à se remettre en selle ou s’enfoncera-t-il encore un peu plus ?

Une entrée en matière timide avec une courte victoire face au promu dijonnais (1-0), puis deux défaites 0-1 contre Bordeaux et Fleury. Seulement trois points de pris sur neuf possibles, un seul but inscrit, deux encaissés… Le bilan du Montpellier Hérault avant d’affronter le Paris Saint-Germain ce dimanche semble plutôt inquiétant.

Un effectif quasi inchangé

Sarah Puntigam arrivée au MHSC cet été, et Laurent Nicollin, Président du club

Certes le club héraultais a enregistré sept départs pour seulement trois arrivées pendant le mercato estival mais quand même. Lorsque l’on regarde l’effectif du MHSC il apparaît que ce dernier a largement de quoi faire et surtout, que son onze type a finalement peu été impacté par les mouvements de cet été. Les joueuses qui ont pris le chemin d’un autre club (Laetitia Philippe, Laura Agard et Marie-Charlotte Léger notamment) ou mis fin à leur carrière (Laetitia Tonazzi) n’avaient pas ou peu de temps de jeu sous le maillot orange et bleu la saison passée. Pour les « arrivantes » : Inès Belloumou joue avec les U-19, Maëlle Lakrar est bien dans le groupe D1 mais n’a pas joué la moindre minute pour le moment. Seule l’Autrichienne Sarah Puntigam s’est vue titularisée dans le milieu de terrain héraultais. À première vue, pas de quoi déstabiliser l’équilibre du groupe donc, et pourtant.

La routine qui mène à l’ennui aux ennuis

Pas de changements au niveau de la qualité de l’effectif, très peu au niveau des compositions, alors on cherche d’autres explications. Après les joueuses, la personne à qui l’on pense est souvent l’entraineur. Jean-Louis Saez, coach à Arles Avignon (réserve et Ligue 1 en intérim), à Montpellier (U-15) et à Nîmes (U-17), a ensuite été nommé entraineur de l’équipe féminine du MHSC en juin 2013.

Jean-Louis Saez et ses joueuses

Cette saison est donc la sixième à la tête du groupe héraultais pour Jean-Louis Saez. Quatrième du championnat pour ses deux premières saisons, le technicien a ensuite réussi à hisser son équipe sur la troisième marche du podium (2015/2016) et même la seconde (2016/2017) lui permettant de renouer avec la Ligue des Champions la saison dernière – compétition dans laquelle le MHSC féminin n’avait plus joué depuis 7 ans – Mais on le sait, avec le temps, le discours de l’entraineur est parfois moins percutant, moins motivant, ou parfois le message passe moins bien avec les joueuses qui sont là depuis quatre ou cinq ans tout simplement. Un phénomène de routine qui peut également s’installer lors des séances d’entrainement et qui peut emmener l’équipe à stagner si les joueuses sont moins réceptives et concentrées. Cela serait-il le cas à Montpellier ?

Un « gros » pour se relancer ?

Etant donné les matches amicaux que le Montpellier Hérault avait livré lors de sa préparation estivale, il était difficile de prévoir un tel scénario pour ce début de saison en D1. En effet, en août, les Pailladines s’étaient mesurées à des équipes européennes de renom : Chelsea, Arsenal, Bayern Munich et Barcelone et avaient montré un visage relativement séduisant.

les montpelliéraines au TILC
Le onze montpelliérain pour affronter le Bayern Munich lors du TILC 2018, le 12 août dernier.

Après une victoire 3 buts à 2 chez elles face à Chelsea, les joueuses de Jean-Louis Saez étaient revenues de la Toulouse International Ladies Cup (TILC) avec une courte défaite contre Arsenal (1-2) et un intéressant match nul face aux Allemandes du Bayern Munich (2-2). Enfin, les Montpelliéraines avaient achevé leur pré-saison sur le terrain de Barcelone avec une victoire 2 buts à 1. On avait pu noter un petit manque de régularité dans certaines rencontres, notamment celle contre le FC Barcelone justement, avec une très bonne première période et une seconde beaucoup plus en retenue, mais de là à penser que Montpellier débuterait si mal son championnat. Comment le MHSC peut-il rivaliser avec des grands européens puis peiner autant quelques semaines plus tard contre Dijon (victoire 1-0 à la 76e) , Bordeaux et Fleury (défaites 0-1) ?

Peut-être que l’équipe languedocienne joue finalement mieux contre des équipes qui gardent davantage le ballon et font le jeu. Si c’est le cas, alors la rencontre face au PSG ce dimanche, pourrait être plus intéressante que ce à quoi beaucoup s’attendent. Montpellier a déjà probablement utilisé ses (éventuels) jokers pour encore espérer jouer la deuxième place du championnat. Mais au-delà de cet enjeu, une victoire montpelliéraine pourrait permettre à Jean-Louis Saez et son groupe de prendre un nouveau départ. Qui sait…


Crédits photos : mhscfoot, fredlgphotographe

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