Le Challenge International des étoiles : la Coupe des stars de demain

Toulouse. Ville emblématique du rugby, mais où le ballon rond s’est aussi fait sa place. Pourtant, la Coupe du monde ne s’exporte pas jusque dans la Ville Rose, et les Toulousains sont privés de matchs dans leur cher Stadium. Mais qu’à cela ne tienne, si la Coupe du monde ne vient pas à Toulouse, c’est Toulouse qui vient à elle. Voilà l’ambition de Matthieu Vrilliard, ancien entraîneur du TFC féminin et organisateur du Challenge international des étoiles, organisé à Toulouse les 15 et 16 juin.

Mettre en avant les footballs délaissés

Il y a 7 ans de ça, Matthieu Vrilliard crée l’association À tous foot. Ancien joueur professionnel passé par Caen, et sortant de son poste d’entraîneur de la section féminine du TFC, il ressent le besoin de redonner du sens à sa vie familiale. En s’alliant à son comparse Cyril, ils décident de tourner leur pratique du football autour de la solidarité, des autres. L’objectif de l’association ? Mettre en lumière les footballs qui n’en sont pas. Tournois de tennis ballon ou encore matches avec des personnes handicapées, leurs actions sont nombreuses. Et comme l’engagement de Matthieu ne s’arrête pas là, il tient à reverser tous les bénéfices de l’association à l’Hôpital Sourire : « On contribue à acheter des écrans, des spectacles, tout ce qui peut alléger le poids d’une hospitalisation. » explique-t-il.

Matthieu Vrilliard, au centre, créateur d’A tous foot et du Challenge des étoiles. Crédits Photo : CIDE

Le Challenge des étoiles : faire voyager le foot féminin et le faire découvrir à tous

Matthieu part d’un constat : « Je trouvais qu’il manquait ce genre d’événements pour le foot féminin. » Il veut donc mettre en avant le football des petites filles, celles qui seront sûrement nos futures Amandine Henry, pour qu’elles aient des souvenirs ancrés sur leur passion. C’est là que naît le Challenge International des étoiles, pour faire voyager le foot féminin et le faire découvrir à tous. Toujours dans une idée de sport pour tous, la compétition confronte des clubs prestigieux avec des clubs de banlieues toulousaines. C’est ce qui a pu donner un match ASSE contre Saint-Orens par exemple.

Et cerise sur le gâteau, le Challenge s’offre comme marraine Valérie Gauvin. L’attaquante des Bleues s’est libéré un moment en pleine Coupe du monde pour faire un Facetime avec les jeunes joueuses pendant le week-end. Elle-même participante de ce Challenge étant plus jeune et ayant grandi à Toulouse, c’est de bon cœur qu’elle a accepté de représenter ces jeunes filles qui, qui sait, suivront ses pas et deviendront les nouvelles Valérie Gauvin dans quelques années ! En tout cas pour Matthieu Vrilliard, « ces filles sont l’avenir du football de demain ».

L’édition 2019 sous les couleurs de la Coupe du monde

Organisé depuis 3 ans à Toulouse, en partenariat avec la mairie et son Stadium, c’était donc une évidence de réitérer l’édition 2019 du Challenge dans la Ville Rose. D’autant plus que la Coupe du monde n’allant pas à Toulouse, Matthieu a donc à cœur que Toulouse vienne à la Coupe ( certes pas la vraie, mais une Coupe quand même ). Alors il organise sa petite Coupe du monde à lui. Le Stadium accueille 32 équipes de jeunes filles de 12 à 14 ans, chaque équipe représentant un pays pour la Coupe du Monde. Ainsi, des maillots des nations sont inventés et dessinés. Les équipes viennent de toute la région, même de toute la France.

« On a même des Canadiennes et des Allemandes ! » se réjouit l’organisateur.

L’équipe allemande. Crédits Photo : CIDE

Cette année et pour la première fois, l’Afrique du Sud représentée par le District de Haute-Garonne remporte la compétition. Venues à bout de l’Espagne représentée par La Clermontaise, dans une finale serrée, elles soulèvent finalement la coupe grâce à un 1-0.

L’équipe gagnante. Crédits photo : CIDE

« Cette victoire est très importante pour ces filles-là, car la plupart jouaient encore en mixité avec les garçons. Elles vont pouvoir maintenant accéder à des clubs féminins. »

Etendre le football au plus grand nombre

Mais Matthieu ne s’arrête pas à une Coupe du monde des espoirs féminins. Déjà, toujours dans une volonté de sport pour tous, il a pour ambition de l’élargir de 32 à 48 équipes l’an prochain : « Cette année on a dû refuser des équipes, ça nous a beaucoup frustrés. » confie le footeux. Premier à avoir organiser un tel tournoi, il aimerait qu’il devienne le tournoi référent du football espoir féminin. Mais il a beaucoup d’autres projets en tête. Notamment celui de lancer des stages 100% féminins pendant les vacances scolaires à Toulouse, puis peut-être à Bordeaux et Montpellier.

« Pour que les petites filles viennent s’essayer et s’initier à cette pratique. »

 

La finale du Challenge. Crédits Photo : CIDE

Si Matthieu a autant à cœur de développer le football féminin, c’est qu’il le connaît bien : « Je me suis régalé à entraîner les filles du TFC, et je trouve qu’elles ne sont pas récompensées à hauteur de leur investissement personnel. » livre l’ancien entraîneur. Pour lui, pas de différence à faire entre foot masculin et féminin :

« Il y a en effet des différences du côté de la partie affective et psychologique à prendre en compte. Elles aiment que les choses soient bien préparées, comprendre ce qu’elles font. Mais ça reste le même foot, il ne faut pas dissocier, il faut juste s’adapter aux filles. » Féru de rêves, Matthieu voit toujours plus loin et plus haut. « Toute ma vie est construite de rêves, j’ai toujours rêvé de devenir joueur professionnel, et grâce à ma bonne étoile j’y suis arrivé. » Les yeux pleins d’étoiles, c’était une évidence pour lui d’appeler son tournoi « le Challenge des étoiles ». Et puis, étoiles c’est stars en anglais et finalement, « ces filles sont un peu nos futures stars ».

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