La transformation du football féminin ?

Les compétitions majeures du football masculin se gagnent souvent sur la défense. Ce n’était pas vraiment le cas pour le football féminin, mais l’Euro 2013 semble démontrer un véritable tournant tactique pour cette discipline en plein essor. Une évolution symbolisée par la présence en finale de l’Allemagne et de la Norvège, qui s’appuient avant tout sur leur solidité défensive.
Le football féminin arrive à un carrefour historique. C’est vrai médiatiquement avec un impact médiatique sans précédent pour l’Euro 2013. C’est également vrai pour sa popularité et des affluences record dans les stades. Mais la nouvelle est aussi valable sur le terrain, où l’évolution tactique considérable est de plus en plus perceptible. Le jeu défensif semble prendre le pas sur d’autres aspects. Les principales critiques à l’encontre de ce football pointaient du doigt les trop grandes différences de niveau entre les équipes. L’Euro 2013 est en contradiction avec ce constat.

Symbole de cette évolution ; la finale qui s’est disputée entre deux équipes qui aiment le jeu défensif, entre les deux meilleures gardiennes du tournoi. L’Euro 2013 s’achève d’ailleurs sur le score symbolique de 1-0. Sur les 13 finales d’Euro féminin recensées depuis 1969, on note seulement 38% de victoires par un but d’écart. Sur la phase finale de l’édition 2013, 42 % des rencontres ont abouti à une victoire par plus d’un but d’écart, contre 54 % en 2009, signe du resserrement global du niveau.

« Le fait que très peu de buts aient été marqués dans ce tournoi démontre le développement tactique physique et technique dont le jeu a fait preuve ces dernières années » avait déclaré Silvia Neid en conférence de presse avant la finale du tournoi. Contre les 75 buts marqués à l’Euro 2009 et une moyenne de 3 buts par match, l’édition 2013 oppose 56 unités, pour une moyenne de 2,24 buts par rencontre. Le chiffre le plus bas depuis que la compétition se déroule tous les quatre ans. Un signe d’homogénéisation, mais aussi du manque d’efficacité des attaques durant l’Euro 2013. Ce dernier point sera le chantier à améliorer pour de nombreuses formations. 2017 nous en dira encore plus sur la transformation du jeu féminin.

Buts et moyennes de buts inscrits à l’Euro féminin :

1997 : 35 buts, 15 matches = 2,33 buts/match
2001 : 40 buts, 15 matches = 2,66 buts/match
2005 : 50 buts, 15 matches = 3,33 buts/match
2009 : 75 buts, 25 matches = 3 buts/match
2013 : 56 buts, 25 matches = 2,24 buts/match

Buts et moyennes de buts inscrits à l’Euro masculin :

1996 : 64 buts, 31 matches = 2,06 buts/match
2000 : 85 buts, 31 matches = 2,74 buts/match
2004 : 77 buts, 31 matches = 2,48 buts/match
2008 : 77 buts, 31 matches = 2,48 buts/match
2012 : 76 buts, 31 matches = 2,45 buts/match

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