La CDM féminine verra-t-elle le retour de Mon petit prono by MPG ?

Avec Mon petit prono, lors de la Coupe du monde masculine en Russie l’été dernier, le jeu de football fantasy Mon petit gazon, ou MPG, a engrangé une sacrée notoriété. Ses trois fondateurs « ne pensent pas » le reconduire pour la Coupe du monde féminine en France cette année. Nous, on y pense pour eux !

Vous avez peut-être autour de vous des potes (ou collègues, conjoint, père, cousine…) qui se marrent tout seul en regardant l’écran. Qui suivent les matchs de Ligue 1, même les Dijon-Montpellier qu’ils ignoraient superbement il y a des années. Qui arrivent aux soirées en chambrant sur le dernier but de Florian Thauvin. Des fans de foot quoi. Mais des fans de foot en mode « MPG ». Le jeu de football fantasy Mon petit Gazon (« MPG » donc), a dépassé cette année le million de joueurs inscrits.

Personne ne s’y attendait. Pas même ses fondateurs. Quand Martin Jaglin, Benjamin Fouquet et Grégory Rota créent MPG, en 2011, le but n’est pas d’en faire le dernier site ou la dernière appli à la mode. « C’était un passe-temps… devenu notre métier depuis deux ans », résume Martin Jaglin.

Le principe ? Le joueur s’inscrit et constitue une équipe. Entraîneur virtuel, il effectue en début de saison son mercato, avec les vrais joueurs de Ligue 1 et affronte ensuite en matchs ses potes, également entraîneurs d’équipes constituées par leurs soins.

Les résultats du championnat virtuel dépendent des vrais performances (buts marqués et notes) des joueurs sur le terrain. Avec des bonus pour pimenter le jeu, genre le Tonton Pat’ qui interdit les remplacements tactiques, dégainé avant le match par un de vos adversaires.

Pas de pub, mais un bouche-à-oreille du tonnerre

Les trois fondateurs n’ont jamais fait de pub mais la magie des réseaux sociaux et des blagues potaches a suffi. « Il y a deux ans et demi, on voyait que le nombre de joueurs continuait à grandir. On n’avait pas d’appli et le site n’était vraiment pas top… Alors on a tous les trois plaqué nos jobs pour ça », raconte Martin Jaglin. Une campagne de crowdfunding permet alors de récolter 40 000 euros (2016). Début 2018, une levée de fonds ajoute un million d’euros pour faire grandir le jeu. Avec des donateurs prestigieux qui contribuent à faire connaître la marque : le DJ Martin Solveig, Sébastien Bazin (ex-président du PSG époque Colony Capital) ou la famille Amaury (propriétaire du quotidien L’Equipe) pour ne citer qu’eux.

Surtout, la Coupe du monde en Russie fait exploser la notoriété des trois business-blagueurs. En parallèle de MPG, qui fonctionne donc pendant la saison, ils poussent Mon petit Prono : un site internet de pronostics gratuit. « La Russie l’a vraiment popularisé, mais on l’avait lancé lors de la CDM au Brésil, puis pour l’Euro », précise le fondateur.

« Ca a très bien fonctionné auprès de nos joueurs et en entreprise et en famille : l’idée de faire des pronostics permet de suivre la compétition autrement, ça « gamifie » la Coupe du monde en apportant de l’adrénaline », s’enthousiasme Martin Jaglin. Un pari sur une victoire de la Russie, mis à mal aux tirs au but par la Croatie et la soirée s’enflamme ! « Ca change la façon de suivre le foot », résume Martin Jaglin.

800 000 pronostiqueurs, dont 35% de femmes

Plus de 800 000 footeux profite de la plateforme pour pronostiquer. Beaucoup de marques tentent alors de démarcher MPG pour proposer des gains à la clé, mais les fondateurs refusent. « Le sentiment de battre son pote et pouvoir l’appeler le lundi matin est plus fort que de rentrer dans l’engrenage de cadeaux pour gagner un scooter ou un tee-shirt », défendent les entrepreneurs.

Car aujourd’hui, c’est bien d’une entreprise qu’il s’agit. Avec la notoriété de MPP l’été dernier, MPG grandit. Aujourd’hui Mon petit gazon joue se aussi sur les pelouses espagnoles et anglaises. « Nous avons 38 000 joueurs donc c’est tout petit, mais nous venons de recruter un Espagnol pour développer le marché et pensons à investir d’autres pays européens fans de foot. » Le « mode ultra », lancé tout début janvier qui permet en plus du mercato traditionnel d’organiser une minute de draft pour récupérer les joueurs encore disponibles, ajoute encore plus d’adrénaline. Une nouveauté payante, qui s’ajoute au mode expert et autres options complémentaires, qui permet aussi de financer une partie du site.

Et le foot féminin dans tous ça ? « A court terme nous n’avons pas de projets », répond Martin Jaglin. Pour la Coupe du monde par contre, qui commence dans moins de 150 jours, il avoue « se poser la question » de relancer Mon petit prono. « La décision n’est pas prise » et on la sent plutôt penchée du mauvais côté… mais on ne peut que les encourager ! Une compétition comme ça en France, ça se rate pas ! D’autant que si les femmes ne sont -pour l’instant- que 15% des joueurs de Mon petit Gazon, elles représentaient l’été dernier 35% des pronostiqueurs du Mondial sur Mon petit prono.

Alors bien sûr, les onze salariés de l’équipe MPG devront être au taquet du 7 juin au 7 juillet. Bien sûr des femmes devront peut-être être recrutées (« on attend que ça, on a même spécifié dans notre dernière annonce de recrutement qu’on privilégierait les femmes à compétences égales, ce qui est interdit, mais on n’a pas eu de postulantes… », regrette Martin Jaglin.). Bien sûr, ce sera encore un mois de folie, de soirées bière-foot et de « Second poteau…. Majri ! » Bien sûr… On y croit !

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