#JordanQuest – J2 : Le plein d’envie et de soutien

En juin 2017, Sandrine Dusang avait rejoint l’équipe d’Equal Playing Field pour un incroyable challenge sur le Mont Kilimandjaro. En participant il y a quelques mois à la #JordanQuest, seconde aventure initiée par EPF, l’ancienne internationale française a à nouveau montré son engagement dans la lutte contre les inégalités, et son envie de soutenir et de promouvoir le football pratiqué par les femmes. Aujourd’hui, à travers son journal de bord, notre consultante nous raconte son aventure en Jordanie. Entre rencontres, trek, lieux historiques, matches d’exhibition, camps d’entrainement et match record, l’ancienne joueuse est rentrée avec des souvenirs plein la tête. Récit.

Jour 1

Jour 2 – Lundi 26 mars 2018

Premier réveil et suite des retrouvailles

à Amman – J’ouvre les yeux vers 7h30 et je me prépare pour descendre au petit déjeuner en pensant que c’est bel et bien aujourd’hui que la #JordanQuest commence. Au programme du jour : réunion de bienvenue, entrainement, et conférence de presse pour lancer l’évènement. Allez c’est parti ! En arrivant au p’tit déj’ je lance un « good morning » à chaque personne que je croise, en attendant les présentations plus officielles. Pour les gens que je connais déjà, le bonjour et souvent accompagné d’une accolade : le fameux « hug » qui remplace la bise dans pas mal de pays, et tout particulièrement aux Etats-Unis.

Jasmine et moi après le match record sur le Kilimandjaro

Transition toute faite, puisque quelques minutes après m’être installée à notre grande tablée, je me retrouve nez à nez avec Jasmine Henderson, devenue l’une de mes Américaines préférées. Elle aussi avait fait le voyage en Tanzanie et nous avions été coéquipières pour le match record à la plus haute altitude. Nous avions marché ensemble après la rencontre et nous nous étions serré les coudes pour atteindre le sommet du Kilimandjaro. Je pense que c’est ce genre de moments qui fait que nous avons créé un lien particulier toutes les deux. On se saute dans les bras, on parle fort… Je crois que les gens autour de nous comprennent rapidement qu’on s’apprécie et qu’on est heureuse de se revoir ! L’équipe au complet ou presque, on partage toutes et tous notre premier petit déjeuner ensemble, un moment cool comme je les aime. Si les retrouvailles sont géniales, il faut malgré tout essayer de tenir le programme alors tout le monde va récupérer ses affaires dans les chambres et on se rejoint quelques minutes plus tard pour la fameuse réunion de bienvenue.

Entre sérieux et décontraction

La réunion de bienvenue, l’occasion pour moi d’enfin revoir Erin, l’une des fondatrices d’EPF avec laquelle j’avais passé beaucoup de temps en Tanzanie puisque nous avions fait l’ascension du Kili dans le même groupe de marche. Tout le monde fini par prendre place dans la salle et la formidable doublette de fondatrices, Laura Youngson et Erin Blankenship, s’empresse de nous parler plus en détails de l’initiative, de ce nouveau projet en Jordanie et de nous donner des outils (notamment un guide « social media toolkit ») pour que partout dans le monde on entende parler de la #JordanQuest. Yasmeen Shabsough et Haneen Khateeb, joueuses qui connaissent bien EPF entre dans la boucle des organisatrices sur cette aventure puisque nous sommes ici chez elles, en Jordanie. Elles ont travaillé sur le programme et le contenu depuis des mois alors elles prennent elles aussi la parole pour nous en dire davantage sur le trek, les matches d’exhibition et surtout sur les camps d’entraînement mis en place pour les jeunes filles locales.

S’en suivent les présentations des arbitres, du staff médical, de l’équipe média et des membres de l’organisation. Après un bon moment de sérieux, il fallait quelque chose pour retrouver une ambiance plus dynamique et moins studieuse. C’était chose faite avec un petit jeu lancé un peu par hasard : « 3 affirmations, devinez laquelle est un mensonge », puis un exercice de team-building qui démarrait à coup de « pierre-feuille-ciseaux ». Des duels partout dans la pièce, un sacré chahut. D’autant plus quand les perdants du duel deviennent supporters de l’adversaire qui les a battu. Un sacré vacarme mais beaucoup de sourires et de complicité avant de débuter notre campagne jordanienne.

L’entrée dans le vif du sujet

11h30, le départ pour le terrain d’entrainement est prévu dans quinze minutes. Chacune récupère une gourde, son panier repas et est libre de prendre des snacks, gracieusement offerts par Jolly Man. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, Jolly Man est un spécialiste du boeuf séché. Perso, ça passait les premiers jours mais je suis bien vite retournée vers mes graines, baies et noix. Bref, direction le bus. Trente minutes de transport et un déjeuner avalé plus tard, nous voilà dans la banlieue d’Amman, prêtes à fouler notre premier terrain de football en Jordanie, sous une chaleur écrasante (le thermomètre flirte déjà avec les 40°). Le coup d’envoi de la #JordanQuest est donné !

Programme de la séance du jour : échauffement, répétition des exercices et ateliers que nous proposerons aux jeunes filles lors du premier camp d’entrainement le lendemain, et une opposition entre nous. Juste ce qu’il faut pour se mettre en jambes et commencer à découvrir un peu les footballeuses que je ne connais pas encore. L’ambiance est bon enfant et en dehors des « missions » pour lesquelles nous sommes là, nous trouvons toujours un moyen de créer des liens et de la complicité entre nous. L’exemple du jour : faire la promotion des snacks Jolly Man grâce à des photos décalées ou même des simulations de spots publicitaires. Cela nous a valu quelques fous rires. C’est aussi ce qui m’a fait découvrir Maryana, l’une des jordaniennes qui a rejoint la famille EPF pour ce projet. Moi qui pensais qu’elle était timide en lui disant bonjour hier, je sais maintenant que j’étais très loin du compte à son sujet. Nous prenons quelques minutes pour papoter à la fin de la séance, puis nous remontons dans le bus pour faire le chemin inverse et retourner à l’hôtel.

La conférence de presse, un premier succès !

Pas vraiment le temps de se poser. Passage express dans les chambres pour une douche toute aussi rapide et direction la grande salle de réunion pour le lancement officiel de la #JordanQuest. Il est un peu moins de 16h00 et à l’entrée de la salle se dresse un « goûter d’accueil » avec du café, du thé et divers biscuits locaux. Plus les minutes passent, plus il y a de monde. Les organisatrices nous présentent certains partenaires et nous prenons le temps d’échanger quelques mots avec les personnes qui nous encouragent et nous soutiennent dans notre quête. La salle est bien remplie et je dois admettre que je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi pro et à autant de monde. En plus des partenaires et sponsors, de nombreux médias sont aussi présents. Preuve qu’Equal Playing Field a déjà de l’impact et que la Jordanie est finalement plus réceptive à ce genre de projets, de causes et d’initiatives, que ce que l’on pourrait imaginer.

Le Prince Ali Al Hussein, Président de la Fédération jordanienne de football, qui a encouragé et aidé à la réalisation de ce projet, n’est malheureusement pas présent aujourd’hui mais je sais que ce n’est que partie remise… La conférence de presse est animée par Ben Jacob, journaliste/commentateur pour beIN SPORTS. Avec son équipe, il avait réalisé le documentaire sur notre aventure en Tanzanie et fera de même pour ce projet en Jordanie. Ben est une pile électrique, il aime échanger et il est toujours plein d’idées alors difficile d’imaginer quelqu’un d’autre pour mener la conférence de presse aujourd’hui. Le micro passe de main en main pendant environ deux heures. Nous prenons quelques photos souvenirs, distribuons quelques poignées de main, puis quittons finalement la salle…

Temps libre, hospitalité, numéro 13

Le rythme de la journée se calme enfin et nous avons un peu plus d’une heure devant nous avant le dîner. Certaines filles vont aller acheter quelques snacks ou choses oubliées. Elles font alors le tour pour savoir qui a besoin de quoi. Je demande à Laura de me trouver une paire de « flip-flop » (des tongs) parce que j’ai omis de mettre les miennes dans la valise. Je sais que c’est indispensable parce qu’après des journées de sept ou huit heures de marche, ça fait vraiment du bien d’enlever ses chaussures de rando et de se mettre les pieds à l’air. Pendant que les filles vont faire les courses, d’autres se posent dans leur chambre ou boivent un verre dans le coin. Je décide de retirer un peu de cash au distributeur dans le hall de l’hôtel, mais après trois essais je comprends qu’il y a un problème avec cette machine ! Par chance ma carte n’a pas été gobée. Je demande de l’aide au réceptionniste qui semble finalement bien plus embêté que moi par ce dysfonctionnement. Il appelle un de ces collègues et lui demande de m’accompagner jusqu’à un automate en ville. Franchement, les gens sont accueillants et aux petits soins pour nous ici.

Les fameuses tongs… J’ai pas menti hein ? 😉

Après le dîner, nous récupérons nos achats. Laura m’adresse un large sourire et un regard taquin. Je sens la connerie arriver et lorsqu’elle me tend mes tongs, je comprends mieux son attitude. Les tongs sont d’un bleu pétant immanquable et décorées de petites fleurs elles aussi tape-à-l’oeil. La discrétion ce sera pour un autre jour ! Elle rit et me lance un « C’est un cadeau Duss ! ». Je vais ensuite chercher mon package (sac à dos, casquette, t-shirt…) et mes équipements pour le match record que nous jouerons dans dix jours à Ghour el Safi, à quelques mètres de la mer Morte et du point le plus bas sur Terre (422 mètres en dessous du niveau de la mer). Je sais maintenant officiellement que je jouerai dans l’équipe blanche et avec le numéro 13, comme je l’avais demandé. Une dédicace à mon frère né un 13 août, qui nous a quitté bien trop tôt. Je ramène mes affaires à la chambre, je mets mes sacs en ordre, je papote quelques minutes avec Deena et je me couche. Il est 23h00. Demain matin nous quittons le confort de l’hôtel et je sais que je dois déjà recharger les batteries au maximum pour anticiper les grosses journées à venir, alors bonne nuit !


     

Participe au 3e record l’été prochain en France !

Crédits photos : Sandrine Dusang/ Equal Playing Field/ Dana Roesiger

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