#JordanQuest – J1 : Premiers pas et retrouvailles

En juin 2017, Sandrine Dusang avait rejoint l’équipe d’Equal Playing Field pour un incroyable challenge sur le Mont Kilimandjaro. En participant il y a quelques mois à la #JordanQuest, seconde aventure initiée par EPF, l’ancienne internationale française a à nouveau montré son engagement dans la lutte contre les inégalités, et son envie de soutenir et de promouvoir le football pratiqué par les femmes. Aujourd’hui, à travers son journal de bord, notre consultante nous raconte son aventure en Jordanie. Entre rencontres, trek, lieux historiques, matches d’exhibition, camps d’entrainement et match record, l’ancienne joueuse est rentrée avec des souvenirs plein la tête. Récit.

Pour ceux et celles qui ne le sauraient pas encore, Equal Playing Field (EPF) est une initiative communautaire à but non lucratif visant à lutter contre l’inégalité entre les sexes dans le sport et à promouvoir le développement du sport pour les filles et les femmes dans le monde, en particulier dans les pays marginalisés. Il vise spécifiquement à garantir les chances, l’égalité et le respect des filles et des femmes dans le sport et dans la vie, en combinant des défis de haut niveau, en mettant en œuvre des programmes de formation et d’autonomisation à travers des partenariats locaux et internationaux. Par le biais de ses joueuses, coachs, arbitres, mentors et partenaires, EPF est présent dans 29 pays sur 6 continents, tous dédiés à améliorer les échanges et les discussions autour des femmes dans le sport, en ayant un impact réel sur les élites et les communautés.


Durant l’été 2017 quelques semaines après avoir pris ma retraite footballistique, je m’envolais pour la Tanzanie avec l’objectif de gravir le Kilimandjaro et d’enregistrer un record du monde en jouant le match à la plus haute altitude (fait le 24 juin 2017, à 5714 mètres). Cette expérience en Afrique avait été intense, encore bien plus que ce que j’avais pu m’imaginer… Avant de partir, je n’avais pas vraiment pensé à autre chose qu’aux défis à relever, mais l’aventure humaine que j’ai vécu et les rencontres que j’ai fait lors de ce mois de juin, ont probablement changé ma vie.

Alors forcément lorsqu’Equal Playing Field est revenu vers moi pour me parler de la #JordanQuest et me demander si je voulais rejoindre ce nouveau projet, ma réponse ne s’est pas fait attendre et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai validé ma participation pour cette seconde aventure. Comment ne pas avoir envie de jouer le match à la plus basse altitude après avoir déjà joué le plus haut. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre.

Jour 1 – Dimanche 25 mars 2018

Jordanie, Afghanistan et Danemark en une heure

Amman by night

À Amman – Rendez-vous pris, c’est deux jours après avoir fêté mes trente-quatre printemps, que tout commençait. Environ quatre heures et demie après avoir décollé de Paris, je découvre Amman by night par le hublot de l’avion. Je devine principalement les lampadaires qui longent les rues du centre-ville mais je me rends déjà compte, même à quelques milliers de mètres du sol, que la capitale de la Jordanie n’a absolument rien à voir avec les capitales européennes. Je me réjouis d’être ici, en Jordanie, puisque je n’y suis jamais venue. C’est même d’ailleurs la première fois que je me rends dans un pays du Moyen-Orient.

Quelques pas à la sortie de l’avion avant qu’une pancarte « The lowest spot in the world football match, welcome to Jordan » attire mon attention. Pas de doute, j’ai trouvé le chemin à suivre… C’est à l’aéroport que je fais ma première « nouvelle » rencontre avec Shabnam Mobarez, capitaine de l’équipe nationale afghane, qui attendait mon arrivée pour partager un taxi. Je ne le savais pas à ce moment là mais « Shab » fera partie de mes coups de coeur de l’aventure. Une joueuse talentueuse de vingt-deux ans, et une personnalité à laquelle on ne peut que s’attacher. Comme Nadia Nadim, Shabnam est née en Afghanistan et a quitté son pays natal avec sa famille pour s’installer au Danemark, où elle joue actuellement. À n’en pas douter, son nom reviendra dans quelques paragraphes de mon histoire…

Hôtel pour deux nuits, colloc’ avec qui ?

Sac récupéré, nous prenons la route pour l’hôtel Days Inn d’Amman où nous passerons les deux premières nuits du séjour. Nous arrivons à l’hôtel assez tard alors la majorité de l’équipe est déjà partie dormir. Je croise Laura (Youngson), co-fondatrice d’Equal Playing Field qui s’apprête à rejoindre sa chambre elle aussi. Dans le hall, je fais la connaissance de Sarah, une Américaine venue porter main forte en tant que joueuse mais surtout donner un grand coup de pouce au niveau de l’organisation. Souriante et enthousiaste, c’est elle qui m’indique le numéro de la chambre que je partagerai avec Deena Rahman.

Deena lors de notre précédente aventure sur le Kilimandjaro

Deena faisait elle aussi partie du projet pour le Kilimandjaro, mais pas du même groupe de marche que moi. Nous nous étions plutôt bien entendues mais n’avions pas vraiment pu échanger plus que cela alors ce sera l’occasion de la découvrir un peu plus cette fois-ci. Deena est née en Angleterre et a joué là-bas pendant plusieurs années (Fulham, Arsenal, et équipe nationale d’Angleterre U18 à l’époque). En 2010, elle est partie au Bahrain pour un poste d’entraineur dans une académie du club d’Arsenal. Elle a finalement fait sa vie là-bas, et depuis, Deena et son mari Paul, ont monté leur propre académie : la Tekkers Academy, où ils coachent différentes équipes d’enfants ou d’adolescents, mais aussi quelques adultes. « D. » comme on la surnomme souvent, joue pour l’équipe nationale de football du Bahrain (militaire et futsal également). En résumé, Deena est une femme de nature plutôt tranquille au premier abord, mais dans le genre hyperactive quand on la connait mieux. Très appréciée par l’ensemble de l’équipe, et avec sa double casquette de joueuse/entraineure, on peut considérer que Deena fait partie des meubles d’Equal Playing Field en quelque sorte.

Toujours un peu de France pas loin

Emma, ma compatriote et première supportrice

Finalement, l’hôtel semble plutôt calme pour cette première soirée. Il ne reste qu’un petit groupe installé au bar que je rejoindrai probablement après avoir mangé un bout au buffet du restaurant. Une fois installée à table avec Shabnam, Emma vient nous faire un petit coucou avant d’aller se coucher. Emma Humphris est l’autre Française de l’équipe. Elle n’est pas joueuse mais fait un boulot énorme au niveau de l’organisation depuis la création d’Equal Playing Field. Un petit bout de femme plein d’énergie et qui se plie toujours en quatre – voire plus – pour faire en sorte que tout roule et que tout le monde se sente le mieux possible. J’adore Emma ! Pour tout ce qu’elle fait, tout ce qu’elle est, mais aussi parce que quand mon cerveau est fatigué de l’anglais, je sais que ma compatriote n’est jamais bien loin.

Après le dîner, je rejoins le groupe au bar pour dire bonjour, malgré la fatigue qui commence à me gagner. L’occasion de saluer quelques « mountain sisters » du Kilimandjaro, visiblement aussi ravies que moi de toutes se retrouver, mais également de découvrir quelques nouveaux visages avec plusieurs représentantes locales notamment. Vers minuit, je décide sagement d’aller me coucher parce que je sais que les jours à venir seront bien chargés et que j’ai besoin de repos pour être en forme dès demain.


Lire la suite : Jour 2

     

Participe au 3e record l’été prochain en France !

Crédits photos : Sandrine Dusang/ Equal Playing Field/ Dana Roesiger

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