#JordanQuest – Jour 8 : Les trésors de la magnifique Pétra

En juin 2017, Sandrine Dusang avait rejoint l’équipe d’Equal Playing Field pour un incroyable challenge sur le Mont Kilimandjaro. En participant il y a quelques mois à la #JordanQuest, seconde aventure initiée par EPF, l’ancienne internationale française a à nouveau montré son engagement dans la lutte contre les inégalités, et son envie de soutenir et de promouvoir le football pratiqué par les femmes. Aujourd’hui, à travers son journal de bord, notre consultante nous raconte son aventure en Jordanie. Entre rencontres, trek, lieux historiques, matches d’exhibition, camps d’entrainement et match record, l’ancienne joueuse est rentrée avec des souvenirs plein la tête. Récit.

Jour 1 , Jour 2 , Jour 3 , Jours 4 à 7

Depuis le mois d’octobre, La Jordanie connaît des inondations. Il y a quelques jours, Pétra a été touchée par des pluies diluviennes. Un torrent de boue a envahi la ville et fait une douzaine de morts. La cité antique a elle aussi été touchée, visiblement sans faire de victimes. Espérons que la belle Pétra n’en garde pas trop de séquelles. Toutes mes pensées vont au peuple jordanien.

Jour 8 – Dimanche 1er avril 2018

à Little Petra – Après une bonne nuit, bien que le vent ait parfois perturbé notre sommeil, Shabnam, Shivani et moi nous réveillons à 6h30. Un réveil encore un peu plus tôt que d’habitude car la journée va être assez chargée. Dans notre petite tente en forme de cube, nous prenons quelques minutes avant de chacune quitter nos couchages et prendre le chemin des sanitaires, puis du petit déjeuner. C’est sous une grande tente que les repas sont servis dans ce camp. Aujourd’hui, j’abandonne un peu mes oeufs durs et mes tomates pour des céréales et du fromage blanc. En revanche, pas de changement pour mes deux bons gobelets de café. Ça y est j’ai maintenant les yeux en face des trous et je suis suffisamment réveillée pour commencer la journée. Quelques mots échangés, quelques accolades aux copains/copines et je pars m’installer dans un des bus à destination de Pétra.

L’effet « waouh » de Pétra

Lorsque nous arrivons au centre d’accueil des visiteurs de Pétra, le lieu le plus visité de Jordanie, de nouvelles participantes nous rejoignent. Parmi elles, Maggie Murphy, une Anglaise qui fait partie du comité d’organisation d’Equal Playing Field et qui est dans l’équipe depuis le lancement de l’initiative. Maggie était du voyage en Tanzanie et nous avions partagé de très bons moments ensemble alors c’est un plaisir de la revoir ici, en Jordanie.

L’un des passages les plus étroits du Sîq

Moya Dodd est également présente pour apporter sa pierre à l’édifice. J’ai toujours beaucoup entendu parler de Moya ou regardé des vidéos de ses différentes interventions. Ancienne joueuse internationale australienne, Moya Dodd a toujours et fait toujours en sorte de valoriser les footballeuses et de se battre pour leur reconnaissance. C’est une femme avec de superbes valeurs, une femme très inspirante… Et je suis un peu comme une gosse de la voir avec nous aujourd’hui, j’avoue.

Rapides présentations faites, nous prenons le chemin de la cité antique de Pétra qui se trouve plus bas, à environ un kilomètre et demi d’ici. Une marche de vingt-cinq minutes où nous suivons l’impressionnant canyon du Sîq. Je descends avec Sabrine, même si elle est un peu de mauvais poil aujourd’hui, hahaha. Pour les visiteurs du site qui ne peuvent pas marcher (ou qui sont simplement fainéants), des cavaliers font les allers-retours entre l’accueil et la cité antique. Des chevaux au trot ou au galop dans le canyon d’un site archéologique c’est sympa à voir, mais encore une fois ça me fait de la peine pour les animaux qui doivent être épuisés de ces montées/descentes. Le lieu est magnifique. Par moment, j’ai presque l’impression d’être dans un film. D’ailleurs, Indiana Jones est passé par là bien avant nous (Indiana Jones et la Dernière Croisade, 1989). La pénombre dans des passages resserrés mais tellement hauts, et d’un coup, tout s’éclaircie à la vue de la Khazneh, l’un des plus beaux monuments de Pétra, à la façade taillée directement dans la roche. C’est là qu’arrive le grand « waouuhhh… ».

Tennis-ballon et photos mémorables

Décor idéal pour une photo de groupe et même si le cadre s’y prête un peu moins, nous improvisons un tennis-ballon devant la Khaznek, au beau milieu de la cité antique. Les touristes se demandent un peu d’où on sort mais la scène est géniale et sera, à n’en pas douter, l’un des moments magiques de notre passage en Jordanie !

Partie terminée, nous divisons l’équipe en groupes de plus ou moins dix personnes. Chaque groupe a un ou une photographe avec lui et doit trouver l’endroit le plus sympa possible pour organiser une sorte de shooting photos. Matthew (Pendergast) sera notre photographe. Je sais qu’il va nous trouver un super spot, il est bon, il ne manque pas d’inspiration, et il a toute ma confiance. Quelques minutes plus tard, nous voilà installés sur un point en hauteur avec un arrière plan top. J’avais dit qu’il était bon mon Matt ! Dans un premier temps, nous faisons des photos individuelles avec le ballon. En mouvement ou non, les poses s’enchaînent avec plus ou moins d’originalité. Lorsque tout le monde y est passé, nous partons pour un petit tour de photos plus « perso » par deux ou trois, ou avec des dédicaces particulières. Je prends la pose avec Shabnam bien sûr, mais aussi avec Yasmeen. Un moment très sympa qui laissera derrière lui de très beaux clichés. Merci Matt ! Deux heures et demie passées sur ce site incroyable et il faut maintenant reprendre le chemin dans l’autre sens pour retourner au bus et enchaîner avec la suite du programme.

Tombée sur la tête…

Comme c’est souvent (tout le temps) le cas, la journée est assez rythmée, mais nous prenons le temps pour manger un bout avant d’aller au stade de la ville. Cet après-midi, nous jouons un match d’exhibition puis ce sera l’heure du deuxième camp d’entrainement avec les jeunes filles locales. Trop hâte. Nous arrivons au stade un peu avant 13h00 et j’ai l’impression que la mise en route est difficile pour nous toutes. Il fait chaud, le terrain synthétique me brûle les pieds, alors j’en viens à mettre de l’eau dans mes chaussures pour les humidifier. En fin de journée, l’odeur de mes chaussures et chaussettes me fera peut-être regretter ce geste mais pour le moment je n’y vois que le bon côté : mes pieds ne brûlent plus. Retour à l’échauffement avec de la course, des montées de genoux, des talons-fesses, des pas chassés et toute la panoplie pour faire chauffer la machine. Ensuite, Erin prend en charge une partie « étirements activo-dynamiques » et nous nous mettons en place pour le match.

À quelques joueuses près, les équipes sont celles qui s’affronteront pour le match record dans quatre jours maintenant. Dans le coeur du jeu, je me retrouve assez souvent dans des duels face à Shabnam ou Sabrine qui jouent elles aussi en milieu de terrain. On se rend coup pour coup mais toujours dans un esprit fair-play et cela nous donne l’occasion de se chambrer un peu les unes et les autres. La partie se déroule bien, il y a des buts des deux côtés et mon équipe prend l’avantage grâce à un but de Kim, notre attaquante de choc. L’action suivante, j’accélère… puis retenue par le bras, je tombe en arrière et ma tête percute lourdement le sol. Mon souffle se coupe. Lorsque j’ouvre les yeux à nouveau, tout est un peu confus. Aidée par la doc, je m’assieds. J’ai la tête qui tourne. Je me relève avec prudence et on m’assiste pour sortir du terrain. Le staff médical préfère me garder près de lui même si c’est probablement (juste) le choc et la chaleur qui m’ont fait tourner un peu de l’oeil. Je ne rejouerai pas aujourd’hui en tout cas.

Camp d’entrainement n°2

Le match terminé, c’est directement avec le camp d’entrainement que la journée continue. Comme cela avait été le cas à Jerash, les ateliers se mettent en place aux quatre coins du terrain et les jeunes filles sont encore bien présentes aujourd’hui. La haie d’honneur se dresse et les cent quarante gamines la traverse une à une pour rejoindre le rond central du terrain. J’adore ce moment, où tu vois passer toutes ces jeunes filles les unes derrières les autres. Elles sont toutes différentes mais elles affichent toutes le même sourire et le même enthousiasme quand elles se lancent sur le terrain. Ces sourires ne mentent pas. C’est quelque chose de fort, quelque chose qui te réjouis autant que ces gamines, quelque chose qui te laisse penser qu’on a déjà un peu gagné et ouvert certaines portes ici en Jordanie.

Aujourd’hui, je dois assister Yasmeen sur son atelier mais assez rapidement je préfère aller me mettre à l’ombre. La chaleur est écrasante et j’ai déjà suffisamment mal à la tête. Rien de bien méchant, mais je décide de la jouer un peu plus tranquille cet après-midi. Je parle avec le staff médical, avec Emma, Laura, et je vais prendre la pose pour ma « photo officielle » de la #JordanQuest. C’est Kevin (Blackenship), le frère d’Erin, qui prend les clichés. Pour l’accompagner, Ben (Sandhu), qui vit en Australie et qui a fondé la marque Ida Sports avec Laura. Il a emmené un ou deux t-shirts pour qu’on puisse faire quelques photos avec aussi, mais le challenge que se lance Ben, Laura et leur équipe d’Ida Sports, c’est de concevoir des chaussures spécialement dédiées aux femmes. Je suis sûre qu’ils y arriveront parce que c’est des dingues ! En tout cas, j’aime le logo de la marque, cette « vague du changement » comme s’amuse à le dire Laura. Bref, moment sympa passé avec les gars. Je retourne vers le terrain pour la clôture du camp d’entrainement. Les jeunes filles ont l’air ravie même si tout le monde semble bien fatigué, les petites comme les grandes. Un goûter partagé, un diplôme remis, des tapes dans les mains et des accolades distribuées, et nous remontons dans les bus pour le retour au camp.

Alors on danse ?

On prend les mêmes et on recommence… Nous voilà de nouveau au camp fixe des Bédouins à Little Pétra. Il est déjà 18h30 mais je me pose tranquille pour boire un thé. Le repas est prévu dans une heure environ. Je prends quand même le temps parce que je sais que cela va se bousculer aux douches. Nous avons essayé d’instaurer un maximum de cinq minutes par douche mais avec certaines, je sais d’avance que c’est peine perdue.

Comme hier, le dîner est top. Un buffet avec plusieurs choix d’entrées froides et deux plats chauds : végétarien ou à base de poulet. J’essaie de profiter de tout le monde et de changer de table régulièrement mais j’avoue que Shabnam, Sabrine et moi, on a de plus en plus de mal à ne pas fonctionner par trois. Ce soir, nous partageons le repas avec Teresa, Esraa, Maryana, Claudie, Jude, Rajvi et Saja. Pour communiquer, un mélange d’anglais, d’arabe et de français. C’est assez marrant. Maintenant, quand on se croise le matin, presque tout le monde me dit « Hey Duss, ça va ? ». J’apprends aussi quelques mots en arabe, même si l’accent les fait souvent bien rire. Mais ça c’est un détail.

Après le dîner, on partage encore un moment autour du feu avec des musiques orientales. Les chorégraphies s’organisent. En cercle, tout le monde tient son voisin ou sa voisine avec le bras par dessus l’épaule. Je participe volontiers, je me concentre sur les premiers pas et ça se passe plutôt pas mal. Jusqu’à ce que la musique accélère et que les pas des copines deviennent de plus en en plus rapides et complexes. Je jette l’éponge pour ce soir. Je crois qu’il y a encore des progrès à faire de ce côté-là. Je reste malgré tout aux abords de la « piste » et profite de ces moments uniques avec tout le monde. On dormira sans doute assez peu cette nuit encore mais tant pis. Après tout, on a qu’une vie…


     

Participe au 3e record l’été prochain en France !

Crédits photos : Sandrine Dusang/ Equal Playing Field/ Matthew Pendergast / Dana Roesiger

Laisser un commentaire