Gunhild Magnor : « Un jour, ma mère est rentrée et m’a dit qu’elle avait commencé le volleyball. Elle avait 73 ans ».

Réalisatrice et photographe norvégienne, Gunhild Westhagen Magnor nous fait l’honneur de participer au Festival Foot d’Elles. C’est même son film, Les Optimistes (2013), un éloge de la vieillesse racontant l’histoire d’une équipe de volley un peu particulière, qui sera projeté ce soir à Reims pour officiellement lancer les festivités de notre évènement qui parcourra la France jusqu’au 6 juillet. Nous avons pu lui poser quelques questions.

OÙ VOIR LES OPTIMISTES PENDANT LE FESTIVAL ?
REIMS : le 5 juin à l’Opéraims à 20h30 en présence de la réalisatrice Gunhild Westhagen Magnor
LE HAVRE : le 6 juin au Sirius à 20h30 en présence de la réalisatrice Gunhild Westhagen Magnor

FE : Bonjour Gunhild, pouvez-vous vous présenter aux fans de Foot d’Elles et nous dire comment vous avez entendu parler du Festival Foot d’Elles ?

Gunhild Westhagen Magnor : Je suis une réalisatrice et photographe norvégienne. Cela fait désormais 20 ans que je travaille dans ce milieu. J’ai réalisé plusieurs documentaires et des séries TV. Les Optimistes est le premier film que j’ai fait pour le grand écran et qui est passé au cinéma dans plusieurs pays et notamment en France. J’ai pas mal voyagé à des festivals avec ce film, qui m’a fait gagner plusieurs prix dont je suis très fière. Je suis surtout très reconnaissante des prix décernés par le public, qui sont selon moi les meilleurs prix car après tout nous faisons des films pour le public.

J’étais très heureuse d’apprendre que j’étais invitée il y a deux mois au Festival Foot d’Elles. C’est à ce moment que j’en ai entendu parler mais je n’ai pas hésité à accepter l’invitation. Ce sera mon anniversaire le jour de la projection donc c’est aussi spécial pour moi (rires) ! J’ai hâte d’assister à la projection et de rencontrer le public.

Vous avez mentionné votre film Les Optimistes. Pouvez-vous nous en dire plus et nous dire ce qui vous a motivé à raconter cette histoire ?

Nous vivons à une époque où beaucoup de personnes ont peur de vieillir. Je voulais faire un film qui donnait une autre vision de la vieillesse. C’est comme ça que l’idée m’est venue. Je voulais raconter une histoire plus joyeuse, plus optimiste de la manière dont nous vieillissons. Moi-même j’ai peur de vieillir, d’être trop vieille pour découvrir de nouvelles choses, comme commencer un nouveau sport. Un jour, ma mère est rentrée à la maison et m’a dit qu’elle avait commencé le volleyball. Elle avait 73 ans. J’étais très étonnée. Je lui ai demandé « mais tu n’es pas trop vieille pour ça ? ». Et elle m’a répondu non et que la plus âgée avait 98 ans ! Comment était-ce possible ? J’ai très vite compris qu’il fallait que j’aille à la rencontre de cette équipe. Je les ai rencontrées et j’ai été fascinée. J’ai appris à connaitre ces femmes, ces Optimistes. J’ai été spécialement impressionnée par Goro, la personne principale du film, d’abord par le fait qu’elle jouait au volley à son âge mais surtout par son attitude dans la vie. C’était parfait pour ce que je voulais montrer et ce que je voulais dire.

On imagine que ces femmes sont une source d’inspiration…?

Le fait que ce soient des femmes donne une toute autre dimension au film. Ces femmes n’étaient pas autorisées dans leur jeunesse à jouer, simplement parce qu’elles étaient des femmes. Elles étaient censées faire la vaisselle, aider à la maison avec la mère pendant que les frères étaient dehors en train de jouer au foot. Elles étaient toujours sur la touche en fait. Je trouve fantastique que cela ne les ait pas arrêtées. Elles ont juste commencé plus tard. Ce n’est jamais trop tard.

Que vous inspire l’idée du Festival Foot d’Elles, de combiner sport, cinéma et sujets sociétaux comme l’égalité femmes-hommes et droits des femmes ?

C’est une idée formidable. Le football pratiqué par les femmes est en train de croitre et de devenir très important et il était temps. Les festivals comme celui-là aident à mettre ces sujets et thématiques sur le même agenda et contribuent à mettre de la lumière et de la visibilité dessus. Cela aide à répandre le message et c’est très important selon moi.

La Coupe du monde approche et la sélection de Norvège ne pourra pas compter sur sa meilleure joueuse Ada Hegerberg. Avez-vous un avis sur cette non-participation, qui serait justifiée par un manque de considération de la fédération ?

Je trouve cela admirable qu’elle ose demander une égalité salariale entre hommes et femmes. En tant qu’une des meilleures joueuses, si ce n’est la meilleure joueuse de la planète, sa voix peut résonner fort. La Norvège a été récemment le premier pays à signer un accord historique d’égalité salariale entre joueurs et joueuses de la sélection. Il faut espérer que cela permette de prendre des responsabilités et de porter une seule et même voix.

Pour conclure, avez-vous un message pour les fans de Foot d’Elles avant le Festival ?

Oui, j’aimerais que le plus de monde possible vienne à la projection de mon film pour que je puisse vous rencontrer ! Profitez du Festival avec la Coupe du monde et passez de beaux moments !

Propos recueillis et traduits par Max Seeler

Laisser un commentaire