France – USA : un dispositif exceptionnel pour une rencontre exceptionnelle.

Samedi, au Havre, c’était la fête du football. Si 22 280 personnes garnissaient les rangs du stade Océane, un dispositif de communication exceptionnel marquait le début de la course à la Coupe du Monde pour offrir bien plus qu’un match amical aux spectateurs et aux citoyens du Havre. Decryptage.

Une affiche de prestige à guichets fermés

Le simple attrait de l’affiche, prestigieuse, a suffi pour que des fans fassent le déplacement jusqu’au Havre, parfois de très, très loin, par amour du Beau Jeu et de deux équipes . Deux jours avant le match, on apprend qu’il se jouera à guichets fermés et le site de la FFF affiche complet depuis un certain temps, forçant les fans à chercher des solutions alternatives. 20h45, un samedi, les Simpson trinqueront au profit du football chez W9, qui régale avec son prime, en compagnie de Camille Abily et Denis Balbir. 

On peut aussi imaginer l’impact d’une politique de prix très abordable pour être bien placés. Ainsi, pour une vingtaine d’euros, on pouvait profiter d’un match de grand calibre en milieu de terrain, moitié moins si on est licenciés de la FFF. Si cette politique peut rapidement montrer ses limites en termes de retour sur investissement, cela ouvre les portes à un football plus abordable et familial. On travaille ici sur l’image et sur le plaisir au détriment de la rentabilité, et cela fait du bien. C’est aussi une phase essentielle pour la croissance de la discipline et l’installer de manière durable dans les pensées des Français. 

Ce soutien n’est évidemment pas passé inaperçu chez les Bleues, qui voient déjà un appui essentiel pour la compétition qui s’annonce. « Sur les moments de fatigue, on peut compter sur le public et ça nous donnera la force de faire les efforts », souligne la capitaine Amandine Henry. « Je me suis surprise à avoir parfois les yeux dans les tribunes tant c’était fort et bien », renchérit Corinne Diacre, la sélectionneuse des Bleues, en conférence de presse post match.

Une journée pas comme les autres

Même s’il y a eu un peu moins de communication au niveau national sur le déroulement de la journée et des évènements en marge, on sent que nous sommes en dispositif coupe du monde. Dans l’après midi, les anciennes internationales ont rechaussé les crampons avec plaisir pour un petit match amical inter-générationnel de futsal. Camille Abily, Brigitte Henriques, Marinette PIchon, Laure Lepailleur, ou encore Laure Boulleau étaient de la partie, pour le plus grand plaisir des fans et des jeunes joueuses invitées, qui ont d’ailleurs pu se mesurer, le temps d’une petite mi-temps d’une dizaine de minutes, aux légendes des Bleues. Et cerise sur le gâteau : le match était mixte !

Juste avant le match, un colloque était organisé, avec pour objet la mixité dans le football et dans le sport en général, sujet essentiel qui va aussi voir de nombreux événements se développer – nous vous en reparlerons sur Foot d’Elles ! – pendant la Coupe du Monde. 

L’après match a vu l’inauguration d’une exposition itinérante intitulée « Il était une fois les Bleues », sous le patronage de la ministre des sports. Pour les amateurs qui souhaiteraient se rafraîchir la mémoire sur les Bleues et leur histoire, cette exposition est bienvenue, mais elle s’adresse surtout aux novices et aux curieux, avec un outil pédagogique assez bien pensé qui mêle les pionnières aux joueuses de la génération actuelle. L’enjeu central est de retracer l’histoire des Bleues à travers des panneaux mais aussi des souvenirs et des objets personnels, pour donner corps à l’épopée Bleue – on pourra retrouver par exemple les gants d’or de Mylène Chavas, le fanion de la 100e sélection de Corinne Diacre, mais aussi un maillot de Marinette Pichon -. La pièce maîtresse de l’exposition reste le XI de légende central – très justement intitulé « Hall of Femmes » -, où Louisa Nécib-Cadamuro côtoie Laura Georges, Sandrine Soubeyrand et Elodie Thomis. 

Pour ajouter un peu de ludique, des quizz sont proposés, ainsi qu’un film en réalité virtuelle. D’anciennes Bleues seront sur place à chaque étape pour parler de leurs souvenirs et du football avec les fans. Ce musée, à destination du grand public, tournera dans les six villes hôtes de la Coupe du Monde, l’occasion d’initier le plus grand nombre, gratuitement, à la beauté du sport.

Partout, des rappels que la Coupe du Monde, c’est demain. 

Le LOC et la FFF ne s’arrêtent pas là dans la promotion de la Coupe du Monde. La ville est passée en mode football pratiqué par les femmes, avec une campagne d’affichage promouvant le match du soir, de l’affichage d’abribus à des formats bien plus imposants. Des films sont également projetés pour promouvoir la Coupe du Monde.

Il est également intéressant de noter que la course L’Amazone, le 2 juin 2019, aura pour thème le football pratiqué par les femmes, avec de nombreuses animations proposées en marge de la course contre le cancer du sein, avec notamment une tenue adaptée au thème. Les équipes du Havre AC et de la ligue de football de Normandie viendront participer à la course, de quoi initier également de nouveaux adeptes, alors que le Havre s’apprêtera à vivre au rythme de la Coupe du Monde. 

Ettie est également de la partie et a fait une apparition pour célébrer la victoire des Bleues, en plus des animations plus classiques pendant la mi-temps et en avant match, impliquant les spectateurs et des jeunes des clubs locaux. Dans les animations, on peut aussi compter sur le désormais classique jalon de décompte avant le coup d’envoi de la compétition. 

Certes, il reste encore du temps avant le début de la compétition, mais le rythme s’accélère en termes de marketing et de communication. Les promesses sont ici tenues par le LOC et la fédération, à la fois au niveau national comme local et cela n’augure que du bon pour la Coupe du Monde, à la maison. 

Et vous, quelles actions souhaiteriez-vous voir, en marge de la compétition ?


Crédits photos : Women’s Soccer France / Lisa Durel-Wilcox

2 commentaires

  • C’est vrai que le Havre a montré ce samedi soir, par la présence de plus de 22000 spectateurs que le foot féminin prenait de l’ampleur. C’est bien de le promouvoir, mais il faudrait dans chaque ville ou se jouera les matchs de la Coupe du Monde 2019, un investissement plus important des commerçants (à mon dernier déplacement à Vannes pour la Coupe U20, je n’ai vu aucune affiche en centre ville de Vannes. J’ai rencontré par 2 fois en 1 semaine 2 bénévoles qui distribuait des prospectus). Par la même occasion TF1 qui sera le principal sponsor tv de l’équipe de France, devrait promouvoir et parler un peu plus des matchs amicaux avant cette Coupe du Monde (au moins le lendemain des matchs,même s’ils n’ont pas l’exclusivité en ce moment). Cela leur donnerait peut-être une meilleure audience pendant cette Coupe du Monde.
    Ne parlons pas de BFM TV qui ne savent même pas que les filles jouent au ballon.
    Avec ma femme, nous avons déjà réservé nos billet pour France Nigeria à Rennes le 17 juin 2019.

  • Je souhaiterais que les chaînes TV , sportives ou non, en parlent un peu plus. Pas comme le Canal Football Club d’hier soir qui n’ a pas fait la moindre allusion à la victoire de l’ Equipe de France la veille face aux championnes du monde en titre . Je me demande ce qu’en a pensé
    Laure Boulleau sur le plateau. Le groupe Canal qui se vante pourtant de vouloir mettre le foot féminin en avant avec l’ exclusivité des retransmissions des matches de D1 et qui diffusera également toutes les rencontres de la Coupe du Monde , hélas pour les fans du foot féminin qui ne sont pas abonnés à Canal. Heureusement , il y a internet et des chaînes étrangères à capter par satellite .

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