#FIFAWWC – J3, Groupes E & F – Les destins sont scellés

Groupe E : du drama et des Oranjes impériales

> Pays-Bas 🇳🇱 – Canada 🇨🇦 : 2 – 1 : Les Oranjes font voir rouge aux Canadiennes

C’était décidément le match le plus difficile pour les deux camps. Pour la première cap de Jordyn Huitema, l’enjeu était cependant celui de l’honneur et de la confiance, puisque les Pays-Bas et le Canada sont déjà qualifiés pour le prochain tour à élimination directe de la compétition. Avec l’alignement de Christine Sinclair, Janine Beckie, Jessie Fleming et Jordyn Huitema, l’équipe Canadienne était tournée vers l’attaque. Beckie offre d’ailleurs la première occasion au Canada, avec un penalty sifflé, qui a de quoi rassurer les troupes et les mettre en confiance. Sauf que la VAR viendra mettre son grain de sel et annulera l’appel de l’arbitre. 

Lisa Durel-Wilcox / True North Agency

C’est à partir de ce moment-là que le Canada éprouve de la difficulté. Incapables d’étirer le solide bloc agressif hollandais, elles ont du mal à trouver leur rythme et se font dicter le match dès les premières minutes. Les erreurs et les déchets s’enchaînent et la sérénité du dernier match contre la Nouvelle-Zélande cède la place à une fébrilité grandissante. Le stade est aussi résolument orange et sur les plus de 19 000 spectateurs réunis au Stade Auguste Delaune de Reims, on peut sans doute compter sur les 10 000 supporters hollandais venus égayer la compétition de leur fièvre du football : chants, marches, musique, sifflets, on aura eu de tout ce soir. 

Le score est vierge et nul à la faute, en dépit des occasions hollandaises. Dekker viendra ouvrir le score, le premier but encaissé depuis le début de la compétition par le Canada. Sinclair répliquera – et ce sera sans doute le clou de la soirée, avec tout le stade en feu à cet instant, peu importe l’allégeance – pour inscrire son 182e but, à 3 buts désormais de battre le record tenue par son homologue américaine Abby Wambach. La remplaçante Beerensteyn marquera à la 75e minute la balle de match. Rideau : les Canadiennes ne craqueront pas la défense Hollandaises et repartiront à Paris déçues de leur voyage rémois, avec leur première défaite de 2019. Elles affronteront la Suède à Paris. 

La joueuse du match : Anouk Dekker

Certes, la joueuse Visa du match est Christine Sinclair et on le comprend. Mais Dekker, avec son impact physique, sa maîtrise défensive et son but, a galvanisé le stade et décomplexé les Hollandaises.

> Nouvelle-Zélande 🇳🇿 – Cameroun 🇨🇲 1 – 2 : du suspens jusqu’à la dernière minute

Les deux derniers du groupe E s’affrontaient à Montpellier pour un match à enjeu fort, celui de décrocher la place de meilleur troisième et espérer jouer les huitièmes. Surprise de ce groupe, le Cameroun continue sur sa lancée victorieuse et arrache ce dernier précieux sésame pour réitérer la fabuleuse épopée de 2015. La Nouvelle-Zélande peine à s’imposer et le match reste relativement équilibré jusqu’à ce que la situation se débloque à la 57’, avec Nchout qui parvient à tromper deux défenseures Néo-Zélandaises. Cela aurait pu s’arrêter là si Awona n’avait pas marqué un but contre son camp pour relancer les Kiwis dans la course à une inespérée première victoire en Coupe du Monde.

Pascal Guyot, AFP

Le double très tardif d’Ajara Nchout est entré dans l’histoire comme étant le plus tardif d’une Coupe du Monde Féminine, en dehors du temps additionnel – détenu par Abby Wambach en 2011. Les Néo-Zélandaises repartiront malheureusement bredouille : c’est le quinzième match disputé en Coupe du Monde qui se solde par une défaite. Les Lionnes Indomptables prouvent leur point et s’envolent en huitième, où elles rejoindront les autres Lionnes, celles de Phil Neville.

La joueuse du match : Ajara Nchout

Un doublé dans un match avec un tel enjeu, qui a permis également de prendre le pas sur le Nigeria d’un but et d’assurer ainsi une place en huitième de finale aux Lionnes Indomptables, voilà de quoi hisser Ajara Nchout au rang de joueuse du match.

Sandrine Dusang pour Foot d’Elles

Groupe F : une victoire amère et une confirmation tranquille

> Thaïlande 🇹🇭 / Chili 🇨🇱 0-2 : Un Chili piquant qui gagne amèrement (par Guillaume Baret)

Humiliée face aux États-Unis, plus vaillante mais défaite face à la Suède, la Thaïlande avait à cœur de laver ces deux affronts de début de Mondial. Mais pour cela, il fallait montrer un visage moins pâlot face aux Chiliennes dans une situation moins désespérante mais un bilan tout aussi calamiteux (deux défaites et zéro but inscrit). Autant dire que la confiance ne régnait pas en maître chez ces deux adversaires en ce jeudi soir sur la pelouse du Roazhon Park. Cependant un bon et large résultat des sud-américaines pouvait envoyer les représentantes de la Roja directement en huitièmes de finale. Pour mener à bien ce dessein, gagner par trois buts d’écart. Et c’est dans cet état d’esprit que les filles de José Letelier attaquent la rencontre. Confisquant le cuir dès l’entame de l’opposition, les chiliennes réussissent à se créer des belles occasions face à une sélection thaïlandaise sur un constant reculoir. En première période, Christiane Endler et les siennes enchaînent les tirs et parviennent même à toucher les montants par deux fois. Mais ni Maria Urrutia, Karen Araya ou encore Daniela Zamora n’arrivent à défaire la vigilance de la portière thaïlandaise Warapom Boonsing. Mais attention à l’eau qui dort. Car à deux reprises, les protégées de Nuengrutai Srathongvian font frissonner les supporters chiliens présents dans les tribunes de l’enceinte bretonne avec les tirs de Silawan Intamee et de Kanjana Sung-Ngoen qui obligent la gardienne du PSG à se déployer. A la mi-temps, les deux sélections rejoignent les vestiaires sur une marque vierge.

Getty Images

Pour le deuxième acte, on prend presque les mêmes et on recommence. Car du côté chilien, un changement en début de seconde période va avoir son importance. Keren Araya a cédé sa place à Javiera Grez. Cette dernière, à la réception d’un centre de Zamora trouve le poteau asiatique. Mais à la suite du rebond, la cheville de Boonsing coupe la trajectoire du ballon qui franchit malencontreusement la ligne de but (1-0, 48e). A dix minutes de la fin du temps réglementaire, sur une jolie tête lobée à la suite d’une passe exemplaire de Yessenia Lopez, c’est Urrutia qui devient officiellement la première buteuse de sa sélection en phase finale de coupe du Monde (2-0). Et puis, vint la 85e minute et le tournant de la rencontre voire celui de l’histoire du football féminin chilien. Alors que la gardienne thaïlandaise se rend coupable d’une faute, pied en avant, à l’intérieur de sa surface, Francisca Lara a l’occasion au bout du pied, sur penalty, d’envoyer les siennes en second tour dès sa première participation à un Mondial. Mais frappé trop en force, son coup de pied de réparation trouve la barre transversale adverse. Le score en restera donc là. Le Chili est certes vainqueur mais est presque KO debout.  Ce résultat qualifie par ricochet le Nigéria dans le groupe A, qui termine parmi les meilleurs troisièmes de poules.


> La joueuse de la rencontre :
Maria José Urrutia

Ce jeudi soir à Rennes, elle est entrée doublement dans l’histoire de sa sélection féminine. Elle fait bien sûr partie de celles qui ont gagné le premier match de sa patrie en coupe du Monde mais restera surtout comme sa buteuse initiale en phase finale. Rien ne pourra lui retirer cela. Pas même la déception après ce match. Très importante dans le jeu toujours portée vers l’avant, elle et ses coéquipières méritaient sûrement mieux. Mais le rendez-vous est déjà pris pour dans quatre ans. 

> USA 🇺🇸 – Suède 🇸🇪 : 2 – 0 Un air de revanche olympique

C’était le choc de ce groupe F. Les deux belligérants n’ont pas à s’en faire, comme le Canada et les Pays-Bas, ils étaient d’ores et déjà qualifiés pour le tour suivant. Mais d’une, Jill Ellis et son équipe n’allaient pas s’arrêter là dans l’envoi de messages et n’allaient pas refuser la confrontation, et de deux, il y avait une revanche à prendre contre les Suédoises depuis la défaite humiliante à Rio en 2016, qui avait vu les USA s’incliner aux tirs au but et l’éviction d’Hope Solo suite à des mots controversés. 

 Damien Meyer/AFP/Getty Images

En ouvrant le score à la 3e minute et profitant d’un gouffre dans la défense suédoise, l’ancienne parisienne Lindsey Horan marque le tempo : les USA, comme pour tous leurs autres matches de poule, vont maîtriser de A à Z le match, imposant leur rythme et leur agressivité au bloc défensif Suédois. Le sort est scellé par le but contre son camp d’Andersson, à la 50e. Alyssa Naeher s’offre une troisième clean sheet. Le rouleau compresseur Américain ne fait pas de pitié, et même si l’écart avec le score est loin d’être dramatique – on est loin d’un score de hand à l’image de l’infortunée nation Thaïlandaise -, le message est passé, avec la domination évidente des Américaines. De toute la compétition, ce sont les Américaines qui s’imposent comme une valeur sûre, en dépit des critiques et des controverses. C’est d’ailleurs sous ces dernières qu’elles évoluent le mieux. 

Elles iront affronter l’Espagne en huitième de finale, tandis que les Suédoises iront se frotter à leurs homologues du Grand Nord, les Canadiennes, à Paris. Les 18 buts inscrits par les USA en phase de poule sont un record absolu en matière de score.

La joueuse du match : Lindsey Horan

L’ancienne Parisienne, en marquant à 2 minutes et 40 secondes, s’offre le record du but le plus rapide marqué dans cette édition de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA. 

Sandrine Dusang pour Foot d’Elles

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