#FIFAWWC – J3 -Groupes A & B – Les jeux sont presque tous faits

Une Allemagne conquérante, une France chancelante, une Norvège rassurante, une Chine batailleuse, une Espagne joueuse mais pas trop, une Chine récompensée et une Nigéria en attente, les oppositions de cette troisième et dernière journée de phase de groupes ont rendu leurs premiers verdicts.

Groupe A : France et Norvège OK, le Nigéria en suspens

> Nigéria ?? / France ?? 0-1 : La France peut remercier la VAR

Le crépuscule breton allait de pair avec celui de ce groupe A. Alors que les Nigérianes pouvaient encore croire à une qualification, les Bleues vont laisser les valeureuses Super Falcons à leur sort. Remanié par rapport aux deux premières oppositions de la poule, le 11 de départ tricolore a vu Charlotte Bilbault et Delphine Cascarino enfiler un costume de titulaire à leur poste préférentiel respectif au milieu à la place d’Elise Bussaglia et sur l’aile droite. Viviane Asseyi est également de la partie, préférée à Eugénie Le Sommer sur l’aile gauche. Se sachant encore en vie dans cette coupe du Monde, à l’orée de cette rencontre, les joueuses de Thomas Dennerby ne sont pas farouches et tentent d’attaquer d’entrée les cages de Sarah Bouhaddi. Sur corner, Desire Oparanozie essaie de tromper la vigilance de la portière des Bleues, mais sa tête est finalement captée. Un premier et seul danger sans conséquence pour la sélection de Corinne Diacre. Si la première période est rythmée au diapason des attaques françaises, celles-ci ne sont aucunement tranchantes et ne mettent pas les gants de Chiamaka Nnadozie à contribution. Les fluides combinaisons entre Asseyi et Majri sont légion mais inefficaces. Dans le premier acte, la France, en avant toute, n’a cependant cadré aucun tir.

Le second continuait sur le même élan que le premier. Pour apporter de la vivacité et de la fraîcheur, Gauvin et Cascarino sont remplacées par Diani et Le Sommer. Les occasions se font toutefois plus franches mais les Bleues n’arrivent pas à faire trembler les filets nigérians. Gaëtane Thiney fait partie des plus malheureuses devant les buts. Pour débloquer ce genre de situations, il vous faut parfois un coup de pouce du destin. Celui intervient à la 72e minute lorsque Ngozi Abere accroche Asseyi dans la surface de réparartion. L’arbitre, Mme Borjas consulte l’assistance vidéo et indique logiquement le point de penalty. Double peine pour les footballeuses africaines puisque la défenseure fautive est exclue après avoir récolté un deuxième carton jaune consécutif à son nouveau forfait. Chargée de le tirer, Wendie Renard s’y prend à deux fois pour le transformer. En réalité, la Lyonnaise a raté sa tentative et visé le poteau du Nigéria. Mais mal positionnée sur sa ligne, Nnadozie oblige à Renard à retirer le coup de pied de réparation. Cette fois-ci, la défenseure des Bleues est davantage précise, ouvre et clôture la marque d’une rencontre non aboutie par les coéquipières d’Amandine Henry. Malgré cette défaite, les compatriotes d’Asisat Oshoala ne sont pas tout à fait hors course dans cette coupe du Monde. Elles devront néanmoins attendre les ultimes rencontres des autres groupes pour être fixées. A l’inverse, les Bleues enregistrent en ce lundi soir une première. Ce troisième succès en autant de matchs de poule, en phase finale mondiale, ponctue une performance qui n’a jamais été réalisée lors de leurs trois précédentes participations.

> La joueuse de la rencontre : Viviane Asseyi

Régulière dans le jeu et parfaite dans le repli défensif, c’est elle qui provoque d’ailleurs le tournant du match en amont du penalty transformé par Wendie Renard. Vivace et exemplaire, la Bordelaise est sans nul doute la Bleue qui a le plus brillé sur la pelouse rennaise.

> La déclaration : Corinne Diacre

« Le contrat est rempli, on voulait chercher cette troisième victoire. Elle arrive dans la difficulté, j’ai envie de dire qu’on la savoure encore plus. Ce soir, on a fait des efforts. On savait que le Nigéria était très fort sur ses positions. Gagner dans la difficulté c’est bien aussi.  A propos de ce second penalty, je dois signaler le courage de Wendie d’aller le tirer à nouveau. » 

> Corée du Sud ?? / Norvège ?? 1-2 : La Corée du Sud perd le nord

À 450 kilomètres de Rennes, au Stade Auguste Delaune, la soirée rémoise a également été le cadre d’histoires de coups de pieds de réparation. La Norvège, deuxième du groupe A à l’entame de la 3e journée souhaitait entériner cette place qualificative face à la Corée du Sud. Et le collectif mené par Martin Sjögren ne perd pas de temps. La milieu de terrain sud-coréenne Cho est coupable d’une faute dans sa surface de réparation et ceci dès les premières minutes de jeu. Il n’en fallait pas tant à Caroline Graham Hansen pour ouvrir la marque et envoyer son pays vers les huitièmes de finale (1-0, 4e). Dans le jeu, les Scandinaves sont plus incisives. Mais les Asiatiques se donnent les moyens d’y croire à une qualification miraculeuse. Les timides incursions sud-coréennes ou les tirs lointains de Ji Soyung, de Yeo Minji ou encore de Moon Mira ne suffisent cependant pas pour alerter les Nordiques. A la mi-temps, le score de 1-0 reste intact.

Peu en réussite, l’équipe de Yoon Dukyeo entame la deuxième période sur la même cadence et même schéma que le précédent chapitre. Un penalty précoce à la 51e inscrit par Isabell Herlovsen sacrifie, presque à lui tout seul, toutes les espérances coréennes (2-0). Victime de la faute entraînant ce second penalty, Caroline Graham Hansen devra sortir sur blessure alors qu’elle fut la Norvégienne la plus en vue. Durant un deuxième acte insipide et moins animé que le premier, les minutes filent en faveur d’une énième qualification des scandinaves en deuxième phase. Mais les Sud-Coréennes n’abdiquent pas pour autant. Leur travail est même récompensé à la 77e minute. Sur une passe de génie de Lee Geummin, du talon, Yeo Minji marque l’unique but de son pays dans ce Mondial en France et le dernier de cette rencontre. Score final 2-1. La Norvège, 2e de la poule A rencontrera ce samedi à Nice, le deuxième du groupe C. Les Sud-Coréennes, elles, sont contraintes , dès ce soir, de faire leurs valises.

> La joueuse de la rencontre : Caroline Graham Hansen

Elle a montré la voie à ses coéquipières mais fut malheureuse peu avant l’heure de jeu. La joueuse offensive et désormais pensionnaire du FC Barcelone a débloqué son compteur de buts personnel.  Son apport dans son secteur de jeu a certes payé mais on peut toutefois regretter de ne pas l’avoir vu jouer davantage.

Groupe B : Allemagne, Espagne et Chine, le tiercé gagnant

> Chine ?? / Espagne ?? 0-0 : Un nul qui leur va bien

Le Stade Océane était le théâtre du mano a mano entre les deux prétendants à la place qualificative directe pour le second tour. L’Espagne et la Chine se devaient de gagner ou au pire ne pas perdre. La crispation était alors à son comble au Havre entre les deux outsiders de ce groupe B. La Roja, qui a encore en tête le malheureux souvenir de son élimination en phase de groupes, il y a quatre ans, se veut la plus dangereuse. Tournée constamment vers l’avant, la sélection de Jorge Vilda essaie à plusieurs reprises de déstabiliser la défense chinoise.  La possession de balle est largement en faveur des joueuses ibériques en première période (62 %). Mais le mal espagnol de ce début de Mondial se poursuit. Cette impossibilité de concrétiser les occasions devient quasiment une marque de fabrique de Jennifer Hermoso et de ses coéquipières. Difficile de trouver des décalages dans le camp adverse, les deux formations se quittent dos à dos sur le score de 0-0 à la mi-temps.

Bien obligées de se découvrir, les adversaires du soir ne laissent pourtant peu d’espace. Le travail d’occupation du terrain et d’accaparement du ballon restent les principaux éléments du plan de bataille des filles de la Roja. Mais lorsque ce n’est pas la portière des Roses d’acier Peng Shimeng qui enchaîne les exploits sur sa ligne, ce sont les attaquantes de Vilda qui se montrent maladroites dans le dernier geste. Au final, les deux équipes vont se quitter sur un score nul et vierge. Un résultat qui arrange tout le monde. Si l’Allemagne et l’Espagne sont logiquement qualifiées en qualité respective de première et deuxième de groupe, la Chine bénéficie assurément d’un statut de meilleure troisième et verra une nouvelle fois le second tour, pour la septième fois en … sept participations.  A l’issue de la rencontre, l’émotion du sélectionneur Jia Xinquan n’a pu être contenue.

> La joueuse de la rencontre :  Peng Shimeng

Si les attaquantes n’ont pas été réellement à la fête, la gardienne chinoise Peng Shimeng leur a surtout damé le pion en se mettant en vue dans ce dernier match de poule. A plusieurs occasions, la jeune portière de 21 ans, a multiplié les horizontales et autres parades devant Patri ou encore Lucia Garcia. Une performance assez impressionnante pour être soulignée.

> Afrique du Sud ?? / Allemagne ?? 0-4 : Les Allemandes en patronnes

Un proverbe sud-africain dit qu’« une petite colline te fait arriver à une grande. » Ce n’est pas une une montagne mais bien toute une cordillère qu’il fallait escalader pour les Banyana Banyana en ce lundi face aux Allemandes. Ces dernières étaient déjà qualifiées mais la fête n’aurait pas été totalement réussie si le feu d’artifice n’avait pas été tiré. Lasse des deux précédents matchs de cette première participation en coupe du Monde, l’Afrique du Sud savait que la tâche de résister à la Nationalmannschaft allait effectivement être rude. Sur la pelouse montpelliéraine, la calvaire sud-africain débute lorsque Melanie Leupolz s’impose dans les airs sur un corner bien frappé par Verena Schweers (1-0, 14e). Seule au deuxième poteau, ce coup de tête victorieux inaugure la ballade germanique. Un quart d’heure plus tard, Sara Däbritz profite pour inscrire son deuxième but de la compétition lorsque la gardienne africaine Andile Dlamini se rend coupable d’une faute de main sur un centre à ras de terre (2-0).  Juste avant la mi-temps, l’incontournable Alexandra Popp vient ajouter son grain de sel grâce à un surpuissant coup de casque (3-0, 40e) à la suite d’un service parfait de Giulia Gwinn.

A la mi-temps, la star jaune-et-verte de ce Mondial, Thembi Kgatlana, initialement sur le banc fait son entrée. Sur ses épaules, les espoirs du déblocage du compteur de sa patrie. Ses efforts seront toutefois vaines, puisque ce seront bien les protégées de Martina Voss-Tecklenburg qui enfonceront le clou à quasiment l’heure de jeu avec une dernière réalisation de Lina Magull (4-0, 58e).  Le bizut de la compétition rentre dans l’hémisphère sud bredouille, sans le moindre point inscrit. Les doubles championnes du monde, elles, clôturent une première phase avec le compteur plein et une confiance retrouvée.

> La joueuse de la rencontre :  Alexandra Popp

Toujours dans les bons coups et une vista incroyable, la capitaine allemande reste plus que jamais une solide plaque tournante pour toute son attaque. Buteuse et consciente de la responsabilité qui repose sur ses épaules, elle montre à quel point sa présence est importante pour cette Allemagne toujours orpheline de Dszenifer Marozsan.

Pour rappel, les 8e de finale à compléter après ces résultats :

> 22 juin (Grenoble – 17h30) : Allemagne / 3e Gr. A, C ou D
> 22 juin (Nice – 21h) : Norvège / 2e Gr. C
> 23 juin (Le Havre – 21h) : France / 3e Gr. C, D ou E
> 24 juin (Reims – 18h) : Espagne / 1er Gr. F

 


Crédits photos :  FIFA
Illustrations : Sandrine Dusang pour Foot d’Elles

 

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