#FIFAWWC – J2 -Groupes A & B – Les favoris confirment, non sans peine

L’Allemagne et la France confirment et ont ramené trois nouveaux points dans leur escarcelle. Les deux sélections sont d’ailleurs qualifiées pour les huitièmes de finale avant même leur dernier match de poule. Mais leurs adversaires respectives ont mis à mal leurs plans d’attaque. Le Nigéria et la Chine fêtent quant à eux leur premier succès mais devront cravacher pour voir le second tour.

 

Groupe A : La France en tête et qualifiée pour les 8e

> France 🇫🇷 / Norvège 🇳🇴 2-1 : Après la crispation, le soulagement

La nuit niçoise aurait pu être longue pour l’Équipe de France. Devant l’Allianz Riviera accueillant plus de 34 800 spectateurs ce mercredi soir, Corinne Diacre et ses joueuses repartent avec les trois points de la victoire. On s’attendait à une bataille très disputée, du moins davantage compliquée que face à la Corée du Sud.  Les Bleues, dès l’entame de la rencontre confisquent le ballon et tentent  de passer directement sur les côtés pour déstabiliser la défense norvégienne. A plusieurs reprises en première période, elles ont failli concrétiser cette domination. Kadidiatou Diani, plus en jambe que lors du match d’ouverture s’essaye au duel avec la doyenne des gardiennes Ingrid Hjelmseth ou encore Valérie Gauvin, titulaire pour ce deuxième match, manque de rien l’ouverture du score.

C’est en deuxième période que la décision se fait. Dans ce deuxième acte, la pression n’a pas le temps de monter crescendo. Car sur la mise en jeu du retour des vestiaires, Gauvin réceptionne, dans les 6 mètres de la portière scandinave, un centre parfait d’Amel Majri et profite pour ouvrir le score (1-0, 46e). Le stress, ce sont les Françaises qui vont se le procurer toutes seules. Notamment après un but contre son camp de Wendie Renard, à peine dix minutes suivant la réalisation tricolore. Pourtant seule dans les 6 mètres de Sarah Bouhaddi, la lyonnaise pousse d’un plat du pied le cuir dans ses propres filets. La Norvège, n’en demandait pas tant. Mais le bon œil était sur les françaises en cette soirée azuréenne. Surtout les yeux des arbitres de la VAR. Après un contact d’Ingrid Engen, tous crampons en avant, sur Marion Torrent dans la surface nordique, l’arbitre centrale Bibiana Steinhaus n’hésite pas à désigner le point de penalty après appel de l’assistance vidéo. Un coup de pied de réparation réussi par Eugénie Le Sommer (2-1), qui inscrit son 76e but sous la tunique bleue et devenant la meilleure réalisatrice française en phase finale de coupe du Monde avec Marie-Laure Delie (5 buts). Le score en restera là. Loin d’être parfaite, la France est qualifiée pour les huitièmes de finale mais souhaite surtout s’adjuger la première place de son groupe. Pour cela, elle affrontera le Nigéria, à Rennes, lundi à 21 heures.

> Les joueuses de la rencontre : Griedge MBock et Valérie Gauvin

Clairement, le collectif a pris le pas sur les individualités ce mercredi soir à Nice. Si on peut estimer que Valérie Gauvin a pris une belle revanche en inscrivant le premier but de la soirée, son travail n’a vraiment pas été vain et ceci notamment en deuxième période. De l’autre côté de son camp, le menhir brestois, Griedge MBock, n’a plus à démontrer qu’elle  fait partie des meilleurs défenseures de la planète, surtout après sa prestation face à la Norvège. Toujours bien placée, jamais prise à défaut. Un Nice job de la bretonne. 

> La déclaration : Marion Torrent

« S’il faut que je me sacrifie un genou pour un péno, alors je le ferai … »

> Nigéria 🇳🇬 / Corée du Sud 🇰🇷2-0 : Les Super Falcons à la relance

Elles avaient quitté la pelouse du stade Auguste Delaune, désabusées mais surtout défaites face à la Norvège (0-3). Les amies de Desire Oparanozie se devaient de rebondir à Grenoble face à la Corée du Sud. Les asiatiques, elles, n’avaient pas le choix. Un résultat autre qu’une victoire compliquerait voir annulerait la poursuite de leur aventure au-delà de la phase de groupes. Les premières minutes de la rencontre sont plus au moins équilibrées. Mais rapidement les Super Falcons, bien aidées, par les sud-coréennes vont prendre la main sur la rencontre. A la demi-heure de jeu, la malheureuse défenseure Kim Doyeon envoie le ballon dans les cages de sa gardienne Kim Minjung.

Pourtant poussée par le public grenoblois, la sélection de Yoon Dukyeo essaie et s’octroie davantage la possession du ballon. Après plusieurs changements tactiques, l’espoir renaît lorsque l’attaquante Yeo Minji chausse ses crampons et entre sur la pelouse du stade des Alpes. Mais plus hargneuses et réalistes, les nigérianes clouent la marque à un quart d’heure de la fin du match. La Barcelonaise Asisat Oshoala débloque son compteur personnel dans ce Mondial et reprend victorieusement une balle offerte par Chidinma Okeke (2-0). Un succès qui donne de l’air aux africaines relancées dans ce groupe A avant leur ultime rencontre face aux Bleues à Rennes en début de semaine prochaine. De l’autre côté, les Sud-Coréennes, semblant sans solutions offensives et en énorme difficulté sur les phases défensives ont d’ores et déjà un pied hors de cette coupe du Monde après leurs deux premiers matchs de poule.

> La joueuse de la rencontre : Asisat Oshoala

Elle a quasiment joué toute la rencontre et a brillé lors de cette opposition de la peur dans cette poule. La Nigériane la plus en vue face aux Sud-Coréennes, l’attaquante barcelonaise a tenté et marqué. Avec plus de justesse et de réalisme, son duo en compagnie de Desire Oparanozie aurait des statistiques bien plus reluisantes depuis le début de la coupe du Monde. 

Groupe B : Entre incertitude et pragmatisme

> Allemagne 🇩🇪 / Espagne 🇪🇸 1-0 : les Allemandes gagnent (encore) petit

Il suffit souvent d’un petit quelque chose pour vous rendre heureux. A Valenciennes, ce mercredi, cette petite étincelle qui vous procure du bonheur c’est Sara Däbritz qui l’a allumée. Et pourtant dominatrice dès les premiers instants de la rencontre, l’Espagne tente mais pêche. Peu vernies, Torrecilla et Hermoso, n’arrivent pas à tromper Almuth Schult. De l’autre côté, les Allemandes, à défaut de bien défendre, ne manquent pas de réalisme depuis le début de la compétition. Dans cette première période, l’action la plus dangereuse sera déterminante pour la Nationmannschaft. Les filles de Martina Voss-Tecklenburg vont en effet prendre les devants juste avant la mi-temps. Alexandra Popp buttant sur la gardienne ibérique Sandra Panos, voit son ballon flirter avec la ligne de but. Marta Torrejon, pourtant en bonne position pour l’éjecter se fait dépasser par Sara Däbritz, renarde des surfaces par excellence , qui inscrit son tout premier but de la compétition (1-0).

Sans concrètes situations de jeu, les Espagnoles donnent tout pour égaliser mais rien ne fera bouger le tableau des scores. On les sentait déjà sur la réserve lors de l’opposition face à la Chine, les joueuses germaniques, qui joueront sans leur maîtresse à jouer Dszenifer Maroszan, forfait jusqu’au minimum les huitièmes de finale en raison d’une fracture à un orteil, remportent leur deuxième succès sans véritablement briller. A l’inverse, la Roja cherche toujours son efficacité. Pour ce match que l’on voyait déjà comme une finale du groupe B, on a eu droit à un vainqueur peu esthétique mais très pragmatique. Aux jeux des résultats du soir, l’Allemagne est d’ores et déjà qualifiée pour le tour suivant. 

> La joueuse de la rencontre : Sara Däbritz

La Munichoise future milieu de terrain du Paris Saint-Germain, sauveuse de la soirée allemande a brillé dans cette rencontre à couteaux tirés. Avec quatre tirs dont deux cadrés, la joueuse de 27 ans, certes buteuse, a largement contribué au succès des siennes.

> Afrique du Sud 🇿🇦 / Chine 🇨🇳 0-1 : L’Empire du milieu contre-attaque

Ce fut une opposition de besogneuses qui s’est déroulée devant les yeux des 20 000 spectateurs présents au Parc des Princes, ce jeudi soir. L’Afrique du Sud voulait surfer sur une dynamique offensive qui lui a été plutôt bénéfique lors de son premier match face à l’Espagne. A contrario, les Chinoises n’avaient qu’une seule envie : effacer la frustration de leur rencontre inaugurale perdue d’un rien face à l’Allemagne. Nettement plus précises et avec un bloc davantage organisé, la Chine domine logiquement dans toutes les parties du jeu. Néanmoins, s’appuyant (trop ?) sur la vitesse et la capacité d’accélération de leur buteuse phare, Thembi Kgatlana, les sud-africaines stéréotypent leur schéma de jeu, propulsant la sphère systématiquement vers l’avant. Il ne leur manque cependant que la dernière passe pour tenter de faire mouche. Mais les combinaisons des Roses d’acier sont rodées. Le plus bel exemple reste l’ouverture du score à la 40e minute. Un centre bien pensé côté droit de Zhang Rui trouve Li Ying placée dans les quinze mètres de la portière des Banyana Banyana Kaylin Swart, titularisée pour cette deuxième joute. D’une demi-volée, l’attaquante chinoise inscrira l’unique réalisation de la partie.

Toute en gestion en deuxième période, la sélection de Jia Xiuquan reste solide face aux offensives d’une équipe sud-africaine surmotivée pour revenir au score. Mais les dernières cartouches de Kholosa Biyana ou de Kgtalana n’ont aucune incidence. Ce seront même les représentantes de l’Empire du milieu qui auront l’occasion de tuer le suspense avec une tête de Han Peng à cinq minutes de la fin du match et un dernier tir croisé de Li Yang à la 90e. Mais deux superbes arrêts de Swart entérineront ce score final de 1-0.  La Chine qui affrontera l’Espagne lors du troisième match de poule se replace dans ce groupe B. L’Afrique du Sud de Desiree Ellis ne se fait plus trop d’illusions sur l’avenir de son premier Mondial, à quelques jours d’attaquer un gros morceau qu’est l’Allemagne.

> La joueuse de la rencontre : Li Ying

Difficile de ne pas donner le titre honorifique de joueuse du match à la buteuse chinoise Li Ying. Son but libère toute sa sélection et lui permet de rester en vie dans la compétition. Face à elle la gardienne sud-africaine Kailyn Swart aurait également pu recevoir ce statut symbolique. Hormis le but pris, sa prestation, alors qu’elle était sur le banc  des remplaçantes  samedi dernier, fut de belle facture.

> La déclaration : Desiree Ellis, coach de l’Afrique du Sud

« Nous avons eu quelques occasions pour égaliser mais nous étions à la traîne et la Chine a eu beaucoup plus d’opportunités. Le résultat ne reflète pas nos attentes et nous  sommes impatientes de rejouer. On a bien travaillé sur le terrain ce soir et face aux allemandes, ça va être ardu, mais nous allons faire de notre mieux. »

 


Crédits photos :  FIFA.com

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