#FIFAWWC : groupe F : la fin d’un règne ?

Le début de la coupe du Monde France 2019 approche à grand pas… À un jour du coup d’envoi (*internal freakout*), Foot d’Elles vous propose d’en découvrir un peu plus sur le Groupe F. Un groupe à deux têtes mais à l’issue trop prévisible, comprenant les Etats-Unis, la Suède, la Thaïlande et le Chili.

Une revanche à prendre et deux poucets au programme du groupe F. Certes, les USA et la Suède règnent en maître sur ce dernier groupe, tandis que la Thaïlande et le Chili ont du retard sur leur programme. Très peu d’incertitudes sur ce groupe, si ce n’est quelle équipe caracolera en tête. A la clé, une rencontre en quart de finale avec potentiellement la France. Mais ne nous hasardons pas trop loin…

USA : le colosse aux pieds d’argile

Qui se souvient de France – USA au Havre dans un froid glacial en début d’année ? Eh bien, moi aussi. S’il y a bien une équipe à abattre pendant ce tournoi, ce sont les Américaines qui ont connu un parcours en dents de scie un peu extrême, considération la composition de l’équipe : un échec cuisant en 2016 – une véritable humiliation qui a précipité le destin des Yanks dans les affres du scandale et de la perte de confiance. Si les Américaines ont survolé leur tournoi de qualification, on doit se rappeler qu’il s’agit de la CONCACAF, avec tout le respect que l’on doit aux équipes mineures : mais difficile de faire face avec un bulldozer en face, même les voisines canadiennes ont tiré la langue contre une machine de guerre remontée. Mais est-elle bien huilée, cette mécanique colossale qui compte parmi les meilleures joueuses du monde et des vétérans de la Compétition ? Considérant la démonstration de la France contre les USA, on peut se poser légitimement la question : en dépit de toutes les qualités individuelles des joueuses, il n’y avait aucune option valide contre le collectif Français. Depuis, il semblerait que les Américaines se soient reprises et se soient unies à nouveau derrière leur très controversée coach, Jill Ellis. Et les Dieux du football savent à quel point le football pratiqué par les femmes a évolué ces quatre dernières années. Les Reines pourraient très bien rendre leur couronne et disparaître dans un nouveau vide générationnel laissé par les charismatiques Wambach et Rampone. Et, osons-le, Hope Solo. 

La seule certitude ? Avec les Américaines, le spectacle est toujours au rendez-vous. Alors, à défaut d’y croire pour les joueuses de Jill Ellis, on peut y aller les yeux fermés pour du grand Football. 

La liste des 23 

Gardiennes – Ashlyn Harris, Alyssa Naeher, Adrianna Franch. Défenseures – Abby Dahlkemper, Tierna Davidson, Crystal Dunn, Ali Krieger, Kelley O’Hara, Becky Sauerbrunn, Emily Sonnett. Milieux – Morgan Brian, Julie Ertz, Lindsey Horan, Rose Lavelle, Allie Long, Samantha Mewis. Attaquantes – Tobin Heath, Carli LLoyd, Jessica McDonald, Alex Morgan, Christen Press, Mallory Pugh, Megan Rapinoe. 

Suède : le solide concurrent

La bête noire des USA. La Suède fait partie des équipes incontournables de la Coupe du Monde. Solides et comptant dans l’effectif parmi les meilleures joueuses du monde, à part un changement de coach – l’ancienne coach légendaire des USA, Pia Sundhage, a pris sa retraite après les Jeux Olympiques -, dotée aussi de l’hyper talentueuse Hedvig Lindahl, dernier rempart capable de tenir en respect les plus tirs les plus improbables, qui vient de quitter Chelsea, les Suédoises pourraient très bien prendre la tête de la poule. On pourra compter sur une équipe, emmenée par l’ancienne parisienne Caroline Seger, qui a beaucoup d’expérience, au niveau mondial, mais aussi au niveau européen. Fun fact ? La Suède rencontrera les Etats-Unis dans le dernier match du groupe, où tout peut se jouer.  

Les derniers résultats sont un peu irréguliers, notamment à l’Algarve, où la campagne n’a pas été très concluante, où elles s’inclinent finalement contre le Canada aux Tirs au But pour la troisième place. Les espoirs sont néanmoins entièrement permis pour l’équipe Suédoise, à la 9e place du classement FIFA/Coca-Cola. 

La liste des 23 

Gardiennes – Jennifer Falk, Hedvig Lindahl, Zecira Musovic. Défenseures – Jonna Andersson, Nathalie Bjorn, Magdalena Eriksson, Nilla Fischer, Hanna Glas, Amanda Ilestedt, Linda Sembrant. Milieux – Anna Anvegard, Kosovare Asllani, Lina Hurtig, Julia Roddar, Elin Rubensson, Caroline Seger. Attaquantes – Stina Blackstenius, Sofia Jakobsson, Madelen Janogy, Mimmi Larsson, Fridolina Rolfo, Olivia Schough, Julia Zigiotti Olme.

La Thaïlande : des test très peu concluants

Elles n’ont connu qu’une seule Coupe du Monde, il y a quatre ans, au Canada. Les Thaïlandaises, dont on ne connait pas grand chose en France, ont rencontré les Bleues pour achever leur campagne de préparation. Et même si les commentaires audio n’étaient pas des plus sympathiques pour les asiatiques, il y a bien quelque chose à retenir : à bout de souffle en deuxième période, les joueuses n’ont vraisemblablement pas le même programme, les mêmes installations ni la même considération que les équipes qu’elles vont affronter. On peut toutefois compter sur la vitesse de Kanjana Sung-ngoen, qui a donné un peu de fil à retordre à la défense Australienne pendant l’Asian Cup.

La ligue Thaïe (la « Muang Thai Women’s League », du nom du sponsor principal, la compagnie d’assurance Muang Thai) a fait ses débuts en 2009, mais a connu une suspension entre 2013 et 2016. Vont-elles tenir le coup des poules face à des machines de guerre techniques et physiques ? Rien n’est moins sûr, mais le dernier opposant permet une certaine latitude pour la qualification à la troisième place, comme en 2015. 

La liste des 23 

Gardiennes – Waraporn Boonsing, Sukanya Chor Charoenying, Tiffany Sornpao. Défenseures – Duangnapa Sritala, Natthakarn Chinwong, Kanjanaporn Saenkhun, Warunee Phetwiset, Khawnruedi Saengchan, Sunisa Srangthaisong, Ainon Phancha, Pitsamai Sornsai, Phonphirun Philawan. Milieux – Pikul Khuenpet, Silawan Intamee, Wilaiporn Boothduang, Sudarat Chucheun, Rattikan Thongsombut, Orapin Waenngoen. Attaquantes – Orathai Srimanee, Saowalak Pengngam, Taneekarn Dangda, Kanjana Sung-Ngoen, Miranda Nild. 

Le Chili : le petit poucet

Bienvenue au Chili pour sa première Coupe du Monde Féminine de la FIFA ! Et quelle histoire derrière la Roja féminine : elles n’ont pas joué un seul match entre 2014 et 2017, faute de soutien et d’engouement. La présence de telles équipes permet aussi de rappeler que la Coupe du Monde, ce n’est pas uniquement les équipes qui participent, c’est aussi l’histoire de celles qui ne seront pas de la Compétition. Par manque de soutien, parce que jouer au niveau national peut s’avérer dangereux quand on est une femme. Et il y a les équipes qui intègrent la Compétition. Qui ne jouent pas pour gagner – enfin contre des abonnés de la Coupe du Monde et des pointures mondiales, le réalisme parfois s’impose, sans manquer de respect au mérite de ces petits poucets – mais pour rappeler que, pour des femmes, jouer au football, c’est aussi un rêve, des espoirs, et des sacrifices de plusieurs années de dure labeur. 

Mais ne vendons pas la peau de l’ours ! Le Chili est également emmené par celle qui aura été préférée à la polonaise Katarzyna Kiedrzynek au Paris-Saint-Germain, l’étonnante Christiane Endler, qui aura sauvé la peau plus d’une fois au club de la Capitale. Cependant les derniers affrontements ont vu la défaite du Chili 7-0 contre les Pays-Bas, en Avril. Cela fait neufs matches que les Chiliennes n’ont pas vu la couleur de la victoire. 

La liste des 23

Gardiennes – Christiane Endler, Natalia Campos, Ryan Torrero. Défenseures – Rocio Soto, Carla Guerrero, Su Helen Galaz, Camila Saez, Javiera Toro, Valentina Diaz, Francisca Lara. Milieux – Claudia Soto, Karen Araya, Ana Gutierrez, Yessenia Lopez, Daniela Pardo, Elisa Duran. Attaquantes – Yanara Aedo, Yessenia Huenteo, Maria Jose Rojas, Maria Urrutia, Javiera Grez, Daniela Zamora. 

Images : Illustrations par Sandrine Dusang pour Foot d’Elles et photo en une par Lisa Durel-Wilcox pour Women’s Soccer France

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