#FIFAWWC – Finale USA – NED (2-0) Bien plus qu’une victoire

Devant un Groupama Stadium blindé et acquis aux Américaines, les filles de Jill Ellis réalisent l’exploit et remportent leur quatrième étoile. Ce n’est pas la première fois qu’une équipe repart deux éditions de suite avec le précieux trophée – l’Allemagne l’a fait avant les USA, en 2003 et 2007 -, mais c’est la première fois qu’une victoire a une telle signification, qui dépasse de loin les enjeux du sport.

Faire la différence et avoir plus la dalle que les autres


Lisa Durel-Wilcox pour True North Agency et Women’s Soccer France

Passons sur les faits de jeu : les Américaines ne sont pas aussi spectaculaires qu’en 2015 et le match est assez équilibré pendant la première mi-temps, qui voit de nombreuses occasions Américaines se faire arrêter par l’incroyable Sari Van Veenendal, qui mérite largement ses Adidas Golden Gloves. Le choc Amérique du Nord – Europe ne laissait cependant que très peu de doutes : même si les Hollandaises savent se montrer patientes et l’ont démontré pendant la première période, les Américaines avaient beaucoup de choses à prouver, que cela soit sur comme en-dehors des terrains. Et on le sait depuis toujours : les Américaines réagissent beaucoup mieux sous la pression, qui a débuté avant leur campagne mondiale, déjà sous le feu des critiques. Leur faim, leur rage de vaincre, a déjà eu raison de tant de bonnes équipes. Et pour les infortunées Hollandaises, qui ont déjà accompli l’exploit d’accéder à la finale après leur titre Européen, il n’y aura pas d’exception.

Il faut attendre la seconde période pour que le match soit relancé. Sous un soleil de plomb, les corps sont fatigués. Peut-être que celui des Hollandaises l’était encore plus, après les 120 minutes tendues contre l’Angleterre et avec leur jour de repos en moins. Kelley O’Hara montre des signes de commotions cérébrales après des chocs musclés contre des défenseures hollandaises et sort au profit d’Ali Krieger. Une faute sur Alex Morgan dans la surface, confirmée par la VAR, précipite le sort des Hollandaises : Megan Rapinoe transforme le penalty et remporte du même coup le Adidas Golden Boot devant sa compatriote Alex Morgan. Si tout est encore possible à ce moment, quelques minutes plus tard, c’est le prodige Rose Lavelle, 24 ans, qui vient tromper toute la défense Hollandaise, seule sur le rond centrale et vient enfoncer le clou. MVP ? Yes please. 

Bien plus qu’une victoire


Lisa Durel-Wilcox pour True North Agency et Women’s Soccer France

Quand Stéphanie Frappart siffle la fin du match, c’est le stade qui explose de joie. Jill Ellis en larmes veut tout dire : c’est un bel exploit. Elle peut être fière de ses filles, ce sont elles qui lui sauvent la mise. Mais cette victoire, ce n’est pas seulement celle d’une équipe sur une autre, ce n’est pas seulement la conclusion épique d’une Coupe du Monde à la maison : lorsque Gianni Infantino descend de sa tribune, aux côtés d’Emmanuel Macron et des officiels de la FIFA, il se fait violemment huer par les supporters Américains, qui scandent pendant la remise des récompenses « Equal Pay ». Ce même chant qu’on entend aux abords des stades, cette revendication enflammée : Nike a raison en soi quand ils publient cette pub avec ce slogan : « quand cette équipe gagne, tout le monde est gagnant ». Les USA sont un moteur de changement crucial pour les Pays Développés, en matière d’égalité salariale et de reconnaissance – c’est un peu moins vrai pour les pays dans lesquels la violence domestique ou le sexisme sont une normalité bien ancrée, mais les Américaines restent des sources d’inspiration très importantes -.

« Go gays! »


Lisa Durel-Wilcox pour True North Agency et Women’s Soccer France

Au-delà de l’Equal Pay, cette victoire, c’est aussi celle d’Ali Krieger, qui s’est battue pendant des années pour retrouver le chemin de l’équipe nationale et qui a donné tant de sa personne dans ce dernier match. C’est celle de Megan Rapinoe, qui aura raflé tous les prix : meilleure joueuse, soulier d’or, une deuxième Coupe du Monde à son actif. Qui refusera une visite à la Maison Blanche parce que son locataire est absolument contre toutes les valeurs qu’elle incarne. Qui soutient, encore une fois en conférence de presse, que sans gays dans une équipe, on ne peut pas gagner, et quelles gays ! Rapinoe, Krieger, Harris, Davidson, Franch, et Kelley O’Hara pour celles qui ont décidé d’être out. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour des millions de personnes, de jeunes LGBTQAI qui sont oppressés, sujets à l’homophobie et à la transphobie, voir des joueuses normaliser leur orientation sexuelle sur les plus grandes scènes mondiales avec le soutien de leur Fédération, a de quoi rendre fier.e.s. Et en passant, pour chacun d’entre nous, ces joueuses nous rappellent que peu importe qui vous êtes, vous pouvez devenir championne du monde. D’autres ont tracé la voie, mais Rapinoe s’en fait le porte-parole passionné : GO GAYS !

Cette victoire, c’est celle de toutes ces joueuses qui ont prouvé au monde entier que leur combat était juste et que le futur se conjuguait au féminin, devant près d’un milliard de personnes. C’est la victoire de ceux qui savent que le football est politique, que cela plaise ou non.

Récompenses du tournoi :

Adidas Golden Ball : Megan Rapinoe (USA) 🇺🇸

Adidas Silver Ball : Lucy Bronze (ENG) 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿

Adidas Bronze Ball : Rose Lavelle (USA) 🇺🇸

Adidas Golden Boot : Megan RAPINOE (USA), 6 goals, 3 assists 🇺🇸

Adidas Silver Boot : Alex Morgan (USA), 6 goals, 3 assists 🇺🇸

Adidas Bronze Boot : Ellen White (ENG), 6 goals 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿

Adidas Golden Glove : Sari van Veenendaal (NED) 🇳🇱

FIFA Young Player Award : Giulia Gwinn (GER) 🇩🇪

FIFA Fair Play Award: France 🇫🇷

AUDIENCES FRANCE USA – NED : 6 millions (5,3 millions TF1, 41,2% des PDA, 685 000 en moyenne sur Canal +)

PLUS GROSSES AUDIENCES : FRANCE – BRESIL (11,9 millions de télespectateurs)

1 commentaire

  • Je pense également qu’il y avait une grosse fatigue chez les Néerlandaises, le match à 100 à l’heure contre les Suédoises, avec les prolongations ne les a pas arrangé car je les ai trouvé mollassonnes et maladroites. Elles n’allaient pas sur le ballon, elles l’attendaient. Alors bien sûr les Américaines leur chipaient le ballon assez souvent. Que d’occasions manquées chez les Américaines……..Je n’ai pas trouvé que c’était des foudres de guerre, mais on ne peut pas leur reprocher leur victoire, sur l’ensemble des matchs….. c’était mérité. Cette coupe du Monde nous aura permis de voir que de nombreuses équipes ( surtout Européenne) ont fait des progrès fulgurants depuis la dernière Coupe du Monde au Canada et il pourrait y avoir de grosses surprises à la prochaine Coupe d’Europe. Le football rajeunit avec des joueuses rapides, endurantes, et d’une bonne technicité. A nous d’en prendre note………..

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