#FIFAWWC : 1/2 F – USA/Angleterre (2-1), Knocking on heaven’s door

La dernière phase entre en scène, celle qui permettra de décrocher un précieux ticket vers la finale. Les Américaines de Jill Ellis se sont offertes la confrontation la plus attendue contre les Lionesses de Phil Neville. Dans un Groupama Stadium blindé de fans Américains – on parle de plus de 20 000 d’entre eux qui ont fait le déplacement jusque dans l’hexagone, prêts à mettre le feu au son de leurs tambours -, les Stars and Stripes ne font pas dans la dentelle. Et quand beaucoup estimaient qu’elles s’inclineraient devant la technique anglaise, bien rodée, les joueuses Américaines ont eu à coeur de prouver le contraire, au bout de 97 minutes endiablées. 

Ça Press haut.

Lisa Durel-Wilcox pour True North Agency

Leur phase de groupe était déjà une masterclasse – au succès parfois un peu disproportionné par rapport à l’adversaire – mais la légende dit que c’est sous pression qu’elles montrent leur meilleur football. Après avoir triomphé du malheureux coeur Français, certains ne donnaient pas cher de la peau d’Alex Morgan and co, quand la machine Anglaise faisait partie des favoris, avec un jeu certes peu spectaculaire, mais très efficace. Parmi l’effectif de nos voisins britanniques, on peut compter sur l’étonnante Ellen White, à l’efficacité redoutable devant les buts et bien évidemment le phénomène Lucy Bronze, la Lyonnaise qui s’offre une demi-finale sur ses terres d’accueil. 

La vérité, c’est que les Américaines ont mis la pression dès le départ et ont saisi à la gorge les Anglaises avec leur impact physique certes mis à l’épreuve mais pour l’instant invaincu. Non seulement sont-elles proches de pouvoir remettre en jeu en finale leur trophée de 2015, mais en plus elles ont les yeux du monde et la foudre des Républicains conservateurs sur le dos. Avec Megan Rapinoe en tête de file des réclamations et des scandales politiques, les Américaines ont des choses à prouver qui ne relèvent pas uniquement du domaine sportif. Ce qui exacerbe leur culture de la gagne déjà capable de faire la différence contre un bon nombre d’équipe, mais qui leur donne une faim gargantuesque. Une faim qui devient d’autant plus dévorante que l’adversaire est ambitieux. Considérée comme une finale avant l’heure – c’était néanmoins déjà le cas avec le match contre la France -, cette rencontre a vite tourné en joute physique pure et simple, déstabilisant les Anglaises pourtant bien rodées.

Lisa Durel-Wilcox pour True North Agency

Dès les premières minutes, Press, Heath et Lavelle lancent des assauts incessants contre les lignes de défenses Britanniques. Elles cèdent à la 10e minute, quand Press prend partie d’une erreur défensive, laissée seule derrière le dos de Lucy Bronze. Le stade s’enflamme et donne du baume au coeur des Américaines, qui redoublent d’efforts. Si techniquement les Anglaises sont supérieures, les Américaines pressent si haut et si fort qu’elles ne laissent pas les sujets de Sa Majesté s’exprimer. Au Diable les déchets techniques quand la culture de la gagne est si importante chez elles. Ellen White – encore elle ! – ajuste ses lunettes et vient redonner espoir aux Anglaises 9 minutes plus tard et quelques occasions vont se présenter chez les Anglaises, dont les contre-attaques parviennent à surprendre la ligne de défense pilotée par Becky Sauerbrunn, Julie Ertz et Crystal Dunn – un peu moins par Abby Dahlkemper -. 

Alex Morgan enfonce le clou à la 31e minute, ce qui remonte son record de buts à 6 en 5 matches joués. Les Anglaises se ressaisissent mais la frappe de Walsh sera déviée par Naeher, en grande forme ce soir-là. La première période est intense, brouillonne, l’agressivité Américaine domine les talents Européens, mais la situation peut basculer à tout moment. 

En mode pugilat

Au retour du vestiaire, c’est le drame : l’Angleterre regarde l’heure tourner et ses chances de pouvoir défendre les Lionesses en finale, et perd ses moyens. Fébrile, elle va jouer le jeu des Américaines. Une stratégie qui s’avère inefficace et produit de nombreuses fautes des deux côtés, et un rythme hystérique et haché. Ce n’est pas le match sur lequel on avait parié et en poussant les Anglaises à jouer leur jeu, les Américaines réduisent ce match à une des confrontations les plus salées de la Compétition Mondiale et rappellent l’heure sombre des affrontements désordonnés, physiques et dangereux. Le désespoir prend Lucy Bronze qui s’éloigne dans son aile pour se montrer très peu réceptive aux tentatives de construction précipitées des Anglaises. Phil Neville devient fou sur sa ligne tandis que Jill Ellis se laisse gagner par la fièvre. Alors certes, le spectateur en a pour son argent. Mais est-ce vraiment le football que l’on veut voir, à base de tacles, de fautes, de ralentissement de jeux et de menaces de blessures ? Pas vraiment.

Une faute sifflée sur une défense trop agressive de Sauerbrunn relance la machine Anglaise avec un penalty qui aura fait suer les quelques 20 000 américains réunis pour l’occasion, puisque sa Majesté la VAR a de nouveau été invoquée dans une action de panique de la défense US. Houghton tire et c’est arrêté par Alyssa Naeher, décidément l’héroïne du match. Les Américaines sont en plein triomphe et le ciel continue de s’obscurcir pour les Anglaises.

Alors que Millie Bright, de nouveau interpellée pour une faute, écope d’un deuxième jaune et est priée de sortir du terrain, les Américaines garent le bus et continuent de compter les secondes patiemment, laissant Crystal Dunn fournir un énorme travail défensif en cas de perte de balles. 7 minutes de temps additionnel sont ajoutées et la ligne de score ne bougera plus : les Anglaises repartiront bredouilles tandis que les USA continuent d’infliger leur leçon au monde entier. L’arbitrage, les fautes, les imprécisions, les déchets et autres affrontements physiques auront eu raison des joueuses de Phil Neville, qu’on aurait cru voir conquérir l’Or Mondial. Elles échouent au porte de l’exploit et pourront se consoler – peut-être – avec la médaille de Bronze (pun intended) le 6 juillet à Nice.

Les Stars and Stripes retrouveront le 7 juillet le grand gagnant du choc de demain : Pays-Bas contre Suède.

Sandrine Dusang pour Foot d’Elles

La joueuse du match : Rose Lavelle

A 24 ans, titulaire du Hermann Trophy, la joueuse du Washington Spirit a volé le show pendant la première mi-temps, en s’accordant parfaitement avec la super star et reine des petits ponts Tobin Heath. En accord avec les efforts de Christen Press, le trio infernal mènera la vie dure à la défense Anglaise et mettre dans l’ombre Alex Morgan. Chapeau, Rose !

2 commentaires

  • La pauvre Marion Torrent a vu toutes les critiques lui tomber sur le dos après le match face aux USA, que dire alors, de Lucy Bronze
    débordée par les américaines et ce n’ était pas Rapinoë . En seconde période on avait l’ impression de revoir le match de la veille.
    On peut juste regretter que les françaises n’aient pas obtenu le pénalty mérité, alors que les anglaises n’ont pas su profiter de la bienveillance du VAR. Dans les deux cas, à deux partout, je reste convaincu que les USA passent à la trappe .

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