#FIFAWWC – Bleues : Un succès avant la grand-messe

Ce vendredi soir à Créteil, les Bleues de Corinne Diacre ont vu passer les 90 dernières minutes qui les séparaient du début de la  coupe du Monde. Au stade Dominique Duvauchelle, c’était l’instant de toutes les attentes. Dans quel état d’esprit et physique, les françaises sont-elles à désormais moins d’une semaine de l’entame de la compétition ?  Cette ultime victoire (2-1) face aux chinoises a livré malgré tout quelques enseignements.

Une opposition chinoise pas timide

Ce n’est jamais facile de jouer une dernière rencontre de préparation avant un grand rendez-vous. L’opposition de ce vendredi soir n’échappe pas à la règle. Loin s’en faut. Face à des Roses d’acier décidées de mettre de l’impact physique dès le début de la rencontre, Wendie Renard et ses coéquipières devaient donner réponse sans attendre à leurs adversaires du soir. Très haut sur le terrain, le bloc asiatique perturbe quelque peu celui de l’équipe de France. Percutantes et organisées, malgré quelques entrées des tricolores dans les vingt derniers mètres de la Chine, la prestation donnée par les filles de Jia Xiuquan est intéressante. Et ceci pendant près d’une demi-heure durant laquelle quelques alertes ont crispé l’arrière-garde des Bleues. 30 minutes, c’est d’ailleurs le temps que la France a mis pour débloquer le tableau d’affichage. Sur une reprise d’une frappe écrasée de Marion Torrent, Valérie Gauvin bien placée dans les six mètres de la portière Peng Shimeng inscrit le but inaugural de la partie avec l’aide de la barre transversale. Mise à part cette action décisive et fructueuse, jusqu’à la pause, les avancées dans la surface asiatique ne sont pas légion et ce score de 1-0 en restera là.

Au retour des vestiaires, la donne change vite avec le but de l’égalisation par Wang Shanshan à la 52e minute. A peine six minutes plus tard, c’est Kadidiatou Diani qui a dû remettre ses habits de sauveuse, comme lors du dernier déplacement à Orléans, la semaine dernière. A l’issue d’une chevauchée  victorieuse, l’attaquante du PSG arme une frappe à l’entrée de la surface de réparation trompant une nouvelle fois Peng. 2-1 sera le score final d’une rencontre bien gérée à défaut d’être parfaitement maîtrisée.

Un milieu en difficulté, des côtés moins inspirés

La soirée fut longue pour le milieu de terrain des Bleues. Aux prises des chinoises, Charlotte Bilbault, Gaëtane Thiney et  Elise Bussaglia ne semblaient pas en mesure de développer leur jeu sereinement. Li Ying et les siennes on été conquérantes sur de nombreux duels dans la partie médiane. La solution pour les joueuses locales fut de passer sur les côtés.  Mais là aussi, de manière générale, le travail des ailières et des latérales Eve Périsset et Marion Torrent a manqué de précision et de justesse. Sur le côté droit, Delphine Cascarino, bien muselée n’a pu mener à bien son temps de jeu. Elle n’a pu s’exprimer qu’en tout début de second acte juste avant son remplacement.  Si en première période son homologue à gauche, une fois n’est pas coutume, Diani était très active, elle avait néanmoins pêché dans la finition. Davantage porté sur l’individualisme, son apport offensif collectif fut très limité. Mais en deuxième mi-temps, ses efforts ont fini par payer.

La mise en place des visiteuses a beaucoup gêné les protégées de Corinne Diacre. Les représentantes de l’Empire du milieu ont réussi, à de timides reprises, à déjouer la surveillance de Wendie Renard et de Griedge MBock, de retour ensemble en charnière centrale. Le but de Shanshan en est la preuve.  Une dernière action fera frissonner les 10 000 spectateurs présents dans l’enceinte cristolienne. Lorsqu’à quelques minutes du terme, sur un centre chinois coupé par la capitaine de l’OL a failli prendre le chemin de ses propres filets.  Des petits ajustements qui n’inquiètent guère la sélectionneure des Bleues et préfère nuancer ce succès : « Ce soir l’utilisation de la largeur n’était pas là. On ne s’est pas créé autant d’occasions de ça non plus. Il y a des petites failles mais c’est fait pour travailler, il nous reste encore une semaine.»

Des Bleues enfin prêtes ?

Ce dernier match de préparation des Bleues vient clore près de trois semaines et demie de travail. Cet affrontement au stade Dominique Duvauchelle, même si on peut croire qu’il n’a délivré qu’une partie des réponses sur l’état de forme des joueuses de Corinne Diacre, a tout de même le mérite de répondre à certaines interrogations. Le meilleur moyen de le savoir était de faire jouer celles qui n’étaient pas présentes face à la Thaïlande. Si les lyonnaises Sarah Bouhaddi, Griedge MBock et Wendie Renard ont pu retrouver le maillot bleu dans une peau de titulaires, Eugénie Le Sommer, Amel Majri et étonnamment Amandine Henry répondaient aux abonnés absents en n’étant même pas alignées sur la feuille de match. Si on savait les deux premières en délicatesse, ce fut une surprise pour la capitaine des Bleues lors de l’annonce de la liste de départ. Les nouvelles données par Corinne Diacre en conférence de presse d’après-match se sont voulues plus ou moins rassurantes : « pour Amandine Henry, elle s’est tout simplement bloqué le dos ce matin en se levant mais ça va vite rentrer dans l’ordre. Ce sont des petits bobos. En revanche pour les délais, pour le dos c’est compliqué … » Un pépin physique qui arrive à un mauvais moment.

Les autres entrantes, si d’un point de vue technique la copie peut être plus belle, aucune n’a réellement montré de signes extérieurs de fatigue. Profitant des possibilités de rotation, Emelyne Laurent, Viviane Asseyi, Sakina Karchaoui ou encore Grace Geyoro sont entre autres entrées en jeu en seconde période. Sans toutefois amener davantage. Mais l’essentiel était ailleurs. Le travail était porté essentiellement sur le collectif et sa capacité d’adaptation. Un succès étriqué face à la 15e nation mondiale à néanmoins relativiser à seulement sept jours de la grande échéance au Parc des Princes. Terminé le chapelet de rencontres amicales égrainé par la France depuis près de deux ans, désormais le mode « coupe du Monde » est activé.

Corinne Diacre : « On a fait un match sérieux, la réaction face à l’égalisation a été intéressante. La Chine ? C’était l’adversaire que j’attendais ce soir, j’ai surtout trouvé un  ollectif bien huilé. Une équipe qui n’a pas baissé de régime. Le groupe a bien réagi ce soir, c’était une équipe de France solide et beaucoup mieux que la semaine dernière. On savait que nous n’étions pas encore au top, il nous reste encore sept jours de travail, pour l’affûtage. On est en ordre de marche, mais il ne faut surtout pas jouer ce match du 7 juin avant l’heure. »

 


Crédits photos : FFF /GB

2 commentaires

  • Ce que je ressort de ce match , c’est la faiblesse de notre milieu de terrain . Sans Amandine Henry c’est flagrant. Mais Henry ne pourra pas tout faire. Inquiétude également pour l’ état de forme des Lyonnaises . La charnière centrale , hier a paru un peu dilettante, à l’ image
    de M’Bock , responsable à mes yeux du but encaissé . Faut-il aussi s’ alarmer des blessures de trois joueuses majeures que sont Le Sommer, Majri et Henry ? Ce qui est inquiétant c’est qu’elles n’ auront pas joué une seule minute avant le début de la Coupe du Monde .
    Le premier match sera révélateur de ce que peut espérer l’ équipe de France .

  • J’ai été très impressionné par cette équipe Chinoise, qui monte de plus en plus en puissance. Il faudra s’en méfier comme de nombreuses autres équipes Européennes et Mondiales. Rien est joué pour cette Coupe du monde, il pourrait y avoir des surprises et aussi des déceptions chez les favoris.
    Notre milieu de terrain vieillissant n’a pas fait grosse impression. Emelyne Laurent en 30 minutes, n’a eu aucun ballons sur son aile droite pour démontrer sa pointe de vitesse. Même si elle conserve trop le ballon, Diani m’a impressionné par ses dribbles et son magnifique but. Depuis ses débuts en Equipe de France, je me demandais ce qu’elle faisait dans cette formation, mais depuis cette année, elle s’est métamorphosé et est devenue un maillon indispensable en attaque . Madame Diacre titularise presque ‘à chaque match Valérie Gauvin, mais personnellement, je la verrai beaucoup plus remplaçante.

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