#FIFAWWC – 8es Finale – Peur bleue et flegme so English

Des Lionesses en toute maîtrise (voire roue libre) et des Bleues vainqueures au bout du bout, les deux nouvelles sélections qualifiées pour les quarts de finale, ont livré deux types de matchs différents. Dû à l’opposition respective mais aussi en raison du contexte. Les tricolores, elles, ont obtenu leur ticket sur le fil du rasoir. Un succès supplémentaire qui contribue à façonner leur histoire dans la compétition.

France ??/ Brésil  ?? 2-1 (a.p.) : Les Bleues font durer le suspens

Il n’y a pas de belle victoire sans beau combat. Le combat était là, mais il était surtout nerveux. Plus nerveux que tactique. Difficile de faire autrement, lorsque vous jouez votre premier gros match à enjeu de votre coupe du Monde à domicile. La pression se lisait déjà sur les visages lors du retentissement des hymnes. Et côté émotionnel, les 23 actrices du match ne vont pas être déçues. Dans le onze de départ des Bleues, Viviane Asseyi l’intègre au remplacement de Gaëtane Thiney.

Le round d’observation est très limité entre les deux adversaires. Si le Brésil semble vouloir garder le ballon, les Bleues le recherchent et quand elles l’ont, elles rôdent aussi leur efficacité. Les près de 24 000 spectateurs du stade Océane eurent leur premier frisson à la 11e minute lorsqu’Amel Majri et Amandine Henry jouent un coup franc plein axe mais s’envole directement dans les travées. Alors que Diani commence ses accélérations, le premier tournant du match intervient à la 23e minute. Justement, sur un service de la joueuse du PSG, Valérie Gauvin, au duel avec la portière Auriverde  Barbara semble ouvrir le score de la tête. Mais très vite, les clameurs laissent place à des cris de stupéfaction. Après l’appel de la VAR, le but est annulé pour une charge illicite avérée de la montpelliéraine sur la gardienne adverse. Ce n’est toutefois que partie remise pour l’attaquante réunionnaise. Durant la première mi-temps, les blocs s’entrechoquent mais ne réussissent absolument pas à se démarquer et le jeu devient ainsi stérile en occasions franches cantonnés à une âpre bataille du milieu. Avant la mi-temps, seule une inspiration de Cristiane met à contribution Sarah Bouhaddi, obligée de déployer son pied gauche pour parer la frappe de la redoutable brésilienne.

Au retour des vestiaires, les joueuses de Corinne Diacre retrouvent du mordant et cela se voit. Leur travail commence  à porter ses fruits. Sur un débordement et un centre de Kadidiatou Diani, Gauvin parvient bien, cette fois-ci, à trouer les filets (1-0, 52e). La France mène mais le plus dur reste à venir. Les sud-américaines peuvent alors démarrer leur plan de bataille. Avec Marta en maitresse à jouer. A peine quelques minutes plus tard, la dernière phalange de Bouhaddi est assez longue pour dévier la balle d’une frappe à mi-distance sur la barre transversale. Mais l’acharnement des coéquipières de Formiga est enfin récompensé. Lancé par Debinha, côté gauche, le ballon est contré par Wendie Renard directement vers Thaisa qui s’en va tromper le dernier rempart tricolore (1-1, 63e). Les 90 premières minutes de la rencontre accoucheront à finalement d’un score de parité.

Mbock et Henry en sauveuses

Viennent alors de redoutées prolongations. Si les tentatives de Diani, MBock ou encore Le Sommer peinent à alerter franchement Barbara, ce sont bien les brésiliennes qui vont quasiment s’offrir une balle de match. A la 105e, Debinha fixe Bouhaddi prenant de vitesse toute la défense des Bleues. Toute ou presque. Revenue du diable vauvert, Griedge MBock, dans un dernier élan coupe le tir de l’attaquante de la Seleção. Tout un stade se lève devant ce sauvetage valant presqu’un but pour les françaises. Le vrai but, il n’est pourtant pas long à venir. Durant l’appendice temporel, la France sonne la révolte.

Sur un coup franc de Majri, Amandine Henry, bien placée dans la surface brésilienne propulse le cuir dans le petit filet brésilien et donne ainsi la victoire aux siennes (2-1, 107e). Libérant ainsi toute une nation au souffle coupé dans cette première joute de seconde phase. Un succès à l’arrachée qui forge un nouveau volet de l’aventure de la France dans cette coupe du Monde. Mais que ce fut dur. Prochain rendez-vous pour les Bleues, les quarts de finale au Parc des Princes, ce vendredi 28 juin (21 heures) soit face à l’Espagne ou aux États-Unis.

> La joueuse de la rencontre : Griedge MBock

Elle n’a pas été totalement parfaite dans cette rencontre mais elle a fait le job. Là quand il le fallait. Mise à contribution à plusieurs reprises, son sauvetage sur le tir de Debinha, dans les derniers instants de la première moitié des prolongations, a sans nul doute été le tournant de la fin de rencontre. Sans celui-ci, quid de la destinée des tricolores en ce dimanche soir au Havre.

> La déclaration : Gaëtane Thiney

« C’est une magnifique qualification, difficile comme tous les matchs internationaux en somme, mais elle magnifique. C’était extraordinaire à vivre. D’abord il y a le scénario, l’émotion, le soutien du public, beaucoup de partage, une chaleur étouffante et une pression d’enfer. Les matchs qu’on aime et qui font que notre histoire devient encore plus belle. »

Angleterre ??????? / Cameroun ??  3-0 : Les Lionesses sans coup férir

Le but des Lionesses pour ce huitième de finale : filer à l’anglaise. Outre le jeu de mots facile, la réalité est bien là. Face au Cameroun, qualifié heureux pour la seconde phase, il fallait surtout tout faire pour éviter le bourbier d’un match à embûches. Si le statut de favori des britanniques a été royalement respecté, la structure du match fut tout de même étrange. Voraces en ballon, les filles de Phil Neville dominent outrageusement le premier acte de ce huitième de finale. Elles terminent notamment celui-ci avec plus des deux tiers de la possession. Mais encore faut-il le concrétiser au score. Et la réussite, ce sont deux joueuses qui vont se l’offrir. Dès la 14e minute, sur une offrande de Toni Duggan, attaquante, c’est la défenseure et capitaine Steph Houghton qui débloque le tableau des scores (1-0). Mais cette ouverture du score semble avoir un effet contradictoire sur les ambitions des favorites. On aurait pu croire que la machine à marquer était lancée mais paradoxalement celle-ci se mue jusqu’à
quelques secondes avant la mi-temps. Ellen White marque son quatrième but du tournoi sur une belle passe de Lucy Bronze. Mais avant d’être entériné officiellement, le corps arbitral soupçonnait une position de hors-jeu. La réalisation de la joueuse de Birmingham était pourtant bien licite (2-0).  

Sans être exceptionnelles, les anglaises gérent leur avance alors que la sélection d’Alain Djeumfa ne tente davantage de choses, variant les combinaisons et se projette un peu plus sur les buts gardés  par Karen Bardsley. Mais les espoirs des autres Lionnes, indomptables ce coup-là, vont rapidement se désagréger sur la pelouse valenciennoise lorsque Toni Duggan lance Alex Greenwood pour clore le score à quasiment l’heure de jeu. Un large succès sans grand éclat mais avec du sérieux. Suffisant pour que les Anglaises enregistrent leur cinquième participation en quarts de finale d’un Mondial de leur histoire, leur quatrième consécutive depuis 2007.  Elles retrouveront sur leur route, les norvégiennes au Havre ce jeudi 27 juin à 21 heures.

> La joueuse de la rencontre : Toni  Duggan

Disponible, altruiste et très joueuse, l’attaquante du FC Barcelone a réussi deux belles passes décisives dans cette rencontre face au Cameroun. Un apport indispensable au vu de la physionomie du match avec des Lionesses toute en maîtrise.

 


Crédit phots : FIFA.com
Illustrations : Sandrine Dusang pour Foot d’Elles

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