#FIFAWWC – 8es finale : Passer à la vitesse supérieure face au Brésil

Désormais, la moindre erreur entraînera des conséquences plus ou moins grandes dans ce second tour de coupe du Monde. Chaque petit détail aura son importance. Le stade Océane du Havre verra ainsi un affrontement de haut rang entre le pays organisateur et un des outsiders de ce tournoi qu’est le Brésil. Qui d’Amandine Henry ou de Marta emmènera sa sélection défendre ses couleurs au Parc des Princes lors des quarts de finale. Réponse après 90 minutes de jeu voire un peu plus …  

Autre tour, autre ambiance

Un « France/Brésil » programmé dans une coupe du Monde, cela a toujours une saveur particulière. Que ce soit chez les Bleus ou chez les Bleues, rencontrer la Seleção est forcément une affiche qui promet. Et qui promet beaucoup de choses. Mais à la sortie de cette phase de poules, il est intéressant de faire le bilan des forces des deux équipes qui fouleront la pelouse normande ce dimanche à 21 heures. Les filles de Corinne Diacre ont quitté leur groupe A avec plus ou moins d’interrogations. Si la dernière représentation, en début de semaine contre le Nigéria (succès 1-0), était de l’ordre du laborieux, il faudra montrer beaucoup plus de rigueur et d’envie face aux sud-américaines. Beaucoup d’observateurs se posaient même la question si l’équipe de France n’était pas dans une certaine forme de gestion avant d’entamer cette deuxième phase. Ce dimanche, exit les calculs. D’ailleurs, d’ores et déjà concentrée sur ce rendez-vous dominical, la sélectionneure tricolore fait fi du statut de prestige que revêt ce 8e de finale, surtout lorsqu’on lui le répète en conférence de presse d’avant-match, sous un ton sec et sans détour : « c’est un match, c’est un 8e de finale uniquement. »

De l’autre côté du ring, les Auriverde. Impressionnantes face aux jamaïcaines, soufflant le chaud et le froid contre l’Australie et pragmatiques devant l’Italie, leur troisième place dans le groupe C n’est sûrement pas celle qu’elles espéraient mais elles restent cependant de sérieux épouvantails dans ce tableau final. Et des arguments, l’équipe de Vadão en a sous la pédale. Et pas n’importe lesquelles. Son effectif allie expérience et jeunesse. Certes, il leur faut trouver un véritable équilibre mais si le récital est joué parfaitement, le spectacle s’annonce alors grandiose. Un France/Brésil sous le signe du beau jeu et de la méfiance ? C’est possible.

Un Brésil à ne pas prendre de haut

Pour les Bleues, il serait facile de regarder de très haut leurs adversaires de fin de semaine. En effet, tous les chiffres semblent pencher la balance de la confiance de leurs côtés. Cette joute havraise sera la neuvième, toutes compétitions confondues, entre la France et le Brésil. Trois victoires françaises pour cinq nuls et aucune défaite. Sur les huit oppositions précédentes, une seule s’est déroulée dans un cadre officiel, c’était en 2003 aux États-Unis en phase de groupe de la coupe du Monde. Corinne Diacre était sur la pelouse, première spectatrice du but égalisateur de Marinette Pichon en fin de match pour cette ultime rencontre des Bleues lors de leur toute première participation. Mais elle n’était pas la seule.

Côté brésilien, deux athlètes, sous les feux des projecteurs durant cette première moitié de Mondial, ont également vécu ce match, il y a 16 ans à Washington. Il s’agit de Marta et de Cristiane. Si la seconde a été précieuse notamment sur les coups de pied arrêtés depuis le début de la compétition, que dire de l’apport offensif de la première citée. Multiple fois sacrée meilleure joueuse du Monde et surtout depuis peu auréolée du titre de meilleure réalisatrice absolue en coupe du Monde, hommes et femmes réunis, avec 17 buts inscrits en cinq participations.

D’autres de leurs compatriotes sont aussi à surveiller comme la doyenne à la jeunesse éternelle la sentinelle du PSG Formiga, sept phases finales à son actif qui était sur le banc en 2003, et Debinha, moins en vue que ces dernières mais toute aussi redoutable devant. Eugénie Le Sommer, qui a joué de nombreuses fois ces dernières années face au Brésil, sait que cette sélection est à surveiller comme le lait sur le feu : « il n’y a pas de calculs, il faut ressortir en vainqueures. C’est une superbe affiche, ça  fait rêver tous les fans de foot. Le Brésil est une équipe de qui nous a souvent réussi mais il faut se méfier, elles ont des joueuses de talent, qui peuvent faire la différence à tout moment. » En novembre 2018, la lyonnaise n’était toutefois pas présente sur le terrain à l’Allianz Riviera lors du dernier affrontement en amical entre la France et le Brésil (victoire des locales 3-1 avec des réalisations de Delphine Cascarino, d’Elise Bussaglia et un but contre son camp de Leticia).

Les clés du match

Si les Brésiliennes sont efficaces en attaque, la défense des filles de Vadao est peut-être le point délicat sur lequel les françaises devraient se pencher. Mais ce type d’opposition où l’occupation des espaces sera cruciale est un casse-tête pour la mise en place tactique. Doit-on favoriser l’attaque en sacrifiant une joueuse offensive avec une défense à trois par exemple, remaniant fortement le milieu de terrain comme en novembre dernier ? Ou sinon se positionner sur un statu quo du dispositif tactique, le traditionnel 4-3-3 tout en renforçant un milieu un peu vacillant et moins véloce depuis quelques temps afin d’éviter des contres malheureux? Verra-t-on de nouvelles titulaires ? Un soupçon de prudence audacieuse ? Tant de questions en suspens qui ne trouveront réponses qu’à 60 minutes du coup d’envoi donné par l’arbitre canadienne Marie-Soleil Beaudoin.

Une chose est sûre, côté tricolore, aucun élément sur le onze de départ n’a filtré. Semblant échaudée  et agacée par la presse après quelques révélations en amont des rencontres de poules, Corinne Diacre a fermé le robinet à indices et à informations en ce qui concerne l’identité des titulaires de ce dimanche soir. Qui a dit que ce France/Brésil n’était pas particulier ? Pour les supporters de l’équipe de France, qui viendront remplir l’enceinte seinomarine, les espoirs seront grands. Et difficile de les blâmer s’ils souhaitent assister à un spectacle de meilleure facture que lors de la dernière sortie de leur équipe favorite, lundi dernier …

Pichon sur le buzzer

Décidément, cette coupe du Monde en France est un pont constant entre les souvenirs d’autrefois et le présent pour l’équipe de France. Menées 1-0, c’est Marinette Pichon qui, à la 90e minute de leur troisième match du Mondial américain en 2003, arrache l’égalisation pour les Bleues face au Brésil. Le brassard accroché solidement sur son biceps gauche, ce jour-là sur la pelouse du RFK Stadium de Washington, Corinne Diacre croisait du regard Marta et Cristiane ou encore Formiga sur le banc des remplaçantes de la Seleção. 16 ans et quatre éditions plus tard, c’est de ce même banc, que la sélectionneure française va voir ses anciennes adversaires affronter ses joueuses en 8e de finale d’une phase finale à la maison.

Petit clin d’oeil statistique

Lors des sept éditions précédentes, aucun pays hôte n’a été éliminé avant les quarts de finale. En 2019, stop ou encore ?


Crédits photos : FIFA.com/FFF/DR

Laisser un commentaire