#FIFAWWC – 8es Finale – L’Europe, force 7 !

C’était la journée du duel Europe/Asie ce mardi. Les huitièmes de finale de cette coupe du Monde ont dévoilé les derniers noms des qualifiés pour l’étape suivante. L’Italie et les Pays-Bas complètent l’avant-dernier tableau de cette compétition. Les quarts de finale vont compter sept représentants du vieux continent parmi les huit derniers en lice. Une situation impressionnante et inédite !

> Italie ?? / Chine ?? 2-0 : La grosse cote d’Azzurre  

Des clés, il en fallait pour déverrouiller les défenses de deux équipes adorant l’aspect défensif du jeu. Néanmoins, dans ce match se déroulant sur à la Mosson, deux styles authentiques se sont donné rendez-vous.  Uniquement défaite par le Brésil en phase de poules, l’Italie de Milena Bertolini avait bien décidé de ne pas contrarier ses plans de jeu, qui ont depuis le début de la compétition plus ou moins bien marché : une défense solide et une tactique basée sur les contres. Une traditionnelle recette qui, dès les premiers instants de cette opposition mettent à mal leurs adversaires chinoises. Bien en jambes et importante dans son poste de numéro 10, Cristiana Girelli était à deux orteils de s’offrir l’ouverture du score lorsque Manuela Giugliano lui délivre une passe directement dans les seize mètres, un peu trop longue à la suite d’un coup franc joué à deux. Les Azzurre poussent, les Roses d’acier subissent. Et si ce n’est pas Girelli, comptez alors sur Valentina Giacinti pour animer une attaque très déterminée.  Cette dernière va même ouvrir la marque au quart d’heure de jeu. Au départ de l’action, l’attaquante transalpine déborde côté droit à toute allure avant de servir en retrait Barabara Bonansea qui veut trouver Elisa Bartoli dans l’intervalle. A la lutte avec Peng, la latérale réussit à tacler le cuir pour le donner à Giacinti, revenue à une vitesse folle et profite pour inscrire le premier but de la partie (1-0).

L’émotion certaine et les larmes de Jia Xiuquan, à la fin du dernier match de groupe face à l’Espagne, a laissé place à un visage crispé et davantage fermé qu’à l’accoutumée. Alors que les joueuses asiatiques se remettent très lentement de ce coup sur la tête, les italiennes veulent enchaîner. Par deux fois, les coéquipières de Li Ying tentent de se frayer un chemin dans le double rideau défensif très discipliné adverse. Et quand ce n’est pas l’arrière-garde qui est exemplaire, c’est sa portière qui brille. Une frappe plein axe de Wang a obligé Laura Giuliani à exécuter une claquette impeccable. Un peu avant la pause, Peng préfère la détente horizontale pour préserver ce score sur la plus petite des marges, devant une frappe sèche de Valentina Bergamaschi.

Adagio ma certo* (*Doucement mais sûrement)

On ne peut pas en vouloir aux chinoises de ne pas essayer. Mais il fallait se lever très tôt pour contourner une défense italienne extrêmement dense. Les espaces sont très peu exploitables dans le camp des européennes. Alors qu’à l’inverse, les trous se font davantage dans le dos des défenseures de l’Empire du milieu. Au retour des vestiaires, la première à faire parler la poudre, et d’heureuse façon, est Aurora Galli. Entrée en jeu quelques minutes avant la mi-temps à la place de sa coéquipière de la Juventus Cristiana Girelli, à la 49e minute, la turinoise allume d’une frappe à raz de terre, Peng Shimeng, trompée par le rebond et qui ne peut que constater les dégâts. L’écart se creuse (2-0). La Chine tente et ne veut pas abdiquer. Mais leurs rares tirs et occasions sont trop timides pour inquiéter un tant soit peu les Azzurre. Le second acte reste un affrontement stérile de deux blocs portés par l’arrière. Sereines jusqu’au bout, l’Italie ne s’affole absolument pas. A quelques secondes de la fin du match, Galli a même une dernière possibilité d’enchérir la marque, cependant son tir n’atterrira pas dans les filets. Une victoire italienne due à une rigueur défensive et un réalisme détonant. A l’inverse, l’équipe de Wang Shuang peut nourrir des regrets. Trop attachées à un repli constant et à un jeu trop stéréotypé, ce ne sera pas en 2019 que les chinoises reverront les quarts de finale. Les transalpines, elles, s’y attribuent une place, 28 ans après. En 1991 (Mondial à 12 participants) , elles y affrontaient la Norvège et s’inclinaient après les prolongations (2-3).

> La joueuse de la rencontre : Valentina Giacinti

L’attaquante de l’AC Milan était partout sur la pelouse montpelliéraine. Très active en première période, certes son activité se réduisait au fil du match mais son apport et le scénario de son but qui entraîne l’ouverture du score résume à elle seule sa performance durant ce huitième de finale.

> Pays-Bas ?? / Japon ??  2-1 : Le bonheur néerlandais ou le cruel destin japonais

C’était une affiche qui devait tenir toutes ses promesses. Les 21 000 spectateurs du Roazhon Park ont eu raison de réserver leur début de soirée à cette opposition entre les championnes d’Europe en titre et l’équipe championne du monde en 2011. Bien malin était celui qui aurait pu écrire leur scénario à l’avance entre deux
équipes aux parcours très distincts depuis l’entame de ce tournoi. Les Pays-Bas, premier de leur groupe avec trois victoires et le Japon branché sur courant alternatif, capable du bien comme du moyen. En revanche, ce mardi soir, aucun faux pas ne leur était permis pour poursuivre l’aventure sur les pelouses de l’Hexagone. Un message qu’ont compris, d’entrée, les filles de Sarina Wiegman. A peine le temps de se rôder à travers deux offensives dangereuses signées Vivianne Miedema, pénétrant facilement (trop ?) dans la surface de la portière nipponne Ayaka Yamashita, que le ballon a le temps de franchir une première fois la ligne de but des Nadeshiko. A la 17e minute, sur un corner bien tapé par Danielle Van de Donk, d’une inspiration de génie, Lieke Martens talonne à l’aveugle le ballon, filant entre les jambes de Yuika Sugasawa avant de sacrifier sa gardienne prise à contre-pied (1-0).

Moins incisives, moins précises, les finalistes du dernier Mondial n’ont cependant pas dit leur dernier mot. Davantage présentes dans les duels, les quelques minutes seulement après le déblocage du tableau de marque vont leur redonner confiance. Partie en solo dans la défense  des Oranjes, Sugasawa ne peut que toucher la base du montant de Seri Van Veenendaal. Une première alerte sur les cages bataves sans conséquences. Au fil des minutes, la qualité ne se dégrade pas, bien au contraire. Le défi physique ne s’altère guère non plus. La précision devenant un leitmotiv commun.  Le Japon, mieux en fin de première mi-temps, s’octroie une égalisation laissant coi toute l’assistance bretonne. Balle au pied à la limite de la surface de réparation, Mana Iwabuchi réussit à fixer toute la charnière centrale néerlandaise alors statique, lançant dans le dos des compatriotes de Shanice Van de Sanden, Yui Hasegawa qui n’a plus qu’à ajuster la capitaine hollandaise par une frappe imparable en pleine lucarne (1-1, 43e). Un retour au score qui laisse deviner une deuxième période alléchante au vu de la qualité technique proposée par les deux formations.  

La patience, une vertu néerlandaise

Le second acte calque le rythme du premier. La sélection européenne est la première à se mettre en avant après un coup franc axial de Sherida Spitse bien détourné par Yamashita. Cependant, de la lassitude transpire du jeu des championnes d’Europe 2017. Moins efficaces dans les passes et dans la construction, c’est l’équipe d’Asako Takakura qui devient plus joueuse dans les 40 ultimes minutes de la rencontre. Véritable plaque tournante du jeu nippon, Mana Iwabuchi est quasiment dans tous les bons coups de son équipe. Comme à la 71e minute lorsque le numéro 8 du pays du soleil levant fixe ses vis-à-vis pour talonner un ballon astucieusement destiné à nouveau à Yui Hasgawa qui cette-fois croise trop son tir. Et quand ce n’est pas Iwabuchi qui brille, on peut compter sur Nakajima, Momiki ou encore Miura pour donner des sueurs froides aux supporters des Oranjes. La meilleure occasion japonaise reste une barre transversale trouvée par Hina Sugita à dix minutes de la fin de la rencontre.

Un tournant du match ? On peut le penser. Car si tout le stade breton croyait à une trentaine de minutes de bonheur footballistique supplémentaires, l’arbitre centrale Mme Borjas l’a pensé autrement. Prise en faute d’avoir dévié du bras une frappe de Vivianne Miedema dans sa propre surface de réparation, Saki Kumagai se voit infliger un sévère carton jaune mais surtout se rend responsable d’un penalty qui va changer le visage de ce dernier huitième de finale. Un dernier coup de pied de réparation que se charge de transformer Lieke Martens sonnant le glas du parcours des Nadeshiko dans cette coupe du Monde (2-1, 90e). Ce but signe également l’élimination de toutes les nations asiatiques du tournoi. Les Pays-Bas ont désormais rendez-vous avec l’Italie, ce samedi à 15 heures pour décrocher un ticket pour le dernier carré.

> La joueuse de la rencontre : Mana Iwabuchi

Certes, Lieke Martens a inscrit un doublé dont une talonnade géniale. Certes, Seri Van Veenendaal a sauvé les siennes à de maintes reprises dans ce match. Certes, Yui Hasegawa a entretenu l’espoir de tout un Empire en marquant l’unique but de son pays. Mais que dire de la prestation d’Iwabuchi. Réglée pour constamment aller de l’avant. Métronome absolu de sa sélection, l’infatigable attaquante japonaise de 26 ans n’a eu d’égal qu’elle-même sur la pelouse rennaise, ce mardi soir.

Crédit photos : FIFA.com
Illustrations : Sandrine Dusang pour Foot d’Elles

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