#FIFAWWC – 8es finale : des penaltys sifflés et des occasions manqués

Sur le papier, la qualification des USA n’a rien d’étonnant. Mais, accrochée par la Roja, les joueuses de Jill Ellis se qualifient pour les quarts sur le buzzer grâce à deux penalties transformés par Megan Rapinoe et peinent à convaincre. Grâce à une Hedvig Lindahl impériale, les Suédoises défont les Canadiennes, dont les doutes auront eu raison du courage. 

Espagne 🇪🇸 / USA 🇺🇸 1-2 : Deux PK et puis s’en vont

BBC Sports

Après s’être baladées pendant toute la phase de poule, avec beaucoup moins de flamboyance contre la Suède néanmoins, les USA faisaient face à l’Espagne pour leur « go big or go home » 8e de finale. Sur le papier, la victoire est logique, tant les Américaines sont en avance sur leur programme. 

Des couacs défensifs inhabituels aux USA

Mais que nenni. Dans la chaleur assommante de Reims, les joueuses de Jill Ellis en bavent, à commencer par la gardienne principale, Alyssa Naeher, qui donnera quelques sueurs froides aux Stars and Stripes. Les Espagnoles opposeront une solide – et parfois violente résistance – aux Américaines, qui passera sous les radars de l’arbitre centrale et de la sacro-sainte VAR, au grand damn des fans Américains, qui verront en ce match plus de controverse que de conviction. Pourtant, tout commençait bien pour les Américaines, qui ouvrent le score à la 7e sur une faute sur Tobin Heath dans la surface sifflée. Megan Rapinoe vient transformer l’essai, permettant aux USA de maintenir au beau fixe leur niveau de confiance. Mais l’erreur de Naeher avec sa passe mal avisée vers sa co-capitaine Becky Sauerbrunn qui n’a pas le temps de dégager va créer la première grosse occasion : opportuniste, Lucia Garcia vole la balle à la défenseure de l’Utah Royals et c’est l’ancienne parisienne Hermoso vient égaliser. Premier but encaissé pour les Américaines, dans la compétition et surtout depuis 648 minutes, et l’action est tellement humiliante que Sauerbrunn n’hésite pas à la qualifier de « débâcle » chez nos confrères du New York Times. Et considérant la qualité de la défense Américaine, c’est plutôt surprenant.

Michael Chow, USA TODAY Sports

Clap de fin pour la Roja

La VAR refera parler d’elle en accordant un deuxième PK aux Américaines, et c’est le doublé pour l’ancienne Lyonnaise Megan Rapinoe, sur une faute commise sur l’attaquante du Washington Spirit, Rose Lavelle. D’ailleurs l’arbitre Hongroise Katalin Kulcsar accorde le penalty naturellement sans consulter la VAR qui l’invite à une deuxième revue. Kulcsar n’en tiendra pas compte et confirme sa décision, au grand désespoir des fans espagnols réunis au Stade Auguste Delaune de Reims. 

C’est ainsi que l’aventure de la Roja prend fin, après un match acharné, qui aura eu le mérite d’attaquer la sérénité Américaine, mastodonte de confiance qui semblait inébranlable depuis le début de la compétition. On retiendra la performance de Tobin Heath, toujours impeccable, cette surprise déstabilisante offerte par Jennifer Hermoso et le fait que Naeher confirme son irrégularité quand l’équipe est sous pression.

Les USA peinent à convaincre et, soudain, le quart contre la France au Parc des Princes, semblent un peu plus abordable.

Joueuse du match : Rose Lavelle

Petit bijou ambitieux, la joueuse du Washington Spirit a su se montrer dangereuse et décisive tout le long du match.

Suède 🇸🇪 / Canada 🇨🇦 : 1-0 Et soudain, c’est 2011

Lisa Durel-Wilcox / True North Agency

L’image est terrible. Celle de Christine Sinclair, la joueuse ayant le plus de buts en sélection encore active, effondrée sur le terrain, la tête dans le maillot. On se souvient immédiatement de cette image crève-coeur de Sinclair, abattue sur le sol Allemand, les larmes aux yeux, après la pire campagne au Mondial du Canada. C’est ce moment iconique dans la douleur qui a servi à rassembler les Canadiennes et leur insuffler une nouvelle énergie. Peut-être que ce huitième de finale avorté sera un nouveau wake up call pour le Canada.

Pourtant, tout commençait si bien pour les joueuses du Danois Kenneth Heiner-Møller, à l’image des USA : leur maîtrise du jeu impose le rythme aux Scandinaves, qui ont bien du mal à garder le ballon. Comme d’habitude, il manque la finition aux Canadiennes, mais toute la première mi-temps marque leur domination. Curiosité du roster, Christine Sinclair, qui ne s’était pas entraînée l’avant-veille, fait partie des joueuses de base. A 36 ans, l’emblématique Captain Canada n’a plus la réussite dont l’attaque des Rouges a besoin pour parvenir à débloquer la situation. On se dirigeait vers les prolongations et les tirs au but lorsque Stina Blackstenius, à la 55e, sur une erreur de jugement de Janine Beckie – qui souffrira tout le long de ce match – vient débloquer la situation. L’ancienne Montpelliéraine aura instantanément raison de la confiance des Canadiennes, dont le moral s’effondre.

Réalisme vs générosité

Et pourtant, elles sont généreuses les Canadiennes. Lawrence, Chapman, Prince, Scott… Personne ne lésine sur les moyens physiques pour rattraper leurs adversaires, et les dominer physiquement. Pourtant, c’est bien inutile : à l’inscription du but, les Suédoises prennent la confiance et viennent piloner la défense Canadienne, accentuant la panique dans les rangs du Grand Nord.

Toute tentative sera vaine jusqu’à la dernière minute. Si les Suédoises ont peut-être moins de possession, elles sont beaucoup plus réalistes et leurs contres viendront semer la panique chez les Canadiennes. A la 67e, une main après une tête de Sophie Schmidt vient déclencher un appel VAR qui confirme le penalty. Contrairement à d’ordinaire, ce n’est pas Sinclair qui tire mais Beckie. Lindahl, impériale, arrête le tir. La presse s’étonne que cela soit Beckie, du haut de sa jeunesse, qui répond à l’appel. Sinclair explique plus tard que c’est elle qui lui a demandé si elle voulait le prendre, encore sous le coup du PK manqué pendant l’Algarve contre ce même pays. Et même si c’est bien l’arrêt de Lindahl qu’il faut célébrer et non dénoncer un raté du côté de Beckie, cette dernière est inconsolable et a cette sortie terrible quand on connait l’Histoire de l’équipe : « j’ai l’impression que j’ai laissé tomber l’équipe. Je suis frustrée, déçue. Je vis toutes ces émotions négatives. » 

Le Canada reste tenu en échec, en dépit de l’arrivée efficace mais manquant encore de finition de Jayde Rivière. Et dans la fébrilité, tout devient imprécis et précipité. Ainsi, Leon, Beckie et Sinclair ont gâcheé de nombreuses occasions d’égaliser. 

Après 8 minutes de prolongation suite à l’utilisation de la VAR, le couperet s’abat : le Canada sort de la compétition, dans une de leurs pires performances, et les Suédoises iront rencontrer les Allemandes en quart. Et leurs larmes n’y pourront rien changer.

La joueuse du match : Desirée Scott

Celle qu’on appelle « The Destroyer » aura eu un impact physique très important pendant ce match, avec une prise de décisions rapide et efficace.

Sandrine Dusang pour Foot d’Elles

2 commentaires

  • Je ne sais pas si Rose Lavelle a été la joueuse du match, mais sans le 2ème penalty imaginaire offert aux Américaines, elles auraient pu passer à la trappe par des Espagnoles en progrès, de surcroît, cela aurait fait désordre pour le football féminin mondial et aussi pour le tourisme. Vous ne voyez pas ….une finale avec deux petites équipes, ce ne serait pas pensable . Pour ce mach, la VAR n’aura servi à rien, mais peut-être que la FIFA a aussi son mot à dire, car il y a des millions d’euros en jeu.

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