#FIFAWWC – 1ère journée, Groupes A & B – Histoires de premières

Entre le succès des Bleues qui lance bien la France dans son Mondial, la difficile entame des Allemandes et des Espagnoles ainsi que la démonstration de la Norvège, les quatre premiers matchs de cette 8e édition de la coupe du Monde ont donné des premières confirmations et offert leur lot de légères surprises.

GROUPE A

> France 🇫🇷 / Corée du Sud 🇰🇷 4-0 : Une belle première !

Débuter un Mondial chez soi, lorsque tous les yeux du monde sont rivés sur vous n’est jamais une besogne simple à négocier. Ce vendredi soir au Parc des Princes, ils étaient 45 261 spectateurs exactement. Des millions, derrière leur poste de télévision, avec le regard exclusivement fixé sur la performance des Bleues. Après une cérémonie d’ouverture orchestrée par une autre qui a revêtu son bleu de chauffe habituel sur scène, la chanteuse Jain, la fête pouvait alors commencer. Et il ne fallait absolument par manquer le début de la rencontre car c’est Eugénie Le Sommer qui a eu le privilège de montrer la voie des buts à ses coéquipières. A la 9e minute,  grâce à un bon travail d’Amandine Henry, ailière droite d’un bref instant, délivre un centre à sa copine de l’Olympique Lyonnais située au point de penalty (1-0) qui n’a plus qu’à ajuster la gardienne adverse. Une ouverture du score combinée à deux coups de coups de casque de Wendie Renard à la 35e et à quelques minutes de la mi-temps (45e +2) fait passer la France dans des eaux plus que tranquilles pour ses débuts dans cette coupe du Monde.

De retour des vestiaires, les Bleues entrent dans une autre dynamique et ont une totale maîtrise. Elles cèdent toutefois davantage de terrain aux sud-coréennes toutefois maladroites dans les dernières phases de jeu et devant les buts de Sarah Bouhaddi. A moins d’une minute de l’épilogue, Amandine Henry troque son costume de passeuse pour celui de buteuse. Une frappe du droit enroulé filant dans la lucarne de la gardienne asiatique Kim Minjung vient parachever ce succès ravissant tout un stade et une nation entière derrière son équipe favorite. Des émotions palpables à tous les étages et ceci dès les premières notes de la Marseillaise en avant-match. Comment dire plus vrai, surtout lorsque la VAR (l’assistance de l’arbitreage vidéo) invalide un but de Griedge MBock en demi-volée, digne des plus grandes attaquantes. Déception pour tout le Parc. Hors-jeu, la défenseure centrale ne marquera pas dans cette soirée. Cela s’est joué à une pointure de chaussure. Une première intervention de la vidéo dans l’histoire de la coupe du Monde féminine. Un large résultat 4-0 qui lance l’équipe de France de la meilleure des manières dans la compétition.

La joueuse de la rencontre : Wendie Renard

Cela faisait un moment que l’on n’avait pas vu autant de maîtrise et d’assurance dans le jeu de la Lyonnaise sous la tunique de l’équipe de France. Présente dans l’animation offensive et rassurante en dernière ligne, impériale dans les airs, ses deux buts lors de ce match d’ouverture traduisent amplement son parfait travail.

La déclaration : Griedge MBock

« L’arbitrage vidéo ? C’est plus juste. Aujourd’hui, c’est tombé sur moi. Mais si ça peut aider, tant mieux. Sur le moment on est contente, mais après-coup quand on se voit refuser le but, c’est frustrant. Mais il faut vite passer à autres choses et se remettre dans le match. »   

> Norvège 🇳🇴 / Nigeria 🇳🇬 3-0 : Un succès logique

Le stade Auguste Delaune, théâtre des légendes de la Champagne était prêt pour ce tout premier match sur son pré vert. Cette affiche s’en allait aux bons souvenirs des Scandinaves qui lors de leur unique opposition dans un Mondial face au Nigeria en 1995 (victoire des Gresshoppene, 8-0) avaient vu se dessiner quelques jours plus tard, leur premier étoile. Les protégées du sélectionneur Martin Sjögren rêvent d’en décrocher une nouvelle. Et si ce match contre le Nigeria était un bon présage? La première joueuse à vouloir répondre à cette question fut Guro Reiten. La milieu de terrain norvégienne a attendu la fin du round d’observation qui a très peu duré pour débloquer le tableau des scores et ceci dès la 17e minute (1-0). Lisa-Marie Utland doublera la marque avant que Osinachi Ohale, comble de malchance, ne pousse le cuir dans ses propres buts sur un centre d’Isabell Herlovsen, quelques instants avant la pause (3-0).

Dans ce match, les Nigérianes subissent mais tentent de créer et s’appuie sur la puissance de la guingampaise Desire Oparanozie et la vitesse de Francisca Ordega. Cependant, moins précises dans leurs transitions les joueuses Thomas Dennerby ont subsisté plus qu’existé, évoluant davantage en contres et abusant du saut des lignes.  Les maigres occasions des africaines sont le plus souvent dépourvues du bon dernier geste. En attendant, une d’ores et déjà finale du groupe entre la France et la Norvège, mercredi à Nice, les Super Falcons, elles, devront se remobiliser face à la Corée du Sud pour espérer participer à la deuxième phase de ce mondial.

La joueuse de la rencontre : Guro Reiten

Difficile de tirer le nom d’une joueuse particulièrement en vue dans cette rencontre. La prestation collective norvégienne a primé sur les individualités. Malgré un second acte beaucoup moins animé que durant les 45 premières minutes de jeu, Guro Reiten a su montrer l’étendue de sa technique. Avec un but et une passe décisive, elle a largement contribué au succès de sa sélection.

GROUPE B

> Allemagne 🇩🇪/ Chine 🇨🇳 1-0 : Les Allemandes sur un fil

Il fallait aux doubles championnes du monde, montrer d’entrée que leur statut de favorites n’était absolument pas un leurre. Devant un Roazhon Park arrosé par un soleil breton, leurs adversaires chinoises souhaitaient toutefois mettre à mal celui-ci. Âpres dans les duels et préparées au combat physique, les protégées de Jia Xiuquan semblent être restées sur leur philosophie d’affrontement comme lors de leur dernière rencontre de préparation face à la France à Créteil, la semaine dernière. Menée par Alexandra Popp, la Nationalmannschaft tente, dès les premières minutes de cette joute initiale du groupe B, de tromper la vigilance de la portière chinoise Peng. Svenja Huth, la milieu de terrain de Postdam tente à de nombreuses reprises mais en vain, Cardin Simon touchant la barre transversale. Et si le montant d’Almuth Schult n’avait pas repoussé le tir enroulé de Yang Li, la Chine aurait pu même ouvrir la marque.

Ce n’est qu’après l’heure de jeu que le collectif de Martina Voss-Tecklenburg va briller. Appelant le jeune talent de Giulia Gwinn, qui aura 20 ans au mois de septembre prochain, réussit à trouer les filets d’une frappe limpide à l’entrée de la surface de la réparation (1-0). Mais ce n’est pas une rasion pour que les Roses d’acier baissent les bras. Néanmoins, le chronomètre défilant, Wang Shuang et les siennes tentent de transpercer la défense allemandes en alerte jusqu’aux derniers instants de la rencontre. Des efforts qui se révéleront insuffisants. Les favorites allemandes s’imposent au forceps mais s’évitent néanmoins des frayeurs et se facilitent la vie dans la poursuite du Mondial. Mercredi prochain, les joueuses germaniques affronteront leurs homologues espagnoles lors d’un duel déterminant entre favori et challenger de la poule.

La joueuse de la rencontre : Giulia Gwinn

A chaque Mondial, l’Allemagne sait nous réserver des surprises et sortir quelques pépites. Giulia Gwinn, élue joueuse du match est surtout une révélation. Ce titre de meilleure footballeuse sur une rencontre, elle l’avait déjà eu l’occasion de se l’offrir lors du Mondial U20 l’été dernier. Si les petits pépins et autres péripéties la laissent tranquille, la prochaine défenseure du Bayern Munich pourrait nourrir d’autres ambitions.

> Espagne 🇪🇸 / Afrique du Sud 🇿🇦 3-1 :  Une cruelle première

Elles ont cru durant près de 70minutes. Mais pour une première, elles ont été loin d’être ridicules. Les sud-africaines n’ont pas à rougir de  leur prestation sur la pelouse du stade Océane. Les Banyana Banyana ont fait bien plus que résister. Solidaires en défense, surtout portées vers l’avant et ,qui plus est, opportunistes, les joueuses de Desiree Ellis affrontaient un outsider de ce groupe B, l’Espagne. Avant cette affiche, l’enfer était promis aux représentantes de la 48e nation mondiale car les espagnoles veulent aller loin dans cette compétition et le peuvent. Après une entame gargantuesque de ballons, les ibériques se trouvent bien. Avec plus de 75% de possession de balle au bout de vingt minutes, il ne manque que la finition à la Roja. Et pourtant c’est bien un maillot jaune et vert qui entretient le spectacle dans l’enceinte havraise, la star Thembi Kgatlana. Intenable au front de l’attaque des africaines, elle s’offre le luxe d’inscrire le tout premier but de sa nation dans une phase finale d’une coupe du Monde à la 25e minute. Un score favorable aux néophytes qui fait craindre un revers innatendu pour l’Espagne.

Avec une arrière-garde donnant tout, les protégées d’Ellis résistent mais vont faillir et s’effondrer dans le dernier tiers de la rencontre. Concédant deux penalties transfromés par Jennifer Hermoso, la star de l’Atletico Madrid (69e et 82e) avant un dernier but de Lucia Garcia à la dernière minute, les sud-africaines devront également terminer la rencontre à 10 contre 11 à la suite de l’exclusion de Nothando Vilakazi. Un cruel dénouement pour les débutantes du Mondial. Les battues du jour auront cinq jours pour se remettre de ce revers. Quant aux transpyrénéennes, elle devront digérer leur manque de réalisme et hausser leur niveau de jeu pour tenir la dragée haute à l’autre équipe européenne du groupe.

La joueuse de la rencontre : Thembi Kgatlana

Si la FIFA et les internautes ont désigné officiellement Jennifer Hermoso, qui s’est muée en sauveuse de la patrie, la joueuse du match, nul ne peut éluder la performance de Thembi Kgatlana. La plus mobile et incroyable moteur de toute son équipe, elle a illuminé de son talent cette première journée du groupe B. Mais une femme ne faisant pas une équipe, elle n’a pu arrêter la furie tardive espagnole.

 


Crédits photos :  FIFA.com/GB

 

1 commentaire

  • La Norvège m’a fait une grosse impression. Il faudra s’en méfier mercredi. Dans un précédent commentaire j’avais dit que la Chine montait en puissance, je ne me suis pas trompé et qu’il pourrait y avoir des grosses surprises à cette Coupe du Monde .

Laisser un commentaire