#FIFAWWC 1ère journée – Groupe E et F : les « petites » nations ont les crocs

Nous avions que cette Coupe du Monde Féminine serait la meilleure. Mais pensions-nous qu’elle serait si ouverte ? Avec une victoire tardive des Pays-Bas contre les Néo-Zélandaises et une victoire poussive du Canada contre le Cameroun, le groupe E étonne si ce n’est déçoit – on vous voit, tous ceux qui ont joué au match predictor de la FIFA dans l’espoir de gagner un autographe de Carli Lloyd. Seuls les Etats-Unis tiennent leur feuille de route tandis que les Suédoises sont solidement défiées par les Chiliennes, qui offrent une prestation solide pour leur première entrée en lice d’un Mondial. 

Groupe E : des blocs en béton armé

Cameroun 🇨🇲 / Canada 🇨🇦 0-1 : le caribou à la peine contre des lionnes déchaînées 

Lisa Durel-Wilcox, True North Agency

Pour leur première au stade de la Mosson, à Montpellier, aux gradins clairsemés – 10 710 spectateurs avaient fait le déplacement -, les Canadiennes sont entrées sur un terrain miné, principalement conquis à la cause des Lionnes Indomptables. Le XI de départ est assez classique mais se privera de quelques jeunes ressources comme Jordyn Huitema qui restera sur le banc. En revanche, la vétéran Christine Sinclair, première joueuse du Canada à faire une apparition pendant 5 Coupes du Monde consécutives, jouera bien les 90 minutes du match. 

En face d’elles, les Camerounaises n’ont pas lésiné sur l’effort : l’athlétisme des Lionnes Indomptables compense le manque de technique et ruine les espoirs des Canadiennes de tirer sereinement leur épingle du jeu. Ainsi, malgré une possession de balle importante, les joueuses du Danois Kenneth Heiner-Møller peinent et il faut attendre quelques secondes avant la fin de la première période pour que la Lyonnaise Kadeisha Buchanan viennent inscrire le premier but. Cela ne suffira cependant pas pour décomplexer le jeu Canadien et les Camerounaises ne se laissent pas impressionner. Vaillantes, dangereuses et athlétiques, ces dernières vont mettre en péril les espoirs du Grand Nord avec une tête de Claudine Meffometou qui aurait pu changer la donne. Malheureusement, les cages de Labbé restent inviolées et les efforts des Camerounaises ne paieront pas. Les Canadiennes repartent avec les trois points, avec une générosité frustrée face au manque de finition. Il faudra travailler dur avant d’enchaîner sur la rencontre contre les championnes européennes Oranjes. Quant au Cameroun, il pourrait très bien sortir son épingle du jeu à la loterie des places supplémentaires pour les 8e. 

La joueuse du match : Kadeisha Buchanan

Défensivement présente, c’est de sa tête qu’elle viendra perturber la ligne de score, avec son but à la 45’, 30 secondes avant la fin de la première période. 

La déclaration : « On peut sentir la nervosité, parce que c’était un match crucial pour les joueuses : cela fait 10 matches où l’on n’a pas essuyé une seule défaite, on récolte une clean sheet et les trois points au début du tournoi » Kenneth Heiner-Møller.

Nouvelle-Zélande 🇳🇿 / Pays-Bas 🇳🇱 0-1 : Des Oranjes pas pressées (par Guillaume Barret, envoyé spécial Foot d’Elles au Havre)

Francisco Seco/AP/SIPA

Le Stade Océane du Havre, où se sont massés 10 654 spectateurs, était quasiment tout acquis à la cause des Néerlandaises. Pour leur premier match de cette coupe du Monde face à la Nouvelle-Zélande, les championnes d’Europe en titre se présentaient comme favorites. Les Ferns, elles, courent toujours après leur premier succès dans cette compétition et ceci depuis leur toute première participation en 1991 (avant ce match, 12 match en coupe du Monde pour un bilan de 3 nuls et 9 défaites).  Et l’entame de la partie tenait intacts leurs espoirs de bien figurer dans cette compétition. Certes mieux en place et plus directes, les filles de Sarina Wiegman buttent néamoins sur un bloc néo-zélandais solide et coordonné. Ces mêmes océaniennes, préfèrent procéder par contres. Une tactique presque payante puisqu’à plusieurs reprises elles donnent des sueurs froides à leurs adversaires du jour. Notamment lorsqu’à 12e minute Olivia Chance, manque de réussite et trouve la barre transversale de Sari Van Veenendaal et quand, après la demi-heure de jeu, Rosie White à 25 mètres chauffe à nouveau les gants de la capitaine des Oranjes. A la mi-temps, les deux effectifs se quittent sur une marque nulle et vierge. 

La seconde période, les représentantes de l’hémisphère sud gardent cette confiance et veulent faire douter les coéquipières de Shanice Van De Sanden. Elles réussiront par deux fois. Obligé de reculer pour avancer, les bataves se mettent en danger et manquent cruellement de solutions. Et lorsqu’elles semblent en avoir, c’est souvent le dernier geste qui pêche. Comme pour l’action la plus franche des européennes, à l’heure de jeu,  et une frappe de Vivianne Miedema qui tutoie le poteau gauche de la bordelaise Erin Nayler. Ce n’est qu’en toute fin de rencontre que Jill Roord, entrée en jeu un quart d’heure plus tôt, sur un coup de tête piqué arrive à trouver le chemin des filets, libérant par la même occasion tous ses supporters crispés dans les travées. Les Pays-Bas se font peur mais réussissent leur examen d’entrée. La Nouvelle-Zélande, valeureuse, n’a vraiment pas à rougir de sa prestation de ce mardi après-midi. 

La joueuse de la rencontre : Sari Van Veenendaal

Lieke Martens a reçu le titre de « joueuse du match » par la FIFA et les internautes, en tant que buteuse victorieuse Jill Roord aurait pu l’avoir également. Mais la portière néerlandaise Sari Van Veenendaal est également une grande architecte de la victoire des siennes. Décisive à des moments-clés de la rencontre, sur un tir à mi-distance de Rosa White en première mi-temps et un autre de Sarah Gregorius dans le second acte alors que les deux équipes étaient au coude à coude, elle se met dans les meilleures dispositions et accumule de la confiance pour les prochains rendez-vous face au Cameroun avant d’affronter le Canada lors du dernier match de poule. 

Par Sandrine Dusang

Groupe F : oh when the yanks

Chili 🇨🇱 / Suède 🇸🇪 0-2 : les éclairs de lucidité

REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les petits poucets de la compétition comme le Chili ne nous offrent que peu d’espoir face à leur sort. Contre des nations majeures, aguerries à la compétition, habituée des podiums et des projecteurs, on attend la grosse valise au tournant, comme par exemple un match que nous allons commenter un peu plus bas. Et finalement la valise ne viendra pas vraiment et ne sera le fruit que d’un drama tardif. Etonnant, quand on voit le palmarès et les noms alignés côté Suédois, les vice-championnes olympiques à Rio 2016. 

Avec 69% de possession de balle et 24 tirs, le Chili peut remercier l’exemplaire Christiane Endler pour sa performance dans les buts. Inférieures techniquement, les Chiliennes se sont cependant bien défendues, jouant avec un coeur qui finit par faire espérer à un nul, un véritable exploit, peut-être un miracle – de toute façon, nous avons déjà eu notre lot de drama avec la victoire de l’Italie sur l’Australie et la vaillance Argentine contre le Japon, après tout, tout est permis dans cette Coupe du Monde Féminine de la FIFA. Il aura fallut une tempête et des éclairs pour suspendre le jeu pour que les Suédoises se reprennent, après 40 minutes de pause. Le goal viendra à la 83’ de l’ancienne parisienne Kossovare Asllani et l’écart sera creusé par Janogy, pendant le temps additionnel. Dommage pour les Chiliennes, qui auraient bien pu arracher le nul et au moins un point sur ce premier match. 

La joueuse de la rencontre : Christiane Endler

« Tiane », comme on l’appelle à la Capitale, mérite amplement son brassard de capitaine et a sauvé ses cages bien plus d’une fois. Comme le dit la déchue Hope Solo, les gardiennes ne permettent pas de gagner mais de sauver les matches. 

USA 🇺🇸 / Thaïlande 🇹🇭 13-0 : Treize (ou troze) impressionnant (jeu de mot sécurisé par Guillaume B.)

Thomas SAMSON / AFP

Que dire. On l’avait déjà vu avec le match contre la France, les Thaïlandaises ne feront pas long feu dans la compétition et les Américaines de Jill Ellis se sont chargées de le leur rappeler dans la douleur. Les Yanks ont fait le voyage avec de la rage dans les poches, essuyant les critiques de toute part – et notamment celles de l’emblématique et ancienne gardienne Hope Solo, qui a vivement critiqué son ancienne coach en l’accusant notamment de ne pas bien agir sous la pression -. Et au contraire, c’est bien sous la pression que l’équipe se débrouille le mieux. Ainsi, avec cinq buts de la Floridienne Alex Morgan, on pouvait bien dire que l’affaire était close. Mais les Américaines ont toujours des choses à prouver et ont pour politique de traiter toutes les équipes de la même manière, ce qui est aussi une marque de respect. Mais au bout d’un certain nombre de buts, ne serait-il pas plus « fair play » d’arrêter le massacre ? La question est éludée par Jill Ellis qui se demande si cette question serait posée aux hommes dans les mêmes conditions. Le même jour, aux éliminatoires de l’Euro, les Allemands ont écrasé l’Estonie 8-0 et a priori tout le monde s’en fiche. Pareil pour l’humiliation de ces mêmes Allemands au Brésil 7-1. Et puis au fond, difficile d’arrêter la machine de guerre Américaine qui va prendre la confiance avec ce type de match déjà prémaché. Les Américaines prennent très logiquement la tête du groupe F, en battant le record du plus grand score jamais inscrit en Coupe du Monde Féminine. Alex Morgan entre dans l’Histoire en égalisant le record de Michelle Akers, contre China Taipei en 1991.

Mais passons sur le drama. Côté Thaïlandais, il faudra absolument digérer cette lourde défaite et tenter de garder la tête haute : s’il y a bien une chose que l’on retiendra de France 2019, c’est qu’une équipe ne fait pas l’autre. 

Petite note supplémentaire : les revenus des joueuses sont aussi dépendant du nombre de goals marqués, une raison de plus pour ne malheureusement pas retenir les chevaux.

La joueuse du match : Alex Morgan.

5 buts inscrits, sérieusement ?

La déclaration : « Nous ne sommes pas là pour défendre notre titre. Nous sommes là pour l’attaquer » Jill Ellis, pendant le draw de la FIFA Women’s World Cup.

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