#FIFAWWC – 1/4 F – Les Bleues à la conquête de l’Amérique

Ce sera bouillant et ceci dans tous les contextes. Ce vendredi soir, au Parc des Princes à 21 heures, pays hôte et championnes du Monde en titre voudront s’attribuer le deuxième ticket mis en jeu pour le dernier carré. Un quart de finale qui va sans doute répondre à de nombreuses interrogations sur l’état de forme de chacune des deux équipes qui fouleront l’enceinte parisienne. Cette dernière fut l’antre dans lequel cette aventure du Mondial a commencé pour les Bleues, il y a tout juste trois semaines. Pour les joueuses tricolores, il n’est même pas question que ce soit le terminus de LEUR coupe du Monde …

Bienvenue dans une autre dimension

« Sur le côté droit du ring, une sélection qui affiche trois succès mondiaux, de nombreuses breloques internationales et un statut d’archi favorite de cette compétition en terres françaises, dans le coin gauche, un effectif avec une grosse envie de conquérir sa première médaille dans une grande compétition … » Ce serait en effet, très réducteur de résumer cette opposition entre le France et les États-Unis de cette manière. Il y a davantage d’intérêts à voir ces deux formations s’affronter en ce début de vendredi soir que dans leur simple palmarès. Mais qui a vraiment le plus à perdre dans ce match, quasiment attendu depuis le 8 décembre dernier, jour du tirage au sort de cette 8e édition de la coupe du Monde ?  

La France sort d’un huitième de finale très compliqué, où la bascule de la gagne aurait pu bien pencher du côté brésilien. Mais le dévouement collectif et le sens du courage ont eu raison des démons de la défaite et ont surtout eu la vertu de rendre heureux tout un peuple après la qualification d’une équipe chouchoute d’une nation. Néanmoins, beaucoup d’entre eux cherchent toujours l’étincelante équipe qui rayonnait lors de nombreux matchs de préparation.

En face, la sélection de Jill Ellis n’a pas fait dans de la demi-mesure dès son entrée en lice dans ce Mondial. Mais paradoxalement, ses débuts ont eu des doubles effets. Le score faramineux face à la Thaïlande à Reims (13-0) lors de son match initial a autant impressionné qu’il a interloqué. Un record qui a avant tout beaucoup fait parler aux USA. Une performance ponctuée par deux autres succès probants en poules face au Chili et à la Suède. Difficile de juger et de trouver des défauts à une équipe qui paraît marcher sur  l’eau. Il a fallu attendre véritablement les huitièmes de finale pour voir Megan Rapinoe et ses coéquipières être bousculées par de valeureuses espagnoles.

France/USA, même combat 

Beaucoup tentent de trouver des solutions pour anticiper le nom du vainqueur de cette opposition franco-américaine.  Certains s’appuient sur le dernier précédent au Havre, le 19 janvier dernier  où les Bleues s’imposaient en amical avec la manière (3-1). D’autres préfèrent analyser les actuelles forces en présence. Au début de l’année, s’il est vrai que les Bleues ont montré un visage flamboyant, le contexte n’était pas vraiment le même qu’aujourd’hui. Une équipe US remaniée déficiente en automatismes en raison d’un fort turnover en défense notamment et manquant de fraîcheur physique avait nettement subi les offensives des françaises plus en jambes, dans la continuité de leur championnat domestique.

Cinq mois plus tard, les choses ont-elles changé ? A croire Philippe Joly, l’adjoint de Corinne Diacre, la victoire que ce soit pour l’une comme pour l’autre ne devra toutefois rien au hasard et l’enjeu est, selon lui, cerné depuis un moment. « C’est le match de référence que tout le monde attend depuis le tirage au sort. Après le dernier match, je pense que tout le monde avait ça, consciemment ou inconsciemment, derrière la tête. » Et à l’écouter, l’échéance a sans doute pesé sur les façons dont se sont déroulées les précédents duels respectifs de chaque équipe. « On a vu les États-Unis face à l’Espagne, avec une performance un peu mitigée par rapport à ce qu’on a l’habitude de voir. Les espagnoles leur ont mis en difficultés grâce à leur maîtrise de balle collective. Puis, on a vu un peu de déficience dans le jeu collectif et direct que l’on ne voyait pas auparavant. Dans le même cas de figure que nous. Est-ce qu’elles n’étaient pas déjà sur ce match attendu contre le pays hôte ? », constate et s’interroge le technicien

Comment (dé)jouer les USA ?

Le staff a suivi depuis des mois les performances de la sélection triple étoilée. Mais concrètement comment jouer face aux États-Unis ? Paraissant déstabilisées, il est vrai, face à l’Espagne en huitièmes, face à un bloc solide et ayant très peu de déchets dans ses phases de transition, Alex Morgan et ses équipières n’affichaient pas le même visage que lors des matchs de poules. Entre suffisance, incapacité à accélérer ainsi qu’à terminer leur travail offensif, leur dernière opposition fut crispante. Dans le jeu, les représentants du pays de l’Oncle Sam, peuvent compter  sur leur assurance technique et l’expérience des cadres. Et bien alors où se trouve la faille ? Et si la France se débridait ? La vitesse, une cette miracle. Rapidité et accélération seront effectivement les mots-clés de ce duel sur le rectangle vert parisien. Les duels entre Kadidiatou Diani et Crystal Dunn sur un éventuel côté droit peuvent valoir leur pesant d’or. De même, pour l’animation que devraient mettre en place Eugénie Le Sommer et Amel Majri sur l’aile gauche, qui avait bien marché en janvier. Le comportement de Valérie Gauvin, si elle est alignée en pointe dès l’entame du match, à l’intérieur d’une charnière peu en vue face aux ibères, sera une des clés en attaque. De l’autre côté du terrain, la vigilance sera également de mise pour l’arrière-garde bleue. Megan Rapinoe et Tobin Heath seront les lièvres à surveiller. Sans oublier, Alex Morgan, certes muette et en panne d’efficacité lundi à Reims, qui, d’un éclair de génie, peut vous débloquer une situation très étriquée.

La bataille du milieu sera également intéressante à regarder. Si sur le papier, le bloc médian américain présente une régularité supérieure, les françaises devront absolument verrouiller le leur pour empêcher au maximum leurs adversaires à développer leurs mouvements davantage initiés par leur entrejeu. Comme les décalages et autres basculements de jeu. Dans ce France/USA, si les 22 actrices présentes sur la pelouse du Parc assument entièrement leur qualité de quart-de-finaliste d’un Mondial, alors nous assisteront à coups sûrs à une belle guerre des nerfs et tactique à tous les étages.

Faites vos jeux …

Les températures seront chaudes, canicule s’abattant sur Hexagone oblige. Ajoutez la ferveur de milliers de supporters dans un Parc des Princes, alors le thermomètre ne tiendra sûrement pas. Sur la pelouse, il faudra bien tenir 90 minutes voire davantage. Pour Sarah Bouhaddi, les conditions météorologiques ne sont pas forcément le cadet des soucis de l’équipe de France : « c’est un point important. On a travaillé sur ce cela toute la semaine. Maintenant le jour du match on est quand même capable d’oublier la chaleur. Et de donner le maximum, après c’est à nous de bien temporiser le jeu et de ne pas tout jouer à fond, d’avoir des moments de jeu calme pour pouvoir bien récupérer. »

Le climat est un enjeu mais il ne sera pas le seul. Étant donné la physionomie de cette fin de coupe du Monde où, à trois tours de la fin, sept équipes d’une même confédération sont encore en lice (en l’occurrence celle de l’UEFA), complique les ambitions olympiques de ces dernières. En effet, seules trois sélections européennes seront qualifiées pour les prochain jeux de Tokyo en 2020. Les trois meilleurs de ce Mondial en France. Les Bleues ont également leur destin olympique entre leurs pieds. Tant d’objectifs et d’attente gravitent autour de ce match si particulier et plus indécis qu’il n’y paraît. Et si les larmes du dernier et unique France/USA en coupe du Monde, lors d’une demi-finale en 2011, venaient à être enfin balayées par la plus belle des manières ? Début de réponse, ce vendredi à partir de 21 heures.

> Et soudain vinrent Abby et Alex …

12 minutes … c’est ce qui restait aux Bleues dans cette demi-finale de Coupe du Monde 2011 pour espérer aller en prolongations face aux États-Unis. En vue, une finale qui viendrait ajouter une ligne fantastique à cette épopée en Allemagne. Les joueuses de Bruno Bini y ont cru dès lors que Sonia Bompastor, à la 55e, répondait à l’ouverture du score précoce de Lauren Holiday. Mais la sélection de Pia Sundhage a de l’orgueil. En l’espace de trois minutes, la tête d’Abby Wambach et l’adresse d’Alex Morgan vont réduire à néant les espoirs tricolores d’une finale mondiale. Présente ce jour-là, Carli Lloyd, Eugénie Le Sommer, Tobin Heath, Elise Bussaglia ou encore Becky Sauerbrunn doivent certainement se souvenir de cette rencontre à Mönchengladbach.

Crédits photos : FIFA.com/FFF

1 commentaire

  • Les prestations précédentes ne m’ont pas enthousiasmé. Le milieu de terrain vieillissant n’est pas le point fort de notre équipe. J’espère que madame Diacre saura aligner l’équipe la plus performante, avec des joueuses rapides, les moins maladroites possibles et surtout ne pas faire les changements à 5 mn de la fin. Allez les bleues….. on voudrait y croire et ne décevez pas les millions de spectateurs et téléspectateurs qui suivent et apprécient le football féminin.

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