#FIFAWWC – ¼ F – les Pays-Bas et la Suède, derniers qualifiés

Ca y est, l’identité du dernier quatuor qui composera le dernier carré de la coupe du Monde est désormais connue. Dans des arènes aux allures de fournaises, Les Pays-Bas et la Suède ont pris le dernier wagon ce samedi et s’affronteront à Lyon, ce mercredi. Les deux nations compostent également leur billet pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

> Italie 🇮🇹  /  Pays-Bas 🇳🇱  0-2 :  Le rêve Oranje continue

Dans le chaudron valenciennois, difficile de faire le distinguo entre les habituels sièges rouges du stade du Hainaut et les milliers de maillots des supporters néerlandais, fidèles à leur poste depuis le début de la compétition. Face aux Azzurre, l’équipe de Sarina Wiegman disputait le tout premier quart de finale mondial de son histoire. Les premières minutes, la balle ne décolle pas des pieds bataves. La volonté de dominer cet avant-dernier quart  se dégage du jeu des filles du royaume. Mais il n’en sera rien. Les secondes s’égrainent et si la possession est bien en leur faveur. En revanche, la maîtrise du ballon laisse à désirer. De plus, la motivation des défenseures transalpines est claire, faire bloc et verrouiller les côtés. Le reste suivra. Une philosophie bien pensée mais surtout bien réalisée. Au fil des minutes, le visage de Wiegman et de ses adjoints se referment lorsqu’ils voient ce forfait se dérouler à merveille pour les italiennes. Shanice Van de Sanden n’est pas lâchée d’une semelle par Elisa Bartoli, Lieke Martens et Vivianne Miedema se cassent les dents sur la solidarité exemplaire d’une arrière-garde toute de bleu vêtue et une gardienne, Laura Giuliani, aux aguets.

Les filles de Milena Bertolini ne se contentent toutefois pas d’attendre et de subir. Bien au contraire. Toute l’équipe est concernée et ce sont même les Azzurre qui se procurent les meilleures occasions du premier acte. Barbara Bonansea, et le duo des Valentina, Giacinti et Bergamaschi  donnent du fil à retordre à leurs adversaires du jour. D’ailleurs, l’héroïne italienne du match précédent face à la Chine, Giacinti, à dix minutes de la pause, a l’occasion d’ouvrir le score. Mais son pied gauche se dérobe et ne trouve pas la mire. Certes, la possession est néerlandaise mais la maîtrise et l’envie sont à mettre à l’actif de l’Italie. Les deux formations retrouveront les vestiaires sur un logique score de parité, 0-0.

Les impératrices des airs ont parlé

Alors qu’elles ont compris qu’il leur était impossible de continuer sur le même scénario des 45 premières minutes, les championnes d’Europe ont pris cette deuxième périodepar le bon bout.  Cette fois-ci, elles ont le ballon et ne le lâchent plus. En face, la jauge physique et la précision technique ne sont plus ce qu’elles étaient quelques instants plus tôt. Sevrées de ballons et voyant une vague orange submerger sa partie de terrain, Sara Gama et toute sa défense sont poussées sur le reculoir. Et il ne leur en fallait pas davantage aux néerlandaises pour exploiter les lacunes dans cette dernière ligne. Mais paradoxalement, ce sont sur les phases arrêtées que les Pays-Bas vont trouver la faille. A l’heure de jeu, Van de Donk trouve la barre transversale et Sherida Spitse le bas du poteau italien. Les Oranje ne sont plus trop loin du déblocage de la situation.

Dix minutes plus tard, un coup franc à 35 mètres parfaitement fouetté par les métatarses de cette même Spitse atterrit sur le côté du crâne de Vivianne Miedema qui sacrifie Giuliani (1-0, 70e). Les italiennes n’y sont plus. Les incursions des attaquantes de la Squaddra dans la partie de terrain des hollandaises se font rares. Le coup de massue intervient quand un second coup franc de Spitse est repris victorieusement par un nouveau coup de casque, celui de Stefanie Van Der Gragt à la 80e minute. C’est sur un score de 2 buts à 0 que les outsiders de cette compétition verront pour la première fois le dernier carré d’une coupe du Monde. Tant qu’à l’espoir des italiennes, il a duré une mi-temps. Avant que leur jeu  s’effrite au fil de la rencontre.

 > La joueuse de la rencontre : Sherida Spitse

C-H-I-R-U-R-G-I-C-A-L-E ! Deux coups francs ont suffi à sa patrie pour faire le break et l’emporter dans ce duel ô combien long à se décanter. Son pied droit a très peu manqué d’adresse. A l’origine des deux buts de la tête de Miedema et de Van Der Gragt, la milieu de terrain aurait même pu agrémenter ses statistiques avec une réalisation … sur un coup de pied arrêté. Mais la base du montant droit de Giuliani en a décidé autrement.

> Allemagne 🇩🇪 /  Suède 🇸🇪 1-2 :  La Mannschaft plie et perd gros

A Rennes, tout était en place pour un remake de la finale des Jeux Olympiques de Rio en 2016. C’est également un classique de la coupe du Monde. Une affiche qui s’en va aux bons souvenirs des supporters outre-Rhin. En effet, en 2003, ce fut le duel de la finale du Mondial américain. Une opposition qui a valu à la Mannschaft d’acquérir sa première de ses deux étoiles qui ornent actuellement son maillot. Pour voir une troisième apparaître, il fallait passer par cette case des quarts de finale. Si elle semble monter en puissance, après des débuts laborieux, l’équipe allemande n’en reste pas moins une des favorites de ce tournoi. La Suède qui s’est imposée face au Canada en début de semaine, savait que cette opposition allait être d’un autre calibre. Les toutes premières minutes du match sont chaudes tour à tour dans les surfaces respectives. Les rares erreurs techniques sont vite exploitées par les adversaires. Cependant, la sélection de Martina Voss-Tecklenburg est prompte dans les phases de contres et nettement plus dangereuses lorsqu’elle s’approche des cages d’Hedvig Lindhal. Surfant sur cette dynamique, elle veut immédiatement se mettre à l’abri. Un vœu exaucé. Peu après le quart d’heure de jeu, sur une perte de balle de Magdalena Eriksson, Sara Däbritz trouve Lina Magull dans un petit intervalle, dans l’axe de la surface de réparation. Pas malhabile, la milieu de terrain allemande ajuste en deux temps la portière scandinave (1-0, 16e).

Piquées au vif, la réaction suédoise se fait six minutes plus tard, sur un long ballon depuis l’arrière par Linda Sembrant, Sofia Jakobsson prend toute la défense allemande de vitesse. Ayant échoué face à Almuth Schult dans un précédent duel, cette fois-ci, elle ne laisse guère passer sa chance. La montpelliéraine troue les filets des doubles championnes du monde et remet tous les compteurs à égalité (1-1). S’en suivent une lutte du milieu par les deux équipes. Les conditions climatiques bretonnes très chaudes n’altèrent en aucun une rencontre à la technique presque irréprochable des deux côtés. Se reposant essentiellement sur leur capacité d’accélérer, les suédoises de Peter Gerhardsson vont faire douter une Allemagne à la peine en défense. Enchaînant les erreurs de marquage, elle laisse les vannes ouvertes à des contres des bleu-et-jaune. Les dix ultimes minutes du premier acte leur seront irrespirables. Surtout lorsque Stina Blackstenius, trompant la vigilance de ses vis-à-vis de la charnière rivale, frappe au but. Mais les gants de Schult sont bénis en ce samedi soir et détourne le cuir au-dessus de sa barre. Pilonnant pourtant sans cesse les cages adversaires,  la Suède ne réussira pas à faire bouger le tableau d’affichage avant la mi-temps.   

La clé Blackstenius

Pour cette cinquième opposition en coupe du Monde entre suédoises et allemandes, l’indécision ne durera pas trop longtemps. Les nordiques ne souhaitent absolument pas baisser la forte pression mise en exercice à la fin de la première mi-temps. Une activité payante. Peu après le retour sur la pelouse brétilienne, les Blågult prennent les devants. Un ballon repoussé par Schult dans les pieds de Stina Blackstenius à la suite d’une tête suédoise sera à l’origine du deuxième but des scandinaves (1-2, 48e). Une avance et un mini break trop précoce pour l’Allemagne, obligée de courir pour la première fois dans cette édition. Ce sont également ses deux premiers buts encaissés dans le tournoi. Deux réalisations qui auront finalement raison de leur aventure hexagonale. Car si les filles de « MVT » poussent et font tout pour revenir au score, la solidarité défensive de leurs duellistes du jour paraît hors d’atteinte. Dans les derniers instants de la rencontre, les supporters de la capitaine Caroline Seger et des siennes auront quelques frayeurs quand Lena Oberdorf et Marina Hegering verront leur ballon respectif mourir à quelques centimètres des montants de Lindahl.

Au final, 24 ans après sa dernière victoire face à l’Allemagne en compétitions officielles, la Suède l’emporte dans un match à une folle intensité et à la qualité technique de haute volée. Qualifiées en demi-finale, les footballeuses de la triple couronne seront aussi à Tokyo, l’an prochain. Les médaillées d’argent de Rio en 2016, retrouvent le dernier carré huit ans après. Les favorites germaniques voient a contrario leur progression être stoppée net et ne défendront pas leur médaille d’or en 2020 en terres japonaises. La déception est grande au sein de leur clan. La blessure de Dzsenifer Marozsan a sans nul doute ajouté de l’incertitude et pesé dans les esprits. A croire vraiment qu’au football, quand un être manque, tout est dépeuplé …

 > Les joueuses de la rencontre : Stina Blackstenius et Sofia Jakobsson

Elles ont montré un joli visage face à des allemandes balbutiant quelque peu leur football. La tâche de pénétrer le dernier rideau leur semblait difficile. Mais l’abnégation et la persévérance de ces deux joueuses ont permis aux vice-championnes olympiques 2016 de décrocher une quatrième place de demi-finaliste de leur histoire dans le Mondial.

Crédit photos : FIFA.com
Illustrations : Sandrine Dusang pour Foot d’Elles

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